Rabbi Kalonymus Kalman Shapira, le Rebbe de Piaseczno , est décédé il y a 83 ans (14 Tamouz 5649 — 5 Hechvan 5704). L'Admour s'est fait connaître grâce à ses ouvrages novateurs dans le domaine de l'éducation 'hassidique, parmi lesquels « 'Hovat Hatalmidim » (Le devoir des élèves). Pendant la période de l'occupation allemande, il se trouvait dans le ghetto de Varsovie et continua à enseigner devant ses 'Hassidim. Il coucha ses enseignements par écrit, et ceux-ci furent retrouvés après la guerre et publiés dans le livre « Ech Kodech » (Feu sacré).
As-tu un ami et un compagnon comme ton Père qui est dans les Cieux ?!
L’Admour propose un merveilleux conseil pour se sentir plus proche du Saint béni soit-Il :
« As-tu un ami et un compagnon comme ton Père qui est dans les Cieux ?! Et qui comprend la logique de ton cœur, et qui guérit ton âme — comme Lui, béni soit-Il ?! Écoute mes paroles : cache-toi dans une pièce à part, si cela t’est possible, et sinon — tourne ton visage vers le mur, et imagine par la pensée que tu te tiens devant le trône de Sa gloire, béni soit-Il, et tu déverses devant Lui ton cœur en un épanchement de prière, selon ce qui monte dans ton cœur, dans quelque langue que tu parles. »
('Hovat Hatalmidim, p. 139)
L’Admour de Piaseczno encourage ainsi le lecteur à se relier au Saint béni soit-Il de manière personnelle et profonde. Il demande : « As-tu un ami et un compagnon comme ton Père qui est dans les Cieux ? », car il n’y a personne qui comprenne le cœur de l’homme comme le Saint béni soit-Il. Ces questions visent à amener l’homme à reconnaître que le Saint béni soit-Il est comme un père, qui connaît parfaitement ses sentiments et qui est prêt à l’écouter à tout moment.
L’Admour encourage ensuite l’homme à consacrer du temps à l’isolement (Hitbodédout) et à une conversation personnelle avec le Saint béni soit-Il. Il recommande de se concentrer sur une prière intérieure : un dialogue sincère avec le Saint béni soit-Il, dans son langage personnel, et non nécessairement selon une formule fixe. Ces paroles visent à développer une relation proche et directe avec le Saint béni soit-Il, dans laquelle l’homme exprime ses sentiments sans aucune barrière, avec la conviction que le Saint béni soit-Il est toujours à son écoute, prêt à guérir son âme et à comprendre la profondeur de ses sentiments.
Quelle est la chose la plus importante au monde ?
L’Admour prenait à cœur de répéter à ses élèves une phrase susceptible de changer nos vies…
« La chose la plus grande au monde, c’est de faire du bien à quelqu’un d’autre. »
Il se distinguait d’ailleurs par son souci pour les membres de sa communauté, en particulier les plus jeunes d’entre eux. Il comprenait que l’investissement dans la jeune génération était un investissement sûr, dont on pouvait récolter les fruits même à long terme. Les livres qu’il écrivit, éclairent les éducateurs sur la manière d’éduquer l’enfant selon sa propre voie et sa personnalité, permettant ainsi de faire ressortir tout le potentiel qui sommeille en lui. Son livre « 'Hovat Hatalmidim » marqua d'ailleurs profondément le monde de l’éducation.
Pendant la période de l’occupation allemande, il se trouvait dans le ghetto de Varsovie et déploya de grands efforts pour maintenir le cadre de la vie juive. Ainsi, par exemple, il fit un effort suprême pour permettre l’accès des femmes au Mikvé de pureté, pour accomplir la Mitsva de la cuisson de la Matsa à Pessa’h, ainsi que pour la pratique de la Brit Mila, entre autres. Il continua également à enseigner devant ses ‘Hassidim.
Pendant la Shoah, le Rebbe prononçait, chez lui ainsi que pendant le travail, des discours de renforcement et de Émouna devant ceux qui se pressaient autour de lui pour l’écouter. Après la révolte du ghetto de Varsovie, l’Admour fut déporté avec les Juifs survivants vers le camp de concentration de Trawniki, où il fut assassiné en sanctification du Nom de D.ieu (Kiddouch Hachem), au début de l’opération « Fête des Moissons » (Erntefest) des S.S.




