Notre histoire regorge de personnages féminins fascinants, forts, courageux. Certaines d’entre elles ne sont pas suffisamment mises à l’honneur et pourtant leur histoire et leur parcours représentent une source intarissable d’inspiration pour nous toutes.

La femme est le pilier de son foyer, la couronne de son mari. Nombre de tsadikot d’aujourd’hui, à l’image des tsadikot d’antan, œuvrent dans l’ombre sans même se douter de leur valeur incommensurable.

Pendant un court instant, nous levons le rideau et partons à la découverte de femmes pieuses, dont l’histoire nous renforcera et nous inspirera avec l’aide de D.ieu.

  1. Hava (Eve)

    « La maman de toute l’humanité ». C’est ce que le nom Hava signifie. C’est ce que ce personnage incarne. Alors que l’homme est généralement occupé à conquérir les hautes sphères, il étudie, prie trois fois par jour dans un lieu saint accompagné d’un minyan. Il est chargé de dire des paroles de torah à table… la femme, elle, sanctifie son quotidien dans la vie de tous les jours, dans des actes qui peuvent paraître primaires ou futiles. Hava a goûté du fruit car elle voulait se lier à la terre et ses merveilles, elle ne souhaitait pas ressembler à un ange, elle voulait gouter aux plaisirs de la vie. La femme est de nature, attirée par le beau, par le bon, une table bien décorée, une petite fille bien coiffée, une pièce parfumée. Hashem aime cette beauté qui anime la femme, Il l’a créée ainsi, et c’est ainsi qu’elle fera descendre la Shehina dans son couple, en mettant son goût et son essence au service divin.

  2. Sarah

    Notre première matriarche nous enseigne une autre grandeur, celle de réparer, de nettoyer. Sarah a été celle qui a réparé la faute de Hava, en s’exposant au danger que représente le serpent à son tour et en n’y faiblissant pas cette fois. Sarah guérit et purifie les âmes, elle était un pilier pour Avraham et il y avait entre eux une grande confiance. Hashem avait dit à Avraham Avinou « quoique Sarah dise, écoute-la ». Nous tirons également une leçon de leur couple, il ne sert à rien de vouloir faire mieux que l’autre (Avraham savait qu’il ne pouvait pas combattre le serpent lui-même), il suffit d’être conscient des qualités et forces de son conjoint et de l’encourager à se surpasser, quite à rester dans l’ombre. Le couple n’en sortira que renforcé.

  3. Rivka

    Rivka a eu le mérite de se marier avec Itsh’ak Avinou et de cette union est né Yaacov Avinou, Israel, Notre Nation. Rivka est le symbole du hessed. « Je vous donnerai à boire ainsi qu’à vos chameaux ». Nous retrouvons cette mida d’âme charitable dans notre peuple, elle est un de nos fondements. Pourtant, Rivka a accompli ce hessed avec une particularité. Elle l’a fait avec empressement et joie. Elle n’a pas attendu qu’on lui demande son aide pour l’accepter du bout des lèvres, elle l’a proposé d’elle-même. Elle savait que ce travail lui demanderait beaucoup d’efforts physiques mais peu lui importait, elle voulait faire ce bien du plus profond de son être.

  4. Rachel et Léa

    Il est impossible de parler de Rachel sans parler de Léa et vice versa. Comme nous le savons ces deux sœurs ont épousé le même homme et au travers de leur histoire, il n’y a jamais eu de compétition, de jalousie ou de mauvaises intentions de l’une envers l’autre. Bien au contraire, elles sont l’exemple même d’abnégation et d’annulation de soi envers l’autre. Rachel a pris le risque de perdre le mérite d’épouser Yaccov en donnant les signes à Léa avant d’entrer sous la houppa et celle-ci a prié pour que son septième enfant soit une fille afin d’éviter à sa jeune soeur la honte d’enfanter moins de tribus que les servantes.

    Rachel nous enseigne également la force de la prière. Elle a préféré être enterrée seule sur le chemin, pour se dévouer et prier de façon continue jusqu’à la venue du Machiah’.

