“Ecoute mon fils la morale de ton père et ne rejette pas la Torah de ta mère” [1]. Pourquoi la Torah est-elle attribuée à la mère alors qu'elle est l'obligation essentielle de l'homme ? Comme nous dit le Rav Falk dans son livre « Oz Véhadar Lévoucha », la manne tombait du ciel dans le désert par le mérite de Moché Rabbénou  et l’eau montait de la terre par le mérite de Myriam la prophétesse (le puits de Myriam). Selon lui, cela vient enseigner que le rôle de l'homme est de faire descendre la Torah du ciel par le moyen de l'étude avec assiduité et le rôle de la femme est de sanctifier le matériel dans lequel elle est plongée en accomplissant sa tâche avec joie et Emouna (foi).

Nous voyons également dans la paracha que Hachem a demandé à Moché Rabbénou d'enseigner la Torah d'abord aux femmes, comme il est écrit : ”Moïse monta vers le Seigneur, et le Seigneur l’appelant du haut de la montagne lui dit : « adresse ce discours à la maison de Yaacov, cette déclaration aux enfants d'Israël ».

Rachi Hakadoch nous dit que « la maison de Yaacov » fait référence aux femmes et « les enfants d'Israël » aux hommes. Il faut savoir que cet ordre chronologique n'est pas du hasard. Si les femmes ont devancé les hommes dans la réception de la Torah c'est parce qu'elles ont une responsabilité d'ordre majeur dans sa transmission aux générations à venir !

Nos Sages nous enseignent que D.ieu a divisé l'âme en deux, attribuant la partie interne à la femme et la partie externe à l'homme.

C'est pourquoi l'homme a l'obligation de toutes les Mitsvot publiques et externes : trois prières quotidiennes, les phylactères (Téfilines), la formation d'un quorum de dix personnes, car le rôle de l'homme est externe et révélé.

Les femmes n'ont pas besoin de toutes les Mitsvot publiques pour garder la pureté et la sainteté de leur âme, pour se rapprocher d’Hachem, parce que la partie interne de la Néchama (âme) est liée à la partie interne de la Torah !

L'étude de la Torah est le bouclier contre le mauvais penchant !

Rabbi Amram 'Hassida était un des géants de sa génération. Un jour, pendant qu'il était en train d'étudier avec ses élèves, il vit soudainement un groupe de femmes non juives qui passaient mais parmi elles, il y avait également quelques femmes juives. Il comprit très vite qu'il s'agissait de prisonnières, et qu'il fallait les libérer.

Après avoir accompli la Mitsva de « racheter les prisonniers », ils ont décidé que l'endroit le plus adéquat pour elles était la demeure de Rabbi Amram, sur le toit. Pour y accéder, ils firent monter ces femmes  par le moyen d'une échelle qui était tellement lourde, que cela nécessitait dix personnes pour la soulever. Une fois cette tâche terminée, les élèves quittèrent la maison de leur maitre après avoir éloigné l'échelle de l'endroit où les femmes se trouvaient, pour éviter toute possibilité de monter vers elles. Et voilà qu’un soir, Rabbi Amram 'Hassida était assis en train d'étudier quand tout d'un coup il vit un rayon de lumière sur la table qui était près de lui. Il leva les yeux en direction de cette lumière et remarqua la beauté resplendissante d'une des femmes qui était sur le toit.

Le Talmud raconte que quand le Rav posa son regard sur elle, se réveilla en lui « le feu du désir ».  Ce désir était tellement fort, qu'il s'est rempli de forces surnaturelles et a réussi à soulever, à lui tout seul, l'échelle sur laquelle il s'est mis à grimper. Sentant qu'il allait fauter, Rabbi Amram se mit à crier : « Au secours ! Au secours ! Il y a le feu dans la maison de Amram !

En entendant ses hurlements, ses élèves se sont empressés de venir le secourir quand ils ont découvert, fortement étonnés, leur maitre perché sur l'échelle…. Ils n’ont pas pu s'empêcher d'exprimer leur déception en disant :  ”Rabbi, vous nous faites honte!”. Et la réponse de ce géant fut : “Il vaut mieux que vous ayez honte de moi dans ce monde plutôt que dans l'autre monde” [2].

De cette histoire, nous pouvons apprendre deux choses essentielles :

1-Personne n'est à l'abri du mauvais penchant, même le plus grand des Justes !

2-Ce qui a donné la force à Rabbi Amram de crier pour être sauvé de la faute, même au prix d'être humilié, c'était sa crainte de D.ieu! Et cette crainte d’Hachem, il l'a construite durant ses années d'études de Torah ! Comme il est écrit : ”J’ai crée le mauvais penchant, j’ai crée la Torah comme remède.” [3]

Mesdames, encouragez vos maris à étudier la Torah !

Le Rav Sim’ha Cohen, dans son livre “Habayit Hayéhoudi” (le foyer juif) nous enseigne que l’un des besoins profonds de l'homme est de rendre sa femme heureuse.

Donc, si celle-ci fait ressentir à son époux que ce qui lui ferait le plus plaisir, c'est d'agrandir son nouveau financier, cela le poussera à s'investir de plus en plus dans son travail. Par contre, une femme remplie d'amour de la Torah, dont les aspirations sont spirituelles, influera automatiquement sur son conjoint, en le poussant vers le haut, même sans avoir besoin de dire un mot !

Plus on se remplira, nous les femmes, de conviction que la Torah est la valeur suprême dans ce monde, plus notre mari sera encouragé à fermer le magasin plus tôt et a aller s'assoir au “Beit Hamidrach” pour absorber de la Kédoucha (sainteté) à travers l'étude de la Torah.

Et les premières qui gagneront de cela, c'est nous ! Parce que cette Torah demande à l'homme de respecter sa femme plus que lui même et de l'aimer comme il s'aime lui-même, cette Torah lui nettoie les pensées de toutes sortes de choses inconvenables, qui l’ont pénétré durant la journée, cette Torah lui donnera la force de faire face aux épreuves qu’il traversera sans tomber, ou la force de se relever après l’échec.

Nos maris ont besoin de nous, ils ont besoin d'encouragements dans un monde qui prône tellement la réussite matérielle comme objectif de vie.

Hachem nous fait confiance pour les aider à ne pas dévier du bon chemin, celui qui mène au monde futur, comme il est écrit : ”Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide à ses côtés” [4].

Chabbat Chalom à toutes !

 

[1] Proverbes 1,8

[2] Kidouchin 81,71

[3] Kidouchin 30

[4] Béréchit, Chapitre2, Verset 18