Le Rav Schwob relève un mot que nous disons avant d’introduire les 4 fils : « Baroukh Hamakom, loué soit Hachem ». Hamakom, c’est Hachem, qui est partout.

Rav Schwob pose une question très intéressante : à chaque fois que nous employons le terme Hamakom, c’est quelque chose de triste. Que D.ieu préserve, quelqu’un doit aller consoler un endeuillé, que disons-nous à l’endeuillé ? Hamakom Yéna’hèm Etkhèm” “Hachem vous apportera du réconfort”.

Si quelqu’un perd son argent, que dit le Choul’han Aroukh, que doit-on dire à une personne dans ce cas ? Hamakom Yémalé ‘Héssronékh” “D.ieu combleras vos pertes”.

Lorsque nous récitons A’hénounous disons : “Hamakom Yéna’hem ‘Alékhem” “D.ieu aura pitié de vous”. Ces Juifs qui sont bloqués au loin et que nous ne pouvons faire sortir de là-bas, que D.ieu ait pitié d’eux.

Alors pourquoi employons-nous “Hamakom” ? Savez-vous pourquoi ?

Car quelqu’un qui a perdu un être cher, qui a perdu de l’argent, ou qui est coincé dans un pays étranger pense : « D.ieu, où es-Tu ? Comment peux-Tu ne pas te préoccuper de moi ? Comment puis-je perdre ça ? Que s’est-il passé ? Où es-Tu ? »

Alors, nous les rassurons en disant “Hamakom” Hachem veille sur toi, ne t’inquiète pas, Il est présent ; nous traversons des périodes difficiles, mais D.ieu nous réconforte.

Rav Schwob dit : si c’est le cas, pourquoi disons-nous “Baroukh Hamakom” dans la Haggada ? Il donne une réponse extraordinaire.

Il dit qu’il y a beaucoup de familles où les parents et grands-parents, assis autour de la table du Séder, observent leurs enfants ou petits-enfants et se disent : « Olala, qu’est-il arrivé à cet enfant ? Comment a-t-il quitté le droit chemin ? Que s’est-il passé ? » Alors, nous disons à ces parents “Baroukh” à quatre reprises.

“Baroukh Hamakom Baroukh Hou Baroukh Hamakom Chénatane Torah Lé’amo Israël Baroukh Hou.”

Chaque enfant est une bénédiction, on ne renonce à aucun d’eux. Peu importe à quel point l’enfant s’est détourné, vous pouvez le faire revenir.

Nous connaissons tous l’histoire lorsque Ya’acov a croisé les bras en bénissant Ephraïm et Ménaché, et Yossef dit à son père : “Papa, que fais-tu ?” “Vayomane Aviv” “Son père s’y refusa”, et il dit : “Je le sais, mon fils, je le sais, lui aussi deviendra un peuple…” Ménaché sera extraordinaire, “mais son jeune frère sera plus grand que lui.”

Ecoutez ce que le Kli Yakar dit à ce sujet : cela ne veut pas dire uniquement parce qu’il est le plus petit. Hachem choisit ces enfants ou ces individus qui ont un côté inférieur et Je vais élever cet enfant et en ferai le dirigeant de milliers de personnes.

Réfléchissez un instant à votre année du Bac. Les élèves les plus doués à l’époque, quand on regarde en arrière, sont-ils ceux qui ont réussi aujourd’hui ? Jamais. Non, ce sont ces enfants assis à l’arrière, ceux dont nous pensions qu’ils ne deviendraient rien de spécial. Un grand nombre d’entre nous avons eu des enfants et avons pensé : “Oh, cet enfant sera le plus brillant”, et il s’avère que cet enfant qui n’avait rien de spécial se distingue plus que les autres. Comment cela se fait-il ? Car Hachem nous montre ce que Ya’acov dit : “Mais son jeune frère sera plus grand que lui.” Cet enfant qui n’avait rien de bien particulier devient en réalité très spécial. Savez-vous pourquoi ? Car il avait une mère qui aimait cet enfant et lui prodiguait des encouragements. Et il avait un père, un Rebbe ou un ami qui a donné à cet enfant le sentiment d’être spécial. Et c’est dans cet état d’esprit que nous arrivons à la table du Séder.

Ces quatre types d’enfants ? Chacun est une bénédiction, ne renoncez à aucun d’entre eux.