A l'occasion de la Hiloula (jour anniversaire de décès) de notre maître Rav Moché Isserles, l'équipe Torah-Box est heureuse de vous faire découvrir très brièvement son parcours de vie. Celui qui parle du Tsadik de jour de sa Hiloula, celui-ci priera pour lui ! Allumez une bougie et dites "Likhvod ha-Réma, zékhouto taguèn 'alénou" puis priez. Que son mérite protège tout le Klal Israel, Amen !

Rav Moché Isserlès, surnommé le Rama, est un éminent Rav, talmudiste, philosophe et décisionnaire polonais du 16ème siècle (Cracovie, 1520 - 11 mai 1572).

Il est principalement renommé pour ses travaux fondamentaux en Loi juive, le "Darké Moché" (commentaire sur l’Arbaa Tourim), et surtout "Hamapa", commentaire sur le Choul’han Aroukh dans lequel il indique les coutumes Ashkénazes. C'est grâce à la "Mapa" que le "Choul’han Aroukh" a atteint son statut de référence quasi-universelle pour la Loi juive.

Le Rama, Rav de la ville de Cracovie, décida d’écrire un livre comportant toutes les lois juives sous forme de conclusion. Il ne parla à personne de l’écriture de son livre. Il réunit toute la matière nécessaire, et écrivit ainsi toutes les Halakhot. Il écrivit son livre durant de longs jours et nuits.

Un jour, un invité arriva chez le Rama, en provenance de Tsfat. Il fut très heureux d’accueillir l’invité - surnommé le Chadar -, du fait qu’il avait des liens avec les Rabbanim de Tsfat. Le Rama invita le Chadar à manger, et demander de poser la table en l’honneur de son invité d’honneur.

Lorsqu’ils finirent de manger, le Chadar sortit un livre de son sac, et dit au Rama : « De la même manière que tu m’as honoré par un repas et une table posée, je vais à présent t’honorer par le "Choul’han Aroukh" ("Une table posée"), écrit par le Rav Yossef Karo, qui est un livre d’Halakhot destiné à unifier tous les Bné Israël sous les mêmes lois. » Le Chadar raconta qu’au cours de l’écriture du livre, le Satan en entendit parler et ordonna au gouverneur de la ville natale du Rav Karo d’interdire d’allumer des lumières la nuit dans les maisons des juifs, afin qu’il ne puisse pas continuer son œuvre. Le Rav Karo s’en attrista, c’est pourquoi des lucioles vinrent dans sa maison afin qu’il puisse continuer à écrire son livre.

Le Rama écouta l’histoire, et son cœur battait à tout rompre. Il prit le livre et le regarda. Le Chadar l’observa et vit sur son visage un mélange de joie et de tristesse. Le Chadar comprit la joie mais pas la tristesse.

Après un instant, le Rama demanda au Chadar qui avait conseillé au Rav Karo d’écrire ce livre ?
Le Chadar répondit qu’il ne savait pas, et qu’il y avait plusieurs réponses. L’une des versions disait qu’il s’agissait d’un ordre du Maguid (une force suprême), qui lui avait dit d’écrire ce livre. Une autre version disait qu’un homme habitant en-dehors d’Israël en avait eu l’idée, et celle-ci fut transmise au Rav Karo mystérieusement (une sorte de communication). Lorsque le Chadar dit ceci, le Rama comprit en fait que son idée d’écrire un livre avait été assimilé par le Rav Karo.

Durant cette même nuit, le Rama survola le livre du Rav Karo et le compara au sien. Il vit que leurs livres se ressemblaient énormément, bien qu’il y avait des divergences, dont la source se trouvait dans la différence de leur lieu d’habitation. C’étaient des différences d’opinions entre les Rabbanim Séfarades et les Rabbanim Ashkénazes. Le Rama hésita à sortir son livre qui suivait l’avis Ashkénaze, et ainsi donc méprisait l’avis Séfarade.

Le Rama comprit que la sortie de son livre entrainerait une division - la moitié irait selon le "Choul’han Aroukh" du Rav Yossef Karo, et l’autre moitié irait selon le livre du Rama. Il en arriva donc à la conclusion qu’il valait mieux qu’il n’y ait que le livre du Rav Karo, du fait que celui-ci venait d’Israël.

A présent, le Rama ne savait pas quoi faire de ses écrits. Il décida finalement de les enterrer au cimetière se trouvant derrière sa maison. Ainsi, tard dans la nuit, il se rendit au cimetière afin d’y enterrer son livre et fit attention à ce que personne ne le voit. Mais le Chamach du cimetière vit ce qu’il fit. Il enterra donc le livre sous les racines d’un arbre dans le cimetière.

Même après avoir enterré son livre, le Rama continua son saint travail. Il rédigea des modifications au "Choul’han Aroukh". Lorsque le Chadar lui rendit visite la deuxième fois, le Rama lui remit en cadeau "Hamapa" ("La nappe") - ses commentaires sur le "Choul’han Aroukh". Il lui dit de remettre ce livre au Rav Karo et lui demanda de lui faire savoir que "Hamapa" avait été écrit avant le "Choul’han Aroukh", mais que sa finition avait été faite après.

Le Rav Karo apprécia beaucoup le cadeau du Rama, "Hamapa", et il lui prépara en échange un Tanakh spécial.

Depuis le jour où le Rama avait enterré son livre, l’arbre grandit et ses branches s’étendirent de tout côté. Avant sa mort, le Rama demanda à être enterré près de l’arbre, et ainsi, lorsqu’il mourut, sa demande fut accomplie. De nombreuses personnes venaient péleriner sur la tombe du Rama. Une fois, il fut même demandé de couper l’arbre car celui-ci dérangeait les gens, mais le Chamach, qui connaissait le secret du Rama, refusa. A ce même moment, une tempête eut lieu, et les gens prirent cela comme un signe de ne pas couper l’arbre.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, lorsque les Nazis rentrèrent à Cracovie et détruisirent le quartier juif et les synagogues, ils se rendirent dans les cimetières et profanèrent les tombes. A ce même moment, les branches de l’arbre s’étaient abaissées sur le sol et cachèrent le tombeau du Rama. Ainsi, les Nazis quittèrent le cimetière sans porter atteinte à la tombe du Rama.

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