Est-ce que vous vous êtes déjà retrouvée seule devant cinq personnes prêtes à tout pour vous "nuire"...? C’est ce qui m’est arrivé il y a deux mois lorsque mon mari s’est envolé vers la France pour la Bar-Mitsva de notre cher neveu. On avait choisi à l’unanimité l'enfant qui me mettrait KO direct dans le ring de la monoparentalité provisoire pour l’accompagner. Mais malgré ça, je n’en menais pas large : déjà, gérer à deux c’est du sport, mais alors seule ! Ça faisait des mois que j’appréhendais. Et finalement il s’est passé quelque chose de vraiment inattendu...

Avant même que ça commence, mes pensées sont allées vers ces mamans qui sont vraiment seules. Celles pour qui ce n’est pas « quelques jours en solo » mais une réalité. Les femmes en Israël qui ont récemment perdu leur mari et qui continuent, malgré tout, à faire tourner la maison, à sourire aux enfants, à tenir. Je me suis sentie toute petite devant leur courage.

Mais malgré tout, le stress persistait. Si notre famille ressemblait à celle de la Petite maison dans la prairie, ça aurait été plus simple. Mais avec mes petites terreurs, je me disais que j’allais compter les heures en attendant le retour de mon mari !

En général, lorsqu’il passe le pas de la maison, on pourrait presque entendre la Hola dans ma tête ou quelque chose du style « yooouupi ! Je me décharge de toute autorité ! De toute façon, pour ce qu’ils m’écoutent… ». Parce que gérer seule les disputes, les retards, les cris et autres joies de la parentalité, ça a tendance à me mettre les nerfs à vif.

Mais là… j’ai compris que c’était perdu d’avance. Donc j’ai lâché le combat. Je me suis dit : On y va, sans filet ! Je m’en remets complètement à Hachem.

Et à partir de là… j’ai senti, presque physiquement, une immense aide du Ciel !
Tout ce qui d’habitude me hérisse, glissait. Les cris, les retards, les bêtises : pas grave.

J’ai pris de la hauteur. La fameuse hauteur dont tous les pros en éducation parlent mais que, d’habitude, je ne trouve jamais au bon endroit et au bon moment.
Et là c’était à ma portée, sans effort. Ou plutôt comme si je récoltais le salaire de tous les efforts fournis depuis des années.

Un souvenir m’est revenu. Il y a quelques années, j’avais assisté à la Bat-Mitsva de la fille d’une maman qui était en difficulté. La rabbanite de la communauté avait tout pris en charge : elle avait cuisiné un magnifique buffet, décoré les tables, organisé la Hafrachat ‘Halla, réparti des préparatifs entre les amies, pensé à chaque détail.

Quand je lui ai dit, les yeux brillants d’admiration : « Vraiment, bravo… quel travail ! » Elle a simplement levé un doigt vers le ciel et m’a répondu : « Moi, je n’ai rien fait. » Bon, je ne vais pas mentir, ça m’avait un peu agacée à l’époque. Ok, elle avait senti l’aide d’Hachem, mais elle avait forcément aussi senti la fatigue, les heures à cuisiner, à appeler, à organiser, non ?

Ce Chabbath, j’ai repensé à elle. Et j’ai compris… Oui, techniquement, j’ai assuré : j’ai géré les disputes, les repas, les bains, les rituels, les pleurs, les câlins. Mais les forces et la réussite, elles, ne venaient pas de moi. J’aurais pu pointer mon doigt vers le ciel moi aussi.

Cette expérience réussie m’a beaucoup renforcée en Émouna (foi). Ça m’a donné aussi beaucoup plus confiance en moi et en ma capacité à gérer au lieu de déléguer un peu trop systématiquement l’autorité à mon mari.

Aujourd'hui je me sens plus forte. Pas la version « girl power » des Spice Girls dont j’étais fan à 10 ans, mais la vraie force : portée par Hachem, toujours…