A l'occasion de la Hiloula (jour anniversaire de décès) de notre maître Rav Zonnenfeld, l'équipe Torah-Box est heureuse de vous faire découvrir très brièvement son parcours de vie. Celui qui parle du Tsadik de jour de sa Hiloula, celui-ci priera pour lui ! Allumez une bougie et dites "Likhvod haRav Zonnenfeld, zékhouto taguèn 'alénou" puis priez. Que son mérite protège tout le Klal Israel, Amen !

Rav Yossef ‘Haïm Zonnenfeld fut le fondateur et Grand-Rabbin de la Eida ‘Harédit de Jérusalem, et fit partie des dirigeants frondeurs de la ville.

Né en Slovaquie le 6 Kislev 5609 (1848), il fit son apprentissage auprès des grands de la Torah, qui l’appréciaient énormément. Parmi eux, se trouvait le Rav Avraham Binyamin Sofer - le « Ktav Sofer », fils du ‘Hatam Sofer. En 1873 (5633), son maître Rav Avraham Chag Tsvabner, élève du ‘Hatam Sofer, et lui-même montèrent ensemble en Israël, et il s’installa dans la Vieille Ville de Jérusalem. Il y tissa des liens avec le Maharil Diskin et son fils, Rav Its'hak Yérou'ham, et se fit une place importante dans le vieux quartier. Il faisait entre autres partie des fondateurs du quartier « Batei Oungarine ». En 1878 (5638), il fonda avec le Maharil Diskin le « Beth Din Chel 'Houguim Yirim », et ils fondèrent ensemble également les Collelim de Varsovie et de Hongrie.

En 1913 (5673), il rejoignit le Rav Avraham Its'hak Hacohen Kook au « Massa Hamochavot », la délégation de Rabbanim qui se rendait dans les quartiers modernes pour tenter d'y convaincre les habitants d'observer les Mitsvot, et pour créer des liens entre le vieux quartier et ses Rabbanim, et le nouveau.

En 1920 (5680), avec l'aide du Rav Its'hak Yérou'ham Diskin, il institua la « Eida ‘Harédit » séparément du Rabbinat de Jérusalem, et fut élu pour la diriger. Elle fut alors surnommée « Va’ad Ha'ir Achkénazi ».

Il décéda le 19 Adar Chéni 5692 (1932) et fut enterré au Mont des Oliviers.

Son ami proche, Rav Its'hak Yérou'ham Diskin, lui succéda en tant que Président du Tribunal rabbinique de la Eida ‘Harédit.

Jusqu’à aujourd’hui, et bien qu’il n’ait jamais occupé cette fonction, certains considèrent le Rav Zonnenfeld comme le Grand-Rabbin de Jérusalem, voire même du pays tout entier, et le surnomment « le Maître de la Terre d’Israël ».
 

La puissance du Kaddich

L’histoire qui suit est fidèlement retranscrite du livre « L’homme de la muraille », biographie du grand Rav Yossef ‘Haïm Zonnenfeld, de mémoire bénie.

L’un des plus grands kabbbalistes, Rav Aharon Selosky, a entendu de la bouche de notre maître une histoire incroyable à propos du Kaddich, qui s’est produite à Fribourg alors qu’il étudiait à la Yéchiva de « Ktav Sofer ».

Un dame respectée qui possédait une importante entreprise, avait coutume de faire un don très généreux à la Yéchiva depuis de nombreuses années, à la condition que les élèves qui y étudiaient disent quotidiennement le Kaddich pour l’élévation de l’âme de ceux qui n’ont personne pour le faire, et il y avait parmi eux un jeune homme qu’il s’y appliquait particulièrement.

Un jour, l’époux de cette dame décéda, