Le décès prématuré d’Elie Benacom, cet infatigable ressusciteur de la vie juive à Tel-Aviv, a laissé la communauté en état de choc. Derrière une discrétion extrême, il aura pourtant marqué la vie de milliers de Juifs...
Le décès prématuré d’Elie Benacom à seulement 54 ans, laisse la communauté francophone de Tel-Aviv et bien au-delà sous le choc. Cet infatigable ressusciteur de la vie juive dans la ville aura consacré son existence à rapprocher les Juifs de la Torah avec une discrétion difficile à imaginer.
Il était une fois une synagogue fermée
Elie monte de France à Tel-Aviv en 1987 alors qu’il n’est encore qu’un adolescent de 14 ans issu d’une famille traditionnaliste. Un vendredi soir, alors qu’il cherche une synagogue pour prier, il aperçoit une petite bâtisse fermée. Il demande alors les clés au Rav Lévin (descendant du célèbre Rav Aryé Levin) qui peine pour y donner un cours de Guémara une fois par semaine, et promet de parvenir à y rassembler Minyan. L’impossible se produit : la petite synagogue de la rue Arnon (aujourd’hui bien connue des Français) reprend lentement vie sous son action acharnée.
Sous son impulsion, ce sont d’innombrables synagogues et cours de Torah qui ressusciteront de leurs cendres à Tel-Aviv, permettant ainsi à des milliers de Juifs, parfois très éloignés, de conserver leur lien avec la Torah.
C’est ainsi qu’il fera pendant des années, à raison de deux fois par semaine, l’aller-retour Tel-Aviv – Jérusalem, dans la même soirée (!), afin d’amener puis ramener chez lui un vieux Rav érudit de Jérusalem donner un cours de Torah à Tel Aviv !
Ailleurs, à Névé Tsédek, on lui montre une ancienne synagogue encore fréquentée par un petit groupe de personnes âgées. 1,2 million de Chékels sont investis pour la rénover, et elle devient le lieu d’une importante communauté qui comprend de nombreux francophones.
Le plus frappant lorsqu’on interroge ceux qui ont côtoyé Elie Benacom, c’est que les milliers de Juifs qui ont bénéficié de son action ne connaissaient même pas son nom !
Des Rabbanim éplorés
Lors des Chiv’a, les anecdotes ont commencé à ressortir les unes après les autres. Elie a pu investir des sommes considérables, passer des heures et des jours à racheter une synagogue… et ne même pas être présent le jour de son inauguration !
Lors de l’enterrement, la douleur des Rabbanim qui œuvrent à Tel-Aviv était saisissante. Certains pleuraient au point d’avoir du mal à tenir debout. Ils savaient ce que la ville venait de perdre, celui sans qui la vie juive de la ville balnéaire aurait poursuivi son déclin, pour peut-être disparaitre complètement.
Combien de Juifs ont-ils, grâce à lui, trouvé une synagogue, un cours, un endroit où continuer à vivre leur judaïsme ? Sans doute ne le saura-t-on jamais... Et Elie aurait probablement préféré qu’il en soit ainsi.
Puisse son souvenir être source de bénédiction et inspirer les autres à suivre sa voie.





