Parler de la solitude fait souvent chuter l’énergie dans une conversation. Pourtant, même dans les périodes où nous nous retrouvons seules, il est possible — et nécessaire — de ressentir une forme de joie, celle de vivre ce que nous avons à vivre...
La Torah affirme que ce n’est pas bon pour l’être humain d’être seul. C’est vrai : nous sommes naturellement faits pour partager, pour aimer, pour être accompagnés. L’amour est un échange. Même si tu es une personne extraordinaire, avec des Middot (traits de caractère) admirables, si tu n’as personne avec qui les partager, quelque chose manque.
Le monde n’a pas été créé pour que l’être humain vive isolé. Mais il arrive que l’on traverse des périodes où la solitude s’impose : célibat, éloignement familial, divorce, veuvage… Certaines personnes n’ont ni frères et sœurs, ni cousins, ni parents proches. Cela existe. Et ce sentiment de solitude peut être réel, parfois lourd…
Pourtant, même dans ces situations, il y a toujours des présences autour de nous : des amies, des collègues, des connaissances. Et surtout, une vérité essentielle : vivre seule aujourd’hui ne signifie pas que tu vivras seule toute ta vie.
Dans ces moments de transition, l’enjeu est d’accepter le « pour l’instant ».
Pour l’instant, je traverse une période de solitude.
Pour l’instant, je reconstruis après un divorce.
Pour l’instant, je me relève d’une épreuve.
Le pour l’instant est une clé : il évite de croire que la situation actuelle est définitive. On sort rarement inchangée d’un divorce ou d’un deuil. Certaines restent à terre, d’autres grandissent. Se relever demande du temps, du courage… et parfois, c’est cette reconstruction qui explique pourquoi la rencontre n’est pas encore arrivée.
Selon le Ari Zal, une volonté profonde crée un conduit spirituel : lorsqu’un désir est authentique, aligné et constructif, il s’enracine dans une source divine. Là où l’être humain veut vraiment aller, on le conduit — pour le meilleur comme pour le pire. Alors, si l’on désire construire un couple, il faut devenir intérieurement la personne capable d’attirer ce couple. On attire ce que l’on est.
Beaucoup l’oublient : dans un couple, nous sommes comme un miroir l’un de l’autre. Cela ne signifie pas que l’on ressemble exactement à l’autre, mais que nos blessures se reflètent et s’activent dans la relation. Si je n’apprécie pas ma propre compagnie, si j’ai constamment besoin de quelqu’un pour me définir, si je cherche une béquille affective, ce n’est pas de l’amour. C’est de la dépendance. Rester avec quelqu’un par peur, par besoin ou par pitié, ce n’est pas de l’amour non plus. L’amour véritable est inconditionnel, comme celui qu’Hachem a pour nous.
Pour avancer, il faut donc apprendre à s’aimer avec les défauts, les erreurs, les blocages encore présents. Se pardonner. Vouloir sincèrement devenir la meilleure version de soi-même, tout en acceptant le chemin. Et demander à Hachem de nous aider à progresser.
Curieusement, la rencontre arrive plus facilement lorsqu’on savoure sa période de solitude : quand on apprécie son célibat, quand on est bien avec soi-même, quand on cesse de quémander de l’attention et qu’on accueille la situation avec Bita’hon (confiance en D.ieu), en se disant qu’elle est — pour l’instant — la meilleure pour nous.
Ce pour l’instant peut sauver de bien des angoisses. Il rappelle que tout évolue. Que rien n’est figé. Que la joie revient. Que le Mazal s’ouvre. Et que la vie peut changer d’un instant à l’autre.
Je te souhaite d’être bientôt merveilleusement accompagnée. Et, en attendant, de savourer pleinement ta solitude — ce précieux pour l’instant…





