Logo Torah-Box

Se faire passer pour malade à des fins malhonnêtes et le devenir réellement ?!

Rédigé le Lundi 27 Octobre 2025
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Y a-t-il une source dans nos textes indiquant qu'une personne se faisant passer pour malade (pour obtenir indûment quelque chose de la société [vol] comme, par exemple, une pension sociale) finit par le devenir réellement ?

Cette "malédiction" se produit pour une connaissance en apparence versée dans la Torah et les Mitsvot, et j'aimerais essayer de lui faire prendre conscience de la gravité extrême de ses actes.

Merci Rav.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
43548 réponses

Bonjour,

Avant d’évoquer les sources, il faut rappeler deux points essentiels. Ce genre d’attitude est doublement grave. D’une part, celui qui prétend être malade [ou démuni] risque, 'Hass Véchalom, d’attirer sur lui la réalité de ses propres mots. Et d’autre part, tromper les autorités pour obtenir un avantage financier est strictement interdit par la Torah. C'est un vol pur et simple, au même titre que n’importe quel autre vol, sans compter le risque d’emprisonnement.

Explications :

Dans les Midrachim et le Talmud, il y a de très nombreuses références à ce sujet. En voici quelques-unes :

1. Lorsqu’une personne est réellement dans le besoin, il y a une Mitsva de lui donner de la Tsédaka, pour l’aider et alléger ses difficultés. Mais nos Sages, les 'Hakhamim, mettent en garde contre ceux qui se font passer pour des nécessiteux alors qu’ils ne le sont pas. Une telle attitude est extrêmement dangereuse : "celui qui trompe ainsi les autres ne quittera pas ce monde avant de connaître véritablement le manque." Se faire passer pour ce que l’on n’est pas comporte donc des risques immenses. Choul'han 'Aroukh - Yoré Déa, chapitre 255, Halakha 2

Mais bien plus que cela : mise à part l’importance de l’honnêteté et de la sincérité, il faut savoir que ce que l’on prononce peut éveiller les accusations du Satan contre soi [Talmud Brakhot 19a], et l'on risque de finir par devenir ce que l’on a soi-même affirmé.

Dans bien des cas, la parole peut se retourner contre celui qui la prononce et à plus forte raison lorsqu’elle est mensongère ou trompeuse.

2. Dans le Talmud Brakhot 55b, il est raconté que certains Sages, lorsqu’ils tombaient malades, gardaient la nouvelle secrète le premier jour, et n’en informaient personne. Ce n’est qu’à partir du deuxième jour qu’ils permettaient à leurs proches de le faire savoir à l’entourage. Pourquoi ? Parce que si tout le monde le savait immédiatement, la maladie devenait en quelque sorte "officielle", et les paroles répétées des autres "il est malade, il est malade", renforceraient sa situation et son destin. Dès le deuxième jour [il se rend compte que les choses sont assez sérieuses], lorsque la nouvelle était connue, ils pouvaient demander à leurs proches de solliciter des prières sans crainte, car la maladie était déjà reconnue de tous. Ce principe nous enseigne que les mots ont un pouvoir réel, et qu'assez souvent, le silence et la discrétion protègent l’âme autant que le corps.

3. Il y a quelques années, Rav Nissim Tolédano décéda à Bné Brak. Un autre grand Rav de sa famille [Rav Yossef Tolédano [*] - Fils de Rabbi Rephaël Baroukh Tolédano] prononça une oraison funèbre enflammée au cours de laquelle il versa de chaudes larmes. Tout d'un coup, il s'exclama en disant : "Je pense que le Malakh Hamavet [ange de la mort] s'est trompé, il aurait dû me prendre à sa place".

C'est ce qui sa passa dans la semaine suivante....

4. Lorsque Balak décida de faire du mal au peuple juif, il fit appel à un sorcier professionnel, Bil'am. Il lui envoya des émissaires avec un message : "[...] Viens donc, je te prie, et maudis-moi ce peuple car il est plus puissant que moi".

Le sens des mots "Maudis-moi" sous-entend que : J'ai [moi] besoin de tes services [Maudis le peuple pour moi]. Mais étant donné que "Maudis-moi" signifie également : "Je désire être maudit", cette malédiction fut réalisée et il fut tué. Voir Torah Chlémah, passage 64 sur Bamidbar, chapitre 22.

5. Le Satan attend la moindre occasion pour accuser face au Trône céleste. Il n'est pas toujours évident d'être épargné de ses accusations. Qui osera dire : "J'ai débarrassé mon cœur de toute tache, je suis purifié de mes péchés ?" Michlé 20, verset 9.

C'est pourquoi, il faut toujours éviter les situations présentant un certain danger [et ne pas se dire : "Je ne crains rien !"] car le Satan en profite pour mettre en valeur les imperfections de la personne. Talmud Yerouchalmi, chapitre 2, Halakha 6, Iguerot Moché, Yoré Déa, volume 2, réponse 74, et Ora'h 'Haïm, volume 4, réponse 105, passage 6, Chévet Halévi, volume 6, réponse 128.

6. Certains de nos maîtres conseillent de ne jamais dire : "Je descends", même si l'on se trouve dans une situation où c'est ce que l'on doit faire. Exemple : on nous appelle au téléphone pour dire que l'on nous attend en voiture au bas de l'immeuble. Dire : "Je descends" est à éviter car le Satan pourrait comprendre que l'on en rêve [et "descendre" signifie de nombreuses autres choses assez intrigantes]. Il serait, donc, préférable de dire : "J'arrive !", par exemple.

[*] Rav Nissim ז"ל était le neveu de Rav Yossef.

7. Pour des détails supplémentaires, cliquez sur ces liens :

https://www.torah-box.com/question/dire-je-suis-morte_90576.html

https://www.torah-box.com/question/dire-que-le-vent-t-emporte-permis_86950.html

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.

Réussir l'étude de la Guemara

Réussir l'étude de la Guemara

Un guide pratique qui fournit les outils nécessaires à l'étude et l'enseignement de la Guémara. 

acheter ce livre

Avez-vous aimé ?
Soyez le premier à commenter cette réponse Rav Gabriel DAYAN
Contactez-nous sur WhatsApp