Tout le monde sait que le Tout-Puissant a organisé le calendrier de la planète autour de deux cycles : le cycle solaire et le cycle lunaire. Le cycle solaire est l’année qui est le temps d’une révolution de la terre autour du soleil (365 jours) et le mois qui est le temps d’une évolution de la lune, de son apparition à sa disparition (29 ou 30 jours). De l’année dépendent les saisons, du mois dépendent les dates. À partir de ces données premières, on comprend l’organisation du calendrier.

La première Mitsva au peuple d’Israël encore en Égypte est la sanctification du mois lunaire : « Ce mois sera pour vous le commencement des mois » (Chémot 12, 2). Un peu plus loin, il est écrit : « En ce jour, l’Éternel vous a fait sortir d’Égypte… et on ne mangera pas de ‘Hamets, car c’est le jour de votre sortie d’Égypte au mois du printemps » (ibid. 13, 4). 

La sortie d’Égypte est liée à une date liée à la saison (le printemps). Donc, la première ordonnance est liée au mois lunaire, et la fête de Pessa’h (interdiction du ‘Hamets) est fixée selon la saison, donc au calendrier solaire. Cette double source explique la spécificité du calendrier hébraïque. Comme les dates des fêtes juives dépendent de Pessa’h, alors l’ordonnance de toutes les fêtes dépend du cycle solaire, puisque Pessa’h est fixé au printemps. Cette double source du calendrier hébraïque a donc une base cosmique, mais surtout un sens spirituel plus profond. Comme les fêtes, les évènements agricoles qui leur correspondent dépendent des saisons : les semailles au printemps (Aviv), la moisson est fixée à l’été (Chavou’otKatsir) et la récolte (SouccotAssif) est fixée à l’automne. 

Le calendrier des fêtes correspond donc aux saisons, c’est le cycle extérieur de l’année, mais le mois lunaire est plus entouré de Mitsvot. La sanctification du mois est – on l’a dit – énoncée avant même la sortie d’Égypte. Elle précède donc les autres Mitsvot. Le RochHodèch, jour de la néoménie, est presque une demi-fête. Au Beth Hamikdach, il était accompagné de la sonnerie du Chofar. Au début du mois, entre le 3ème et le 13ème jour du mois (avec des nuances selon les communautés), on dit, le soir, une fois par mois, une prière pour sanctifier le renouvellement du cycle lunaire. Le soleil, la saison, fixe l’époque du mois, mais dans le mois, c’est la date du jour qui est significative.

Cependant, comme les douze mois de l’année lunaire (354 jours) sont en retard de 11 jours par rapport à l’année solaire (365 jours), il est nécessaire d’ajouter 7 mois de 30 jours dans un cycle de 19 ans. De ce fait, l’année lunaire rejoint l’année solaire, et les fêtes restent liées aux saisons. Cela n’arrive pas dans le calendrier islamique, qui reste lié au mois lunaire.

À ce niveau, il importe de comprendre la spécificité du calendrier hébraïque, qui correspond aux cycles du soleil et de la lune. Le calendrier civil, de 365 jours, est l’année civile courante, et comme la vie de l’homme est liée aux quatre saisons, c’est ce calendrier (avec 12 mois non lunaires de 30 ou 31 jours) qui est couramment utilisé. C’est donc autour des saisons que la vie de la société est organisée.

Cependant, ce qu’il faut reconnaître, c’est la richesse du calendrier hébraïque, basé sur des versets de la Torah. Il est le seul à inclure à la fois les deux cycles, ce qui correspond à l’objectif de la création : révéler l’unité du Créateur.

Le cycle lunaire traduit l’intimité du Tout-Puissant avec Son peuple. Cette intimité est exprimée par la signification de la date dans le mois. Le soleil éclaire le monde naturel, et les saisons sont assurément le lien le plus immédiat avec l’essor de la nature. Le compte de la durée de la vie correspond au cycle solaire, mais le lien de l’individu avec le temps se traduit par des dates : naissance, évènement familial, date de la mort – ces repères sont liés au cycle lunaire. De plus, les 28 jours (en dehors de la néoménie) sont divisés en 4 semaines de 7 jours qui ne s’intègrent pas dans un évènement cosmique. Les semaines sont sanctifiées par le 7ème jour, qui est le signe de la présence du Créateur dans le quotidien. Le cycle de la lune, comme le cycle solaire, représentent bien l’intervention du Créateur dans la création, mais le cycle lunaire est plus proche du devenir juif. C’est ce que l’on récite dans la prière du Kiddouch Lévana : « Renouvelle le cycle de la lune, en parallèle avec le cycle solaire ». Ce sera alors l’apothéose de la Création, quand la spécificité du calendrier hébraïque – solaire et lunaire – reflètera l’unité du Créateur.