Savez-vous ce qu’est le Zugunruhe ? Non, ce n’est pas le nom d’un plat allemand ou d'une nouvelle danse. Si vous avez déjà ressenti, à l’approche de Kippour, cette étrange sensation de : « Vite, vite, il faut que je fasse Téchouva ! C'est bientôt ! », vous connaissez déjà le Zugunruhe.
Le Zugunruhe est un phénomène observé chez les oiseaux migrateurs : une agitation intérieure qui apparaît avant le grand départ. L’oiseau ne sait pas encore exactement quand il partira, mais son organisme lui dit : « Remue-toi ! C’est bientôt le moment ! »
Le Chofar : notre 1er rappel
Dès que résonne le premier coup de Chofar d'Eloul, on ressent exactement cette agitation spirituelle. On regarde le calendrier, on réalise que le grand jour n’est pas loin.
Pendant son Zugunruhe, l’oiseau entre en phase d'hyperphagie : il mange frénétiquement pour stocker de l'énergie. Nous, c'est l'inverse (enfin, sauf pendant les fêtes où l'on stocke pas mal de calories aussi !) : c’est notre âme qui entre en hyperphagie de Mitsvot. On double les Téhilim, on s'alimente de Séli'hot à 5 heures du matin, on fait le plein de bonnes actions…
Et puis, arrive le jour J. Les experts de la faune vous le diront : les oiseaux ne partent pas tous en même temps. Les martinets filent en août, les hirondelles en septembre, les oies attendent novembre. Chacun son rythme.
Et puis, parfois, les conditions sont réunies : le vent devient favorable, le ciel se dégage… et soudain, des milliers d’oiseaux s’envolent ensemble.
C’est exactement ce qui se passe à Yom Kippour.
Qu'on soit un Juif "martinet" (déjà prêt depuis deux mois), un juif "hirondelle" (qui s'est réveillé à Roch Hachana), ou un juif "oie sauvage" (qui débarque juste avant Néïla), ce jour-là, tout le monde s'envole.
Le vent arrière de la Miséricorde divine se lève. On déploie nos ailes, vêtus de blanc et on vole tous ensemble vers l'étape ultime : celle du pardon.
La façon dont les oiseaux s’orientent relève presque de la science-fiction : une boussole biologique dans les yeux, un système de navigation dans le bec, qui leur permet de parcourir des milliers de kilomètres et de retrouver leur chemin.
Quand on pense à la précision d’un tel système, on ne peut que s’émerveiller devant Celui qui l’a créé.
Nous aussi, nous pouvons être secoués par les tempêtes de la vie, déboussolés par le quotidien, égarés à des milliers de kilomètres de notre identité… Dès que le vent de Kippour souffle, notre GPS spirituel se rallume. On sait où est le Nord et comment revenir au Nid.
Kippour possède ce pouvoir unique : c’est le jour de l’année qui rassemble le plus de Juifs à travers le monde. Même ceux qui se croient loin, même ceux qui ne pratiquent pas, sont là.
À Jérusalem, à Paris, à New York ou à Sydney… des millions de Juifs se tournent, au même moment, vers Hachem.
Alors, l’espace d’un instant, fermons les yeux.
Ressentons cette A’hdout (union) la plus puissante de l’année. Laissons notre cœur s’éveiller à l’amour de notre peuple, avec cette certitude profonde : nous faisons tous partie d’une seule et même Néchama collective.
Alors cette année, écoutons notre Zugunruhe, faisons le plein de Mitsvot… et préparons-nous à prendre notre envol.
Gmar ‘Hatima Tova à toutes !





