« Je suis si fatiguée. J’ai un tas de choses à faire. Parfois, j’ai l’impression que je ne pourrai pas supporter toute cette charge. Amener les enfants chez le dentiste, la lessive, la cuisine et le travail à l’extérieur. J’ai bien peur de ne pouvoir assumer toutes ces tâches. » C’est ainsi que ‘Haya se plaignait auprès de son mari.

Son mari se sentit mal à l’aise et dit : « Malgré ma bonne volonté, il y a certaines choses pour lesquelles je ne peux pas t’aider. Le dentiste, par exemple, reçoit seulement pendant les heures où j’étudie au Collel. De manière générale, quand veux-tu que je t’aide, entre onze heures et minuit ? Peut-être pendant la pause ? »
« Ne t’en fais pas, le rassura sa femme, tu es parfait, je n’ai rien à te reprocher. Je voulais juste me soulager … »Le lendemain, il revint chez lui, quelque peu inquiet, se demandant au fond de lui-même si sa femme lui tiendrait les mêmes propos que la veille…Il a encore le cœur lourd et bouleversé par ce que sa femme lui a raconté. Elle lui a expliqué combien sa vie était difficile et à quel point elle avait l’impression d’être au bord de la dépression nerveuse.

Cette situation ne lui convenait pas. Il se demanda : « Pourquoi ne se sent-elle pas bien avec moi ? Pourquoi sa vie est-elle si dure ? En quoi me suis-je trompé ? Peut-être que je ne lui donne pas suffisamment la sensation que je suis à ses côtés ? Je ne la cajole pas assez ? Peut-être ne suis-je pas un bon mari ? »

Aujourd’hui, il revient, et de nouveau, la litanie des plaintes recommence. Son cœur se serre. Cette fois-ci, il exprime son inquiétude à haute voix.

Un sourire éclaira son visage fatigué. Elle se mit à rire et s’expliqua : « Je ne pensais pas le moins du monde que tu te sentirais visé par mes plaintes. J’ai besoin de sortir ce que j’ai sur le cœur, de « libérer la pression »… Et qui va m’écouter si ce n’est toi ? Et qui me donnera le sentiment que je suis en effet une « bonne fille malheureuse » ? Toi seul me comprends et toi seul peux soigner mon âme. Je me sens si bien avec toi. C’est de ça que j’ai besoin, sentir que tu es proche et que tu comprends ce que je subis tout au long de la journée… »
Et depuis lors, il revient chez lui joyeux et plein de bienveillance, cherche et trouve comment l’aider et ne craint plus d’entendre les récits de ses difficultés qui, comme par miracle, se font de plus en plus rares…


L’homme


Le mari a besoin que sa femme lui dise :
* Qu’elle se sent bien grâce à lui.
* Qu’elle a besoin de lui.

Ces paroles le fortifient. Elles l’incitent à révéler tout ce qu’il y a de meilleur en lui.


La femme


La femme a besoin de faire participer son mari à sa détresse et désire du plus profond d'elle-même qu’il lui confirme que c’est effectivement difficile pour elle.

La nature de la femme est de faire participer et, de ce fait, elle ressent un besoin profond de partager avec son mari ses sentiments et ses émotions sans tenir compte du fait que la nature de son mari se situe complètement à l’opposé de la sienne. Le nom de l’homme (adam) provient, entre autres, de son essence intime qui est le silence.

Ainsi, afin de pouvoir vivre en harmonie, nous devons comprendre et accepter les différences qui existent entre nous. Parmi ces différences figure le fait que la femme a tendance à « donner son avis » ce qui consiste à expliquer combien elle est fatiguée, combien la journée a été dure, car elle a besoin que l’on s’identifie à elle, qu’on la comprenne et que l’on soit conscient des efforts qu’elle a fournis et des épreuves qu’elle a passées, alors que son mari se tait et cherche les solutions efficaces qui puissent l’extirper de la situation dans laquelle elle se trouve.

À ce stade, j’ajouterai qu’il n’est pas question de chercher à interpréter et à aider notre conjoint à travers le prisme de notre cerveau et notre vision personnelle, car il importe peu que nous ayons raison ; l’autre ne le verra pas, car son cerveau, qui est le contraire du nôtre, lui montre une image totalement différente.

