Aujourd'hui à Paris
05:19 : Mise des Téfilines
06:33 : Lever du soleil
13:56 : Heure de milieu du jour
21:19 : Coucher du soleil
22:10 : Tombée de la nuit

Paracha Ekev
Vendredi 7 Août 2020 à 21:01
Sortie du Chabbath à 22:12
Afficher le calendrier
Logo Torah-Box

La Torah, poison ?!

Rédigé le Lundi 1er Juin 2020
La question de Benjamin G.

Bonjour,

Pourquoi la Torah peut être un poison puissant (Sam Hamavèt) ?

La réponse de Rav Avraham GARCIA
Rav Avraham GARCIA
5109 réponses

Chalom Ouvrakha,

Le texte talmudique auquel vous faites allusion se trouve dans le traité de Yoma 72b.

En effet, nos Sages nous enseignent que si la personne est méritante [Zakha], la Torah est un remède, en revanche, si, 'Hass Véchalom, la personne n’est pas méritante, la Torah devient alors pour elle "Sama Démota", un poison [voir aussi Yalkout Chimoni Vaét'hanane 829 et Rabbénou Bé'hayé Michpatim 21-1].

Que veut dire "Zakha", méritant ? En quoi et comment ?

Rachi nous explique sur place, et l’idée a été reprise par le Maharcha [Chabbath 88b], que si la personne étudie la Torah Lichma, de façon désintéressée, et qu’elle tâche de l’accomplir, c’est alors que la Torah est un remède qui donne la vie, sinon, 'Hass Véchalom, cela devient un poison.

Si la personne étudie pour les honneurs, nous explique Rabbénou Yéhonathan [sur le Rif Chabbath 42a], la Torah sera destructive. Surtout si, en plus, la personne n’accomplit pas ce qu’elle a étudié [voir Méiri Yoma 72b].

Pourquoi ? C’est déjà plus facile à comprendre, car dès lors que cette personne n’accomplie pas les Mitsvot ou étudie pour les honneurs, etc., elle "tordra" la Torah avec des explications erronées pour justifier son comportement, et rendra la Torah dangereuse pour elle et pour son entourage [voir Méchiv Davar 1-46 et Léhorot Nathan, dans la préface de son premier tome].

le Likouté Moharan [fin de la Torah 36] nous explique que la Torah, en tant que telle, est bonne, mais tout dépend de la préparation préalable de celui qui la reçoit... Ne pas être prédisposé à la recevoir, cela devient un danger, non pas parce que la Torah est un poison, 'Hass Véchalom, mais parce que celui qui la prend s’empoisonne tout seul.

Cela peut être comparé à un nourrisson à qui on tente de donner de la très bonne viande à manger, l’aliment en soi est très bon, mais celui qui le consomme n’est pas encore prêt [voir aussi Likouté Moharan Torah 101 et 164].

Le verset [Hoché'a 14] nous écrit : "Les chemins de D.ieu sont droits, les justes s'y promènent et les mécréants y trébuchent" [Voir Likouté Moharan Tanyana Torah 91].

C’est un peu comme [Léhavdil] la découverte de la force atomique : les gentilles en font une énergie pacifique pour s’éclairer, se chauffer etc., et les méchants en font une arme destructive. A fortiori notre Torah qui est bonne ne devrait pas être utilisée pour faire du mal.

On rapporte au nom du Sfat Emet qu’il est impossible et incroyable que la Torah puisse être, 'Hass Véchalom, un poison, et en fait, nos Sages ont voulu dire dans leur expression "Sama Démota", "un remède contre la mort", ou "Sam 'Haïm", c’est-à-dire que celui qui est méritant aura un remède qui lui donnera la vie, la force et la vitalité, et celui qui n’est pas méritant, ce sera alors un remède qui lui permettra uniquement de ne pas mourir [Sifté Tsadik Tsavaa 6 et Pardess Chaoul Parachat Métsora, voir aussi Sfat Emet Likoutim Parachat Vayéchev].

Le Maor 'Enayim [du Rav Ména'hem Na'houm de Tchernobil (1735-1798)], dans Parachat Chémot, Matot et Dévarim, nous explique aussi que, pour atteindre le bon, il faut d’abord éliminer le mal [voir Téhilim 34-15]. Celui qui a déjà éliminé le mal, la Torah lui donnera le bon, qui est comparé à la vie.

Mais celui qui n’a pas encore travaillé pour éliminer le mal qui est en lui, la Torah qu’il étudiera sera pour lui un remède contre la mort, qui fait allusion au mal [voir Parachat Nitsavim 30-15]. Le Arvé Na'hal [Parachat Vayichla'h Drouch 1] va aussi dans le même sens que cette dernière explication.

Le Rav Dessler [Mikhtav Mééliyahou tome 2, page 54 et tome 3, page 128] nous explique que le mot "Zakha" veut dire "Zakh" "pur", c'est-à-dire que si nous nous purifions, nous pouvons accéder au réel message de la Torah.

J’espère, avec ces quelques lignes, avoir réussi à vous répondre et je vous souhaite d’être "Zokhé" "méritant", et que la Torah soit pour vous un remède de vitalité.

Kol Touv.

Avez-vous aimé ?
Soyez le premier à commenter cette réponse Rav Avraham GARCIA