Existe-t-il une vie après la mort ? En quoi cette mort consiste-t-elle ? Les âmes sont-elles appelées à être jugées ? C’est à ces questions et d’autres encore que l’article suivant se propose de répondre. 

La Michna dans Avot (4, 22) affirme : « Ceux qui naissent sont destinés à mourir, ceux qui meurent sont destinés à vivre ». Pour énigmatique qu’elle soit, cette maxime résume bien la conception juive de la vie et de la mort, à savoir qu’il n’existe pas de réel antagonisme entre les deux car elles sont intimement liées, comme les deux étapes d’un seul et même parcours. Ce parcours, c’est celui de la naissance et de la mort. L’âme, cette étincelle divine inextinguible, ne fait que « passer » du monde céleste où elle fut conçue, vers ce monde terrestre, pour, ensuite, au terme d’une période déterminée, regagner sa source. La mort consiste simplement en la séparation de l’âme (l’esprit) et du corps (la matière).

A maintes reprises, le judaïsme souligne le caractère éphémère de notre passage sur terre. En ce sens, la vie et la mort sont un peu comparables à un ascenseur : la naissance permet de faire descendre l’âme depuis les hauteurs célestes vers ce monde matériel, tandis que la mort la ramène vers sa demeure originelle. La venue au monde d’un enfant n’est que le passage du « sein de la mère » vers le « sein de la terre », cette même terre qui porte l’homme et le nourrit. Or, la mort est aussi un passage, cette fois du sein de la terre vers le monde des âmes, cet univers où il n’y a ni matérialité, ni corruption de la matière, seulement vérité et transparence.

L’âme doit-elle rendre des comptes?

Les textes saints de la tradition juive, notamment le Zohar (texte fondamental de la mystique juive), font état d’un jugement divin auquel l’âme est soumise dès son arrivée dans les mondes supérieurs. Là, face au Tribunal céleste, elle doit répondre de ses actes accomplis lors de son passage sur terre. Or il est intéressant de constater que les très nombreux témoignages de Juifs ayant vécu des expériences de mort clinique viennent parfaitement corroborer ce qui fut décrit par nos Sages il y a 2000 ans ! 

Tous décrivent le même processus : l’âme voit défiler devant “ses yeux” le film de sa vie, dans ses moindres détails ; même les actes qu’elle croyait dissimulés aux yeux de tous se voient dévoilés au grand jour devant l’assemblée céleste. Puis un procès, à l’image de ce qui a cours dans les tribunaux ici-bas, se tient : les actions accomplies par l’âme lors de sa vie terrestre sont toutes citées, examinées et soupesées. Un accusateur tente de faire pencher la balance du côté négatif, tandis que la défense tente de faire valoir chaque acte méritoire afin d’acquitter l’âme. Au terme de débats parfois agités, l’âme se voit le droit de redescendre ici-bas (puisqu’il s’agit de témoignages de personnes revenues à la vie) avec un certain nombre de recommandations qu’elle s’engage désormais à appliquer : être plus pointilleux dans le respect dû aux parents, s’éloigner de toute médisance, observer scrupuleusement le Chabbath, etc.

Nombre de ces témoignages sont disponibles aujourd’hui sous différentes formes. Vous en trouverez un exemple ici : Que se passe-t-il après la mort ?, ainsi qu’un autre: L’infini qui s’invite dans notre monde

La mort comme sens de la vie

« Akavia ben Mahalallel dit : Considère ces trois choses et tu n’en viendras pas à fauter : sache d’où tu viens, vers où tu te diriges et devant Qui tu es appelé à rendre des comptes », enseigne à nouveau la Michna dans Avot (3, 1). Le fait de savoir ce qui se passe après la séparation du corps et de l’âme permet finalement de donner un sens à la vie. Car si nous sommes effectivement appelés après 120 ans à rendre compte de nos actes ici-bas devant D.ieu, dès lors, notre existence prend une toute autre dimension. Chaque acte porte désormais l’empreinte de l’éternité. Notre vie n’est plus une course stérile après des plaisirs éphémères, mais elle s’inscrit dans le parcours traversé par notre âme : un passage dans un monde, puis un autre. Ainsi, la mort n’est pas ce concept morbide et angoissant que l’on croit connaître ; c’est plutôt l’étape qui confère tout son sens à notre vie. « Quand on a un "pourquoi", on peut supporter tous les "comment" », disait Frankl…