Comme nous l’avons dit, la femme ressent le besoin de partager ses difficultés avec son mari, mais celui-ci, en général, considère cela comme une demi-critique adressée à son encontre. Il se sent coupable du fait qu’elle n’ait pas le moral et a profondément besoin d’entendre qu’elle se sent bien avec lui. En étant mis au courant de ses difficultés et de son désarroi, il est persuadé qu’elle n’est pas bien avec lui, et cette mauvaise sensation s’installe dans son cœur.

Il pense à sa promesse inscrite dans la Kétouba de satisfaire sa femme aussi bien du point de vue matériel que du point de vue émotionnel et, lorsqu’elle se plaint, il a l’impression de ne pas tenir son engagement.

La raison est que chez lui, la parole est considérée comme quelque chose de réfléchi dont le but est d’apporter un changement : il prononce des mots, car il pense qu’il faut agir et non dans le but de faire participer le conjoint à ses sensations. C’est la raison pour laquelle lorsque la femme partage avec lui ses difficultés, il est d’avis qu’elle attend de lui qu’il agisse afin de résoudre le problème, et il a l’impression qu’elle le rend responsable de ses difficultés.

La femme agit autrement. Elle cherche à faire participer les autres afin qu’ils la comprennent et qu’ils fassent preuve d’empathie à son égard. Le fait de se plaindre ou de parler des difficultés qui l’entourent ne s’interprète pas chez elle comme une demande de changement, mais comme un espoir que l’on s’identifie à elle.


Solution


Il est très important que vous répétiez sans cesse à votre mari que lorsque vous le faites participer à vos peines, vous n’avez évidemment pas l’intention de l’accuser, lui sur lequel votre vie repose, que vous n’attendez pas nécessairement de lui qu’il vous aide de manière pratique ou qu’il vous donne des conseils utiles, mais que votre intention est d’épancher votre cœur auprès de lui ; il est en effet pour vous la personne la plus proche.
Son écoute et son empathie qu’il vous témoignera seront beaucoup plus utiles que tout conseil. Lorsqu’il vous écoutera, vos difficultés disparaîtront d’elles-mêmes. N’ayez pas peur de lui dire que c’est précisément parce que vous vous sentez bien avec lui que vous êtes à l’aise pour lui raconter vos problèmes.

Suggérez à votre mari que s’il vous écoute et réagit avec la phrase suivante : « Je vois tu as passé aujourd’hui une journée vraiment difficile », ces mots auront un effet magique. Et même si, malgré ces paroles, vous continuez à vous répandre en lamentations, il suffit qu’il dise cette phrase : « C’est sûr que tu as eu une dure journée aujourd’hui » pour que vous vous calmiez, ou encore : « Je comprends que ce n’était pas agréable », « Je vois que tu as fait face à des problèmes difficiles » ou des phrases d’encouragement telles que : « Je vois que tu as nettoyé la maison et j'apprécie beaucoup », etc.

Au début, ce mode de comportement semblera peut-être forcé et artificiel, mais ensuite, ils s’y habitueront et le trouveront naturel. Dites-lui que s’il peut s’exprimer ainsi, cela vous aidera beaucoup.

Permettez-moi toutefois de vous faire la recommandation suivante. Même si vous ressentez le besoin de lui parler de toutes vos difficultés, pensez aussi à lui et cherchez également à équilibrer vos propos. Avant de commencer à le faire participer à tous vos soucis, essayez, pour votre bien à tous deux, de vous concentrer et de vous demander ce que vous voulez vraiment lui faire entendre et ce qui vaut la peine de lui dire.

Alors seulement, faites-lui part de vos problèmes afin qu’il n’entende pas une litanie sans fin de plaintes. « Vous avez le droit » également de lui raconter des choses positives et réjouissantes et il n’y pas de « Mitsva » de le charger de tous les fardeaux qui pèsent sur votre cœur. De même, il est très important d’attendre au moins quelques minutes après son retour à la maison avant de se décharger.

Essayez de vous renforcer, exercez des activités qui vous rendent meilleure et implorez le Créateur du monde de vous donner la force et la vigueur pour vous confronter à toutes vos tâches. Lorsque la participation sera équilibrée, il aura alors la certitude que vous vous sentez vraiment bien, et, de ce fait, il lui sera plus facile d’écouter vos difficultés. Souvenez-vous que vous avez dans les mains le libre arbitre de choisir le bien, de vivre au Gan éden sur Terre ; pourquoi vivre dans le Guéhinom ?

Lorsqu’il vous parle de ses soucis, comprenez que parfois, il n’attend pas seulement de l’empathie, mais précisément de l’écoute ou un bon conseil.