Comme dans beaucoup de foyers à l’approche de Pessa’h, notre maison se transforme en véritable chantier : cuisine, courses, lessive, ménage… Mon mari et moi pensons qu’il est important d’associer les enfants à ces préparatifs. Mais nous ne voulons ni les surcharger, ni qu’ils aient l’impression de faire le travail à notre place.
En pratique, cela se passe rarement comme prévu. Pour qu’ils nous aident, nous devons soit les soudoyer, soit négocier, soit élever la voix… et finir par nous énerver. Résultat : bien souvent, nous renonçons à leur demander de l’aide — et cela se fait particulièrement sentir en cette période de grands préparatifs pour Pessa’h.
Existe-t-il une autre manière de les encourager à coopérer, et peut-être même de susciter chez eux l’envie d’aider spontanément ?
Réponse
Beaucoup de parents finissent par renoncer à l’aide de leurs enfants. Pourtant, c’est précisément l’inverse qu’il faudrait faire.
Changer d’objectif
La participation des enfants aux tâches de la maison est une véritable école de vie. Elle leur apprend la coopération, l’entraide, le sens des responsabilités et l’autonomie. Elle renforce également leur estime d’eux-mêmes : ils se sentent utiles, capables et importants au sein de la famille.
La première étape consiste donc à changer de perspective. Si notre seul objectif est que la maison soit impeccable et que tout soit fait rapidement, l’aide des enfants risque de devenir source de tensions. Mais si notre objectif est d’éduquer nos enfants et d’exercer une influence positive sur eux, notre attitude change : nous cherchons davantage à les encourager et à les inspirer, plutôt qu’à les presser ou les gronder.
À partir de quel âge peuvent-ils aider ?
Plus les enfants sont associés tôt aux tâches de la maison — chacun selon son âge et ses capacités — plus cela deviendra naturel pour eux… et plus ce sera facile pour vous.
Si vous hésitez sur ce que vous pouvez leur demander, n’hésitez pas à consulter d’autres personnes de votre entourage : éducatrice, enseignant, amie proche. En tant que parents, nous avons souvent tendance à sous-estimer les capacités de nos enfants. Vous pourriez être surpris de découvrir tout ce dont ils sont capables.
Il est même recommandé de proposer à chaque enfant un petit défi légèrement au-delà de sa zone de confort : cela encourage la coopération et développe leur confiance en eux.
Quelles tâches selon l’âge ?
2-3 ans
Mettre les vêtements dans la machine à laver, ramasser les jouets, ranger les livres à leur place, jeter une couche à la poubelle.
4-7 ans
Aider à mettre et débarrasser la table, balayer, faire le lit, arroser les plantes, mettre le linge au sèche-linge, organiser leur cartable.
8-10 ans
Ranger leur chambre, mettre la table, dépoussiérer, laver la voiture, aider à préparer un repas, plier le linge et le ranger.
11 ans et plus
Nettoyer la salle de bain, participer au nettoyage de la cuisine, faire la vaisselle, préparer un sandwich pour l’école, cuisiner sous surveillance, garder les plus jeunes.
Comment encourager leur participation ?
Une discussion familiale
Pour que les enfants se sentent vraiment partenaires, il est utile de les impliquer dès le départ. Expliquez-leur l’importance de la coopération et laissez-leur choisir leur rôle.
Il peut être judicieux que chaque enfant ait une responsabilité fixe pendant une certaine période, afin d’éviter de renégocier chaque jour. Veillez également à ce que les tâches soient adaptées à leur âge et que la contribution de chacun reste équilibrée.
Si l’organisation ne fonctionne pas, réunissez à nouveau la famille et ajustez ensemble.
Développer responsabilité et autonomie
Au lieu de donner des ordres, essayez de poser la question : "À ton avis, que faudrait-il faire maintenant ?" Puis suivez leurs propositions. Cette approche renforce leur sens des responsabilités et leur capacité à agir de manière autonome.
Éviter les attentes irréalistes
Nous attendons parfois que les enfants remarquent d’eux-mêmes que la poubelle est pleine ou que la maison est en désordre. Or, bien souvent… ils ne le voient tout simplement pas — et cela ne les dérange pas. Plutôt que d’attendre et de vous agacer, demandez calmement et clairement ce que vous souhaitez.
Valoriser l’apprentissage, pas la perfection
Au début, les résultats ne seront pas parfaits : ils laisseront peut-être du savon sur les assiettes, renverseront un peu d’eau ou plieront mal le linge. Soyez patients. Évitez les critiques. Encouragez l’effort plutôt que le résultat. Et surtout, ne faites pas les choses à leur place — sinon ils n’apprendront jamais.
La force de la constance
La clé est la régularité. Si vous restez cohérents et patients, les progrès viendront avec le temps.
Un mot positif fait toute la différence
Les enfants ont besoin de savoir que vous êtes fiers d’eux. Félicitez-les pour quelque chose de précis : "Tu es vraiment bien organisé." "Tu es très responsable." "J’ai vu comme tu as persévéré."
Créer un esprit d’équipe
Encouragez la coopération plutôt que la compétition. Mettez de la musique pendant le rangement, lancez un minuteur pour transformer la tâche en défi amusant, ou promettez une récompense collective : une pizza, un jeu familial, une sortie ensemble.
À retenir
Les enfants ont naturellement envie d’aider. Ils naissent avec le désir de contribuer à la vie de la famille — à condition de ne pas se sentir pressés ou harcelés.
En appliquant ces principes, il y a de bonnes chances qu’ils apprennent non seulement à participer aux tâches de la maison… mais même à y prendre plaisir — pour les préparatifs de Pessa’h aujourd’hui, et pour leur vie de demain.
Keren Eylon — thérapeute conjugale et familiale






