Chère amie,

Je parie que tu vas en rire. Que grand bien nous en fasse ! Rire de mes petites stratégies personnelles pour (tenter de) garder un taux satisfaisant de sérénité chaque jour.

Eh oui, il en faut, ou, avec l’aide d’Hachem, il t’en faudra. Avec son conjoint. Avec ses enfants, oh combien… Puisse Hachem les garder tous en bonne santé jusqu’à 120 ans, et nous avec d’ailleurs !
 

Son conjoint

Les jeunes mariées que l’on prépare sont trop mignonnes. Éblouies par les préparatifs de leur Sim’ha (joie) qui battent leur plein, et non moins par les mots doux de leur futur cher et tendre, elles peuvent parfois tomber de très haut lorsque surviennent par la suite des désaccords, ou de petites fâcheries.

C’est la raison pour laquelle elles doivent y être préparées avant leur mariage, savoir qu’il n’y a rien de dramatique à cela, et qu’il y a des solutions à tout. Préparées en leur fournissant une vision différente de leur mari. Quelle est-elle ?

Elle réside dans le fait de ne plus voir son mari comme tel, mais comme… son fils unique ! Un fils unique, imagine quel degré de conscience on peut alors atteindre du miracle de l’avoir eu, de le voir se réveiller et nous émerveiller chaque jour, même pour des riens !

Est-ce que si ton fils unique commettait quelques impairs (il ne ramasse jamais ses charmantes chaussettes par exemple… tiens, on dirait que cela te parle, tout autant qu’à moi d’ailleurs ! hein chéri ?!?), changerais-tu d’humeur en un rien de temps ? Non, tu les ramasserais affablement, tu as tant prié pour cela, une fois, deux fois, mille fois, avec paaa-tiennnn-ceeeee…

Est-ce que s’il rentrait de l’école fâché et brimé à cause d’une dispute ou de mauvaises notes, tu te crisperais en l’accueillant de façon désagréable, pensant que c’est à toi qu’il en veut ? Certainement pas. Au lieu de cela, tu t’assiéras, sans dire mot, lui prépareras un bon goûter rempli d’amour, et attendras qu’il soit prêt à vider son petit cœur.

Le scoop, c’est que le grand cœur de nos maris n’en demande pas beaucoup plus ! Un bon repas en rentrant du travail, et un sourire qui dit en silence : « Je te comprends, tu t’es battu toute la journée à l’extérieur, je respecte ton moment de mauvaise humeur. Je sais que tu vas réussir à t’en sortir bien vite ». Et si, en bonus, on lui disait combien il était fort et grand à nos yeux malgré tous ceux qui voudraient lui prouver le contraire – comme on le dirait si naturellement à notre fils unique - , alors là, ma chère, c’est à Chanel et Christian Dior qu’il nous ouvrirait grand les portes ! (Mais non chéri, moi, personnellement, cela ne m’intéresse absolument pas en réalité, je préfère de loin la Torah ;-).)

Alors, dès aujourd’hui chère amie, ton mari EST ton fils unique, c’est une vision gagnant-gagnant, pour tout le monde : Hachem, qui élit désormais domicile chez toi, tes enfants et ton mari qui grandissent dans un cocon tout doux, source intarissable d’énergie pour toute la vie et ses défis, et toi, qui virevolte chaque jour à tes occupations avec plus de légèreté.

Alors, partante ?!?
 

Ses enfants

Nous sommes toutes pleines d’ambitions, secrètes ou non, pour l’avenir de nos enfants, n’est-ce pas ? Pour certaines, ce sera : « Mon fils, médecin ou avocat ! ». Pour d’autres, ce sera : « Talmid ‘Hakham (érudit en Torah), Tsaddik joyeux, Dayan (juge rabbinique), ou Possèk Halakha (décisionnaire halakhique) ! ».(1)

À bien y réfléchir, si le temps ne les séparait pas, il y aurait un contraste très rigolo à faire entre ce petit garçon faisant plein de bêtises, et, avec l’aide d’Hachem, cet adulte robuste, sage et intelligent, brillant en Torah, dans son travail, et, allons-y, directeur d’une multinationale de charité de surcroît… (Vous trouvez cela irréalisable ? Pas moi, Hachem est si Grand, visons très haut ;-).)

Si, en un coup de baguette magique, tu avais le grand adulte en face de toi, à la place du petit, serais-tu capable, alors, de gronder, de t’énerver, de ne pas respecter un tel monsieur digne et admirable ? Ja-mais ! Pourtant, le petit contient déjà en lui-même le grand, potentiellement… il ne tient qu’à nous de tout faire pour qu’il se dévoile un jour…(2)

À bien y réfléchir, entre une position (le petit) et une autre (le grand), finalement, il n’y a qu’un décalage de temps, création Divine qui, au niveau d’Hachem, n’existe même pas. Ainsi, voilà une seconde petite stratégie très efficace pour calmer nos ardeurs face à nos enfants, lorsqu’ils font des bêtises ou commettent des erreurs, au minimum identiques aux nôtres aux mêmes âges. Qu’on se le dise ;-).

Elle consiste à remplacer l’image de nos enfants par celles des adultes épanouis et équilibrés que l’on souhaiterait voir, des années plus tard. Cela nous incitera à les respecter davantage, comme des grands.

D’ailleurs, lorsque de grandes personnalités politiques et du monde des affaires ont été interrogées sur l’ingrédient de leur éducation qui a pu tant aider à leur « réussite », ils ont été nombreux à répondre que c’était notamment attribuable au fait que leur parents se soient toujours adressés à eux comme s’ils étaient déjà adultes, avec autant de respect j’entends.

Qu’en dites-vous ?
 

EXERCICE PRATIQUE

Sans aucun doute, tu dois débuter tes entraînements dès que possible, pour transformer la jolie théorie, en non moins plus belle pratique !

Que grand bien nous en fasse…

À très bientôt,
 

(1)    Comme nous l’enseigne le Maharal de Prague, « Exister, c’est passer du potentiel au réel ».