  5. Sérah’

    Sérah’ était la fille d’Asher, la petite fille de Yaccov. Elle a été élue pour annoncer à son grand-père avec douceur et finesse que son fils Yossef était encore en vie. Sérah’ représente l’étincelle de l’espoir. Lorsque la vie semble trop difficile, lorsque les combats semblent perdus d’avance, lorsque nous n’avons même plus suffisamment de larmes pour pleurer, la seule chose qui peut nous sortir de ce puits de tristesse, c’est l’espoir. L’espoir que tout ira mieux, l’espoir que demain sera un jour meilleur. Heureusement que l’espoir existe. Sérah’ a été bénie par Yaacov de vivre une longue vie. Effectivement, elle fait partie de la poignée de tsadikim qui a eu le mérite de rentrer au gan eden vivants. Voyez ! L’étincelle de l’espoir ne s’éteint jamais, elle vit éternellement.

  6. Myriam

    Myriam a fait preuve d’une grande maturité d’esprit alors qu’elle n’était qu’une enfant. Elle s’est opposée, à raison, à la décision de son père Amram qui invitait tous les bné israel à se séparer de leurs épouses pour ne pas donner davantage de bébés à tuer à Pharaon. Myriam lui a fait remarquer alors que sa décision était plus cruelle de celle de Pharaon. Ce dernier condamnait les bébés garçons tandis que Amram condamnait, ainsi les filles aussi. Moïse, le sauveur du peuple, est né, grâce au courage, au raisonnement et à la dévotion de Myriam. Celle-ci l’a surveillé lorsque sa mère Yoheved l’a mis sur le Nil dans son panier. Elle n’a pas failli à son devoir, elle était la gardienne de son frère. Myriam a, sans aucun doute, joué un rôle crucial dans la fin de l’esclavage des bné israel.

  7. Déborah

    Déborah est l’effigie de la pudeur et de la sagesse. En effet, ses conseils valaient de l’or. Les gens venaient de loin pour bénéficier de ses recommandations avisées. Et pourtant, elle recevait à l’ombre d’un palmier, en toute modestie. Elle jugeait avec droiture sans jamais être séduite par quelque corruption que ce soit, sans jamais rompre sous la pression. De nombreux établissements pour filles, ont d’ailleurs pris le nom de Tomer Déborah, car cette juge symbolisait parfaitement les valeurs que ces institutions prônent, spiritualité, foi et pudeur.

  8. Ruth

    Ruth a abandonné le confort, la vie facile, la sécurité pour suivre sa belle-mère Naomie vers un monde qui lui était complètement inconnu. Ruth a accepté toutes les épreuves avec amour et foi. Elle a perdu son mari, a vécu dans la famine et la pauvreté, a troqué sa vie de princesse pour dormir sur de la paille. Mais rien ni personne ne pouvait la convaincre de faire demi-tour. Sa dévotion lui a donné le mérite d’être l’ascendante du Rédempteur final. Ruth est un modèle pour toutes les âmes perdues qui cherchent leur chemin. Elle leur délivre un message beau et pur : « suivez votre cœur ».

  9. Batchéva

    Batchéva était une femme sublime dont l’infinie beauté a subjugué le Roi David. Leur union, moyennement acceptée par le peuple, a soulevé des polémiques et des scandales. Batchéva ne s’est aucunement rebellée. Elle qui, pourtant, avait un fort caractère, a fait preuve de soumission devant la décision du Roi. Hashem, a quant à Lui, largement béni cette union étant donné que Batchéva a donné naissance à Chlomo, le roi d’Israël qu’Hashem choisira pour construire Son Temple.

  10. Esther

    Esther, la reine du mystère. Elle agit le visage masqué. Personne ne sait vraiment qui elle, et ce qu’elle fait. Elle devient la reine d’un pays et le roi lui-même ignore tout de sa véritable identité. Elle n’a peur de rien, pas même de la mort, elle risque sa vie plus d’une fois pour sauver son peuple. Elle agit dans les coulisses et à la dernière seconde, le rideau se lève et tout devient beaucoup plus clair pour tout le monde. L’obscurité angoissante devient alors une lumière éblouissante.

Qu’Hashem nous permette de marcher sur leurs traces et de perpétuer la bravoure et la force de nos Matriarches.