Au cours d’une lecture, j’avais été saisi par ce témoignage : nous étions dans la première moitié du XXsiècle en France, et des communistes se déplaçaient de ville en ville pour faire de la propagande. Dans un village, ils rencontrèrent des agriculteurs, et l’un de ces derniers leur lança : “Si le communisme me fait tomber la pluie, je suis preneur ; sinon, je continuerai à me tourner vers D.ieu !” 

Ce récit illustre parfaitement la faiblesse d’une idéologie face à la Émouna (la foi), d’autant plus que le communisme se voulait justement le pendant de la religion en proposant des lois sociales et en promettant d’aider l’indigent, tout comme le judaïsme — et, à sa suite, la chrétienté et l’islam — le prônent.

Si, en apparence, on peut percevoir des similitudes entre cette doctrine marxiste et la Torah sur la question des ‘‘injustices’’, dans le fond, elles sont diamétralement opposées. Sur le plan politique, le régime communiste a toujours cherché à détenir le pouvoir afin d’imposer ses conceptions, écartant par tous les moyens les religions, perçues comme des rivales. Sur le plan idéologique, il repose sur une vision matérialiste du monde et considère que la seule manière d’apaiser la souffrance des pauvres est de combattre les causes “réelles”, à savoir les inégalités économiques. Enfin, concrètement, pour le communiste, tous les moyens peuvent devenir légitimes pour imposer son idéal, ne reculant ni devant le vol, ni devant le crime.

Sur ces trois plans, la Torah adopte une approche radicalement différente. Dans la pensée juive, l’inégalité sociale est voulue par D.ieu. L’Éternel, dans l’absolu, pourrait créer un monde sans pauvreté. En revanche, la Torah ordonne à celui qui en a les moyens de donner à l’indigent : dans le champ, certaines parts lui reviennent (Lékèt, Péa, Chikhé’ha) ; certaines années, une dîme supplémentaire lui est destinée. Durant toute la septième année (la Chémita), la récolte n’appartient plus au propriétaire, et chacun peut venir se servir. Dans le quotidien, chacun s’efforcera d’aider celui qui est dans le besoin, en particulier à l’approche des fêtes ou pour les frais de mariage. Mais il reste formellement interdit de voler le riche, que ce soit par le biais du pouvoir ou individuellement.

Toutes ces Mitsvot poursuivent plusieurs objectifs : elles permettent d’acquérir de bons traits de caractère, de valoriser le don et de s’éloigner de l’égoïsme. Elles nous enseignent également qu’en réalité, rien ne nous appartient pleinement et que tout dépend de la bénédiction de D.ieu. Ainsi, durant l’année chabbatique, le propriétaire d’un champ permet à chacun de profiter de sa récolte, tout en se trouvant lui-même soumis à l’interdit de semer et de cultiver (Parachat Béhar). Une telle Mitsva exige une véritable force de Bita’hon (confiance en D.ieu), d’autant plus que cette épreuve revient tous les sept ans.

À l’inverse, le communisme n’a jamais raffiné le caractère. Au contraire, les régimes qui s’en sont inspirés ont souvent fait souffrir leur peuple tout en s’appropriant ses biens. Lorsqu’on écarte D.ieu, il n’existe plus de morale.

Aujourd’hui, le communisme n’est plus une force politique dominante, mais son héritage intellectuel continue d’influencer la manière dont on pense les inégalités et la justice sociale. Il est donc essentiel de prendre conscience que la Torah constitue une voie unique vers un monde meilleur, car elle est la source des valeurs authentiques à partir desquelles une société peut se construire harmonieusement.