Il y a près d’un siècle, un homme décida d’immigrer aux Etats-Unis. Avant d’entreprendre son voyage, il alla prendre une bénédiction du Hafets Haïm.

Ce dernier décourageait généralement ses visiteurs de se rendre dans ce pays, car il y était difficile, à cette époque, de continuer la pratique des mitsvot. Voyant que cet homme était décidé, le Hafets Haïm fut d’accord de lui donner sa bénédiction.

« Je suis prêt à te bénir, dit-il, mais je te demande auparavant de t’engager à respecter le chabbat là ou tu iras ! »

L’homme accepta, et le rav le bénit…

 

En arrivant sur le nouveau continent, notre ami chercha un travail et trouva un poste de laveur de vitre, ce qui était à cette époque assez courant. Grâce à D’, son patron accepta qu’il ne vienne pas travailler le chabbat.

Mais un matin, le patron alla le trouver et lui annonça que dorénavant, il devrait travailler le chabbat. Le nouvel immigrant refusa poliment, puis lorsqu’il comprit que son patron ne lui donnait pas le choix, il accepta de se faire licencier. L’essentiel étant de ne pas travailler le chabbat…

Durant cette dure période, pas de travail signifiait pas de pain… Cette situation dura six mois durant lesquels il trouva très péniblement de quoi nourrir sa famille, en trouvant quelques travaux par ci par là.

Après six mois, n’en pouvant plus, il décida de retourner travailler en tant que laveur de glace, quitte à profaner le chabbat. Il avait été vaincu et acceptait de travailler le chabbat, ‘Has véchalom.

Ce fut le jour de chabbat qu’il décida d’aller rendre visite à son ancien patron.

En chemin, il se rappela de la promesse qu’il avait faite au Hafets Haïm. Celle durant laquelle il s’était engagé à observer fermement le chabbat. Vainquant ainsi le mauvais penchant, il fit demi-tour et rentra chez lui, convaincu de ne pas transgresser le chabbat.

Le soir même, quelqu’un toqua à la porte de sa maison. Il alla ouvrir et fut surpris de voir son ancien patron qui lui annonça :

« Il y a six mois, j’ai parlé de toi à l’un de mes amis. Ce dernier m’a affirmé que tu ne serais pas capable d’observer le chabbat si tu devais perdre ton travail. De mon côté, j’avais confiance en toi et nous avons parié. Il s’est engagé à me donner un très grosse somme si tu réussirais cette épreuve durant six mois. Voilà, cela fait six mois que tu as tenu et j’ai gagné mon pari. Je viens te donner ton salaire durant les six mois ainsi qu’une grande prime. Je te réembauche et je t’augmente ton salaire, car j’ai beaucoup gagné grâce à toi et tu es un homme de confiance… »