Voici une histoire rapportée par le Rav Élimélekh Biderman.
Dans l’une des grandes villes des États-Unis, se trouve un immense centre médical où viennent se faire soigner des patients du monde entier, parmi lesquels de nombreux Juifs venus d’Erets Israël.
Un Rav de la ville, le Rav Ménaché, avait l’habitude de rendre visite aux patients juifs hospitalisés. Il venait leur proposer son aide, leur apporter un peu de réconfort et, surtout, leur offrir quelque chose d’inestimable : une Téfila.
Un jour, un homme d’Erets Israël, atteint d’une maladie cardiaque particulièrement rare, fut hospitalisé.
Le Rav Ménaché s’approcha de lui et lui demanda :
« Que puis-je faire pour vous aider ?
- Merci, mais je n’ai besoin de rien, répondit le malade.
- Dites-moi au moins votre nom et votre âge. Je pourrai prier pour vous », insista le Rav.
L’homme lui donna son nom et lui répondit qu’il avait 51 ans.
À partir de ce jour, le Rav Ménaché prit sur lui de réciter chaque jour le chapitre 51 des Téhilim pour sa guérison.
L’année suivante, il passa au chapitre 52, puisqu’il avait désormais 52 ans. Puis au chapitre 53… et ainsi de suite.
Année après année, pendant dix ans, le Rav récita fidèlement un chapitre de Téhilim pour cet homme.
Dix années de Téfila. Dix années durant lesquelles il n’avait aucune nouvelle du malade.
Il ne savait pas s’il était guéri.
Il ne savait pas comment il allait.
Il ne savait même pas s’il était encore en vie.
Mais il continuait à prier.
Au bout de dix ans, le Rav Ménaché décida finalement d’arrêter.
Trois mois plus tard, lors d’une visite habituelle à l’hôpital, il aperçut soudain… le même homme !
Stupéfait, il s’approcha de lui :
« Waouh ! Quel plaisir de vous revoir ! Comment allez-vous ? Savez-vous que, pendant toutes ces années, j’ai récité chaque jour un chapitre de Téhilim pour votre guérison ? Et je n’ai arrêté que récemment… »
- Quand avez-vous arrêté ?, demanda le malade, étonné.
- Il y a trois mois, répondit le Rav.
Le visage de l’homme changea.
- C’est incroyable… Pendant les dix dernières années, j’étais complètement guéri. Je me sentais parfaitement bien. Il y a exactement trois mois… la maladie est revenue. »
Ne sous-estimons jamais la force d’une prière !
Nous ne voyons pas toujours les résultats de nos Téfilot.
Nous ne savons pas quand elles ont été ou seront acceptées.
Nous ne savons pas quelle porte elles ont ouverte (ou ouvriront), quelle délivrance elles ont provoquée (ou provoqueront), quelle protection elles ont apportée (ou apporteront).
Et pourtant, chaque mot compte.
Si la récitation d’un seul chapitre de Téhilim par jour pour une personne que l’on ne connaît même pas a pu avoir un tel impact… Imaginez la force de chaque chapitre que vous récitez pour vous-même, pour votre conjoint, pour vos enfants et pour tous les membres de votre foyer !
Imaginez le pouvoir d’une prière dite avec amour. D’un chapitre de Téhilim récité avec ferveur. D’une prière prononcée pour la guérison, la Parnassa, la réussite, la paix dans le foyer ou la délivrance d’un proche.
Nous ne mesurons pas la puissance de nos paroles lorsque nous les adressons à Hachem. Alors, combien plus devons-nous nous accrocher à nos prières lorsqu’il s’agit de ceux que nous aimons le plus !
En ce mois de Tichri, alors que nous nous tenons devant Hachem, ne nous disons surtout pas : « J’ai déjà demandé l’année dernière… », « J’ai prié tellement de fois… », « Cela ne sert peut-être à rien… »
Qui sait ce qu'engendre chaque prière ?
Peut-être qu’une prière que nous pensions « sans réponse » était en réalité en train de protéger, de repousser un décret, de préparer une délivrance.
Peut-être qu’une prière prononcée il y a des années attend simplement le bon moment pour se réaliser.
Et peut-être surtout que nous ne saurons jamais combien de choses ont été changées grâce aux mots que nous avons adressés à Hachem.
Roch Hachana arrive.
Nous allons nous tenir devant le Mélèkh, le Roi du monde.
Nous allons Lui demander la vie, la santé, la Parnassa, des enfants, la paix dans notre foyer, la réussite, la délivrance pour ceux qui en ont besoin…
Et peut-être qu’au fond de nous, une petite voix nous dira :
« Pourquoi demander encore ? Tu as déjà demandé l’année dernière… »
Ne l’écoutons pas.
Cette année, prions encore. Pour nous. Pour nos enfants. Pour notre conjoint. Pour nos parents. Pour nos proches. Pour ceux qui souffrent. Pour ceux qui attendent depuis longtemps.
Et même pour les choses que nous avons déjà demandées mille fois.
Parce que nous ne savons pas quelle prière sera celle qui ouvrira la porte.
Ne renoncez à aucune de vos prières. Continuez à demander. Continuez à espérer. Continuez à parler à Hachem. Car une prière sincère ne disparaît jamais.
Priez encore. Priez davantage. Et surtout, priez avec la certitude que chaque mot compte. Qui sait ? Peut-être que votre prochaine prière sera précisément celle qui changera tout...





