Bonjour Rav,
Comment réprimander son père ?
Faut-il le réprimander ?
Bonjour,
Avant de répondre à votre très bonne question, j’aimerais tout d’abord rappeler l’estime essentielle que les enfants doivent avoir envers leurs parents : les considérer, autant que possible, comme des personnes respectables et honorables, même si, aux yeux de l’entourage, cela ne semble pas correspondre à la réalité [voir 'Harédim Mitsvot ‘Assé 1, 35, 'Hayé Adam 67, 3, Rav Nissim Karelitz, 'Hout Chani p. 264, Rav Bentsion Abba-Chaoul, Moré Orim p. 4].
De même, il nous incombe de les craindre - au sens de les traiter avec une retenue et une considération particulière -, comme on le ferait face à un roi ou à un général de l’armée [voir Rambam, Séfer Hamitsvot, Mitsvat ‘Assé 211, Or Létsion – ‘Hokhma Oumoussar p. 217].
Pour revenir à votre question :
S’il s’agit d’une remarque sur un comportement anodin, ou simplement d’une autre manière de voir les choses, il faut s’abstenir de faire la moindre remontrance, et continuer à les honorer comme expliqué plus haut, en les considérant comme des personnes respectables. C’est d’ailleurs ainsi que l’on se comporte avec des personnes de ce rang : on ne les reprend pas pour des détails…
En revanche, s’il s’agit d’un comportement immoral, ou d’une conduite contraire à la Torah, alors oui, il faudra intervenir - mais avec des gants de velours. Autrement dit, en formulant les choses avec beaucoup de douceur et de bienveillance, par exemple en demandant : "Est-ce que ce n’est pas écrit différemment dans la Torah ?", afin que le parent comprenne de lui-même l’erreur, sans être humilié [voir Choul’han Aroukh Yoré Dé’a 240, 11].
Et même si le père n'accepte pas cette remontrance, et continue malgré tout, il sera strictement interdit à l’enfant de lui manquer de respect. Au contraire, il devra continuer à l’honorer comme une personne respectable [voir Choul’han Aroukh Yoré Dé’a 240, 18 et Rav Bentsion Abba-Chaoul dans Moré Orim p. 223, remarque 16].
Il est vrai que la Mitsva du respect des parents peut parfois paraître difficile, mais elle en vaut profondément la peine. Nos Sages nous garantissent que sa récompense inclut, entre autres, une longue vie, la réussite matérielle, et des enfants de grande qualité [voir Tana Débé Eliyahou Rabba chap. 24, Tan’houma Kédochim chap. 15, Ménorat Hamaor chap. 9, "Kiboud Av Vaem" p. 14, Pélé Yoets chap. "Kiboud Av Vaem"].
Soyez béni !