Le journal « Le Monde » a publié il y a quelques semaines un reportage sur la « société ‘Harédi (orthodoxe) en Israël », reportage étendu sur deux grandes pages. « Le Monde » n’est guère connu pour sa sympathie pour l’État d’Israël, présenté constamment comme l’État hébreu. Dans ce reportage, la société ‘Harédi est présentée comme un État dans l’État, qui ne s’intègre pas à la société israélienne, et toutes sortes d’exemples négatifs y sont décrits. 

Comme Torah-Box est de fait un organe important de la diffusion du judaïsme pour le public francophone, il est essentiel non de répondre aux calomnies – qui sont des exemples marginaux – il importe de présenter un tableau positif de la société orthodoxe en Israël, sous cinq aspects qui permettent à l’État juif d’être un État pour les Juifs.

1. Aspect sociologique : l’organisation sociale au sein des familles orthodoxes est remarquable : nombre de caisses de bienfaisance, nombre d’organisations paramédicales qui conseillent, envoient les malades chez les spécialistes, s’occupent des infirmes. Dans la société orthodoxe, on s’occupe d’aider les nécessiteux, les vieillards. Une solidarité intérieure à la société est manifeste. Les Rabbanim savent orienter les malades et connaissent les spécialités du médecin.

2. Aspect familial : les familles sont ordonnées lors du Chabbath, des jours de fêtes. Le foyer familial est le centre de la société. Il existe des « Chadkhanim » (marieurs) qui connaissent les familles, et savent orienter les jeunes. À une époque permissive telle qu’elle existe à l’extérieur, la vie familiale doit être une cellule fondamentale à l’organisation de la société. Les règles de pureté contribuent aussi à la sainteté du foyer juif.

3. Aspect économique : pour l’État d’Israël, le public orthodoxe représente un marché irremplaçable. D’un point de vue alimentaire, vestimentaire, on essaye d’attirer les orthodoxes. Location, construction d’immeubles, transports publics, pour tout cela, le milieu orthodoxe est un public essentiel, sans parler encore des véhicules privés. C’est un des rouages importants de l’économie de l’État d’Israël. De nombreuses villes de développement sont créées dans l’État.

4. Aspect idéologique : en dehors de la Torah, il n’y a pas de base à l’installation du peuple juif sur cette terre. Au premier Congrès Sioniste, certains avaient évoqué l’Ouganda comme terre de refuge pour les Juifs. Le baron Lucien de Hirsch a tenté d’attirer les Juifs vers l’Argentine. Staline leur a proposé le Birobidjan. La Terre d’Israël a toujours été un aspect essentiel de la foi juive. S’il n’y avait pas de Juifs orthodoxes en Israël, l’être juif disparaîtrait du sol sacré. L’idéalisme socialiste a tenté d’attirer les premiers pionniers de l’État, mais aujourd’hui, cette idéologie a disparu. Le public orthodoxe maintient la permanence de l’être juif, qui survit depuis plus de deux millénaires. C’est la seule ancre à laquelle peut se relier le Juif et donc justifier son lien avec le passé. Cet aspect idéologique ne se réfère pas encore à l’action de la transcendance. Mais il doit être compris par ceux qui veulent maintenir l’être juif. Il faut le reconnaître : c’est un aspect positif. C’est le rôle de la communauté ‘Harédi de véhiculer ce message qui a permis la survie de la réalité juive.

5. Il va de soi que notre foi en un D.ieu tutélaire explique l’État d’Israël, qui attire de nombreux Juifs de l’étranger. C’est le seul point éternel qui explique le monde ‘Harédi. Le jour viendra – nous en sommes certains – où l’humanité perdra son aversion pour Israël, où les Juifs non religieux comprendront où est l’aimant qui attire le Juif vers Jérusalem. La haine convergente de l’intérieur comme de l’extérieur s’effacera et fera place à un amour, à une spiritualité qui protège Israël à travers les siècles. La société ‘Harédi – qui a aujourd’hui ses fioritures comme chaque société – éclairera et sera un phare pour l’humanité entière.