Des Ségoulot de grande valeur sont dissimulées dans les mots de la Téfila quotidienne, qu’il vaut la peine d’analyser… Par exemple, la Téfila d’Alénou Léchabéa’h, récitée à la fin de l’office, est dite plus d’une fois à la va-vite, et c’est vraiment dommage…

Sachons que lorsqu’on récite la prière d’Alénou Léchabéa’h, un vrai tumulte a lieu dans le ciel au-dessus de nous.

Dans l’ouvrage Maté Moché, il est dit que lorsqu’un Juif récite la prière d’Alénou Léchabéa’h, tous les anges célestes se réunissent avec D.ieu, s’apprêtent à dire ces louanges, mais on leur répond : « Heureux le peuple qui jouit d’un tel sort ! ».

L’auteur du Michna Broura explique que c’est la raison pour laquelle on s’incline dans 'Alénou Léchabéa’h, avec crainte et tremblement.

De plus, une Ségoula de grande valeur se trouve dans cette Téfila. Dans l’ouvrage Pri Ets ‘Haïm, du Rav ‘Haïm Vital, il est rapporté qu’à la fin du premier paragraphe qui s’achève par « Ein Od », avant de commencer le suivant « Al Ken Nékavé Lékha », il vaut la peine de s’arrêter un instant et de penser à une délivrance importante. C’est une Ségoula éprouvée, et avec l’aide de D.ieu, si on a à l’esprit une demande à ce moment-là, on mérite d’être exaucé.

La prière d’Alénou Léchabéa’h est récitée chaque jour à la fin de la prière de Cha’harit, de Min’ha et d’Arvit ; à Roch Hachana et Yom Kippour, elle est récitée au milieu de la prière de Moussaf. C’est une Téfila unique au contenu des plus émouvants. La première partie consiste en louanges sur notre mérite de servir un D.ieu unique, contrairement aux nations du monde qui servent des divinités futiles. La seconde partie de la Téfila est une demande : que tous les résidents de l’univers reconnaissent l’exclusivité du D.ieu d’Israël et Le servent.

Les ouvrages sacrés évoquent longuement le caractère élogieux de cette prière, où nous prions pour le dévoilement de Son règne, loué soit-Il, afin que tous les habitants de la terre reconnaissent et sachent que : « Chaque genou se pliera devant Toi, chaque langage te sera asservi ». C’est pourquoi on la récite avec crainte et déférence avec toute l’assemblée, également dans la reprise avec l’officiant de la prière de Moussaf de Roch Hachana et de Yom Kippour.

Les Ashkénazes ont l’habitude de la réciter également à la fin du Kiddouch Lévana (sanctification de la lune) et de la Brit Mila. La prière d’Alénou Léchabéa’h figure également dans les textes de prière pour le malade au seuil de la mort.

La raison de la coutume de dire cette prière chaque jour, d’après le Beth ‘Hadach : « Implanter dans notre cœur, avant de rentrer à la maison, l’unicité du royaume divin, pour renforcer la Emouna dans nos cœurs, sachant qu’Il élimine les déités de la terre, détruit les divinités pour rectifier le monde par le royaume divin. En effet, chaque Juif a des relations commerciales avec des non-Juifs qui réussissent. On ne retournera pas chez soi vers les divinités, et on ne pensera, que D.ieu préserve, à aucune faute possible. »

Cette prière a été composée par Yéhochoua Bin Noun lors de la conquête d’Erets Israël. Le Séfer ‘Harédim précise que la prière d’Alénou a été récitée au moment où les murailles de Jéricho ont été encerclées ; dans l’ouvrage Séder Hayom, il est écrit que Yéhochoua l’a récitée sept fois à l’endroit et à rebours au moment où les murailles de Jéricho se sont écroulées, et c’est ainsi que les sept murailles de Jéricho sont tombées.

Le nom Hochéa figure en acrostiche à l’envers de la Téfila : « Alénou Léchabéah…Chélo Assanou…ana’hnou Korim…Hou Elokénou. »

La deuxième partie d’Alénou Léchabéa’h a été rédigée par Akhan, à l’époque de Yéhochoua. Son nom figure en allusion dans les initiales des premières lettres de ce passage de la prière : « Al Ken Nékavé. »

En raison de l’importance de cette prière, le Michna Broura tranche que si l’on se trouve à la synagogue au moment où l’on y récite Alénou, on est obligé de le réciter avec l’assemblée même si on a déjà prié.