Pour que votre enfant se confie à vous, il doit savoir que ce qu’il vous confiera sera reconnu et accepté. Chaque parent a son rôle à jouer pour favoriser l’échange avec son enfant en créant un climat propice autour de lui...

"Comment s’est passée ta journée ?" Cette phrase vous l’avez sûrement déjà prononcée un bon nombre de fois à la sortie de l’école. Certains sont curieux d’en apprendre plus sur leur enfant, d’autres sont convaincus qu’elle retombera à plat, comme d’habitude. Vaines tentatives ou maladresse de votre part ?

Comment favoriser l’échange avec son enfant ?

Pour que votre enfant se confie à vous, il doit savoir que ce qu’il vous confiera sera reconnu et accepté. Sinon il n’essaiera même pas.

Pour les plus petits, vous pouvez dire par exemple : "Je comprends, tu es en colère, ton jouet est cassé", au lieu de : "Ce n’est rien, ce n’est qu’un jouet" ; ou encore "Tu tapes du pied, j’ai l’impression que quelque chose te met en colère", au lieu de : "Arrête tout de suite avec tes caprices". Ici, il s’agit de reconnaître et d’accepter son enfant, avant de le blâmer et de le juger.

Plus grands, si votre adolescente vous dit : "Maman, je n’ai pas envie d’aller à cet endroit", évitez de lui répondre : "Comment ça, tu ne veux pas ? Tu devrais être heureuse, c’est super". Dites plutôt : "J’ai l’impression que tu as besoin de te retrouver un peu seule en ce moment". Ainsi, vous adoptez une posture où vous évitez les jugements, les comparaisons… Vous ne niez pas ce que l’enfant ressent ni ne lui donnez de réponse toute faite. À la place, vous acceptez ce qu’il vous dépose et là où il en est.

Lorsqu’on écoute son enfant simplement pour le voir développer ses opinions, même lorsqu’elles divergent des nôtres (et vous n’y échapperez pas à l’adolescence !), cela renforce son sentiment d’être accepté.

En le tirant vers le haut et en le félicitant pour chaque bonne chose plutôt qu’en l’acculant à chaque erreur, vous créez une atmosphère positive propice à un réel échange. S’il vous raconte une erreur qu’il a commise, ne vous énervez pas, mais félicitez-le d’abord avoir eu la force de vous en parler et ensuite réprimandez-le justement. Vous valorisez ainsi qu’il se confie davantage.

En lui faisant comprendre qu’il sera toujours gagnant à vous parler et que vous serez là pour l’aider et trouver des solutions à tout, il se sentira alors en sécurité pour exprimer ses pensées et ses sentiments sans crainte de jugement.

On le sait sans vraiment le réaliser au quotidien mais l’enfant reproduit ce qu’il voit chez ses parents. Alors, observez-vous en tant que parent. Est-ce que l’un de vous est aussi d’un caractère plutôt renfermé, qui montre rarement ses sentiments et intériorise beaucoup ?

L’enfant est souvent le miroir du parent auquel il s’identifie… Essayez de vous travailler et de vous ouvrir. Par exemple, commencez par lui raconter votre journée, comment vous vous êtes senti, ce que vous avez fait, en adaptant bien sûr votre discours à son âge.

Une autre occasion de montrer l’exemple, c’est aussi lorsque le couple parental communique devant ses enfants. En vivant un espace d’échange bienveillant, dans l’écoute et le respect mutuel de l’opinion de chacun, avec empathie pour l’autre conjoint, cela donne un exemple quotidien puissant qui s’imprime en eux. Mais si vous montrez que vous vous faites sans cesse des reproches et cherchez la moindre erreur chez votre conjoint pour l’acculer, cela lui prouve au contraire qu’il n’y a pas d’échange véritable et qu’il vaut mieux se taire…

L’accessibilité se déploie dans notre attitude quotidienne. C’est-à-dire que si nous formulons des phrases telles que : "Tu peux tout me raconter", mais qu’au quotidien nous avons un comportement impulsif ou préoccupé par des milliers de problèmes, cela envoie un message contraire. Un enfant a besoin d’un espace de confiance pour se confier et non d’un espace rempli de tension. 

Comment se montrer accessible malgré tout et surtout dans le rush et l’agitation du quotidien ?

À travers des moments d’attention et des pauses de qualité que l’on s’accorde avec son enfant. Nul besoin de quantité de moments, privilégiez la qualité d’un petit moment où on est présent pleinement (et pas en train de penser à la tâche qu’on doit reprendre juste après), c’est déjà bien mieux. Surtout lors des moments "critiques" le matin et le soir où nous pouvons parfois "bousculer" les enfants, les hâter etc. Ce sont les plus importants : la séparation et les retrouvailles sont des moments-clés dans lesquels notre qualité de présence les rassure et crée du lien.

Être à l’écoute, c’est d’abord être attentif et les observer au quotidien afin de pouvoir déceler des changements de comportement. Mais c’est aussi prendre le temps de nous intéresser à ce qu’ils aiment : votre fils peut vous parler des heures des Playmobil ? Alors intéressez-vous à ce sujet que vous trouvez lassant. Votre adolescent a faim et vous réclame à manger ? Alors mobilisez-le pour préparer quelque chose avec vous.

Ce sont tous ces moments où vous vous mettez à leur hauteur qui créent une atmosphère d’accessibilité. Et c’est à travers ces moments anodins que, l’air de rien, votre enfant vous parlera et se confiera… et vous n’aurez plus qu’à tendre l’oreille !

Ainsi, chaque parent a son rôle à jouer pour favoriser l’échange avec son enfant en créant un climat propice autour de lui. Car ce dialogue est primordial autant pour le protéger que pour lui apporter des bénéfices tout au long de sa vie, et ainsi venir enrichir le lien parent-enfant. Ce lien se construit avec lui depuis son plus jeune âge et à chaque instant. 

Soyez des parents pour lesquels vos enfants diront, lorsqu’ils auront des soucis, "Je dois en parler avec mes parents" et non "S’ils le savent, je suis fichu !". Afin qu’ils vous considèrent comme un allié sur le chemin de leur vie...

Orilia Korchia, psychologue clinicienne