La Torah nous interdit la haine, ainsi qu’il est écrit : « Tu ne haïras pas ton prochain dans ton cœur » (Vayikra 19, 17). La haine est une déformation d’une sympathie première. Un même verset ajoute : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (ibid. 18). Comme l’amour du prochain est naturel, la haine est interdite. Dans cette perspective, que signifie la haine de soi ? C’est l’intégration dans une société non souhaitée. La haine de soi, c’est le refus d’accepter les valeurs de la société dans laquelle on vit. C’est donc la haine que le Juif – non religieux – éprouve pour cette appartenance au peuple juif. Un film récemment présenté à Venise par une société israélienne est une forme de la haine envers l’être juif. Il ne s’agit pas, ici, dans notre lecture, de protéger l’armée, mais de prouver qu’en attaquant l’armée, en la calomniant, la gauche invente une détestation du Juif. Cela contribue, bien sûr, à un antisémitisme accru dans le monde. C’est une « haine de soi » de son appartenance à ce peuple que cette calomnie véhicule. Ce qui est en jeu, c’est salir la société israélienne. Ne voit-on pas ici une haine de soi de la part de ces « gauchistes » qui n’ont qu’un but : détruire le peuple juif aux yeux des nations ?
À chaque époque de l’Histoire, ceux qui abandonnaient l’observance se montraient agressifs à l’égard du peuple juif. Certains cherchaient des textes du Talmud pour dénigrer Israël aux yeux des nations. Un Juif assimilé, Marx, a écrit que les Juifs ont un seul dieu : l’argent. Ceux qui dénigrent aujourd’hui les soldats et inventent des faits pour faire détester Israël sont semblables à ceux qui s’attaquent à l’étude de la Torah. Alors que de nombreux peuples se glorifient de leur passé, ces calomniateurs détruisent ce qui a fait, et ce qui fait aujourd’hui, la fierté du passé qui continue dans le présent. Il est nécessaire de dénoncer cette haine de soi, qui ne peut être, en définitive, qu’une disparition du peuple d’Israël.
En dénonçant cet extrémisme de la gauche, cela ne doit pas nous mener à une appréciation d’un nationalisme de droite, qui ne trouve pas sa source réelle dans la lecture « toranique » de l’Histoire. Le nationalisme juif qui n’est pas basé sur la Torah est, lui aussi, étranger à la tradition. Ainsi, on peut arriver à des dérives : au nom de ce nationalisme, on s’autorise à monter sur le mont du temple de Jérusalem, ce qui est interdit, compte tenu de la sainteté du lieu.
Selon cette perspective, la survie d’Israël est assurée par une manifestation de puissance. Or cette puissance – actuellement ressentie – ne peut venir que d’une Source transcendante : « Ne dis pas : "C’est ma force et la puissance de mon bras qui m’ont donné cette vigueur" » (Dévarim 8.17).
Seule la Volonté divine maintient le peuple d’Israël. L’armement moderne, ultrasophistiqué d’Israël, l’aide puissante des États-Unis, sont les moyens utilisés par la Providence pour protéger le peuple d’Israël sur son sol. Il nous faut prier pour mériter que cette aide nous protège. Faire confiance à l’homme est une vanité, comme de l’idolâtrie. L’extrémisme nationaliste, comme l’extrémisme gauchiste, portent atteinte à notre foi en une Providence tutélaire.
Cette réflexion a pour objectif de souligner que la Torah n’est ni à droite ni à gauche. Calomnie, haine de soi, sont l’apanage de la gauche ; l'assurance exclusive en la puissance matérielle d’Israël est une négation de l’action de la Providence : la calomnie et l’orgueil sont les outils de la négation de la Transcendance. Il y a, certes, une supériorité d’Israël dans l’humanité, et c’est une supériorité spirituelle, une sainteté dans l’observance, et une sincérité dans la foi en un Maître du monde. C’est ici la vraie fierté d’Israël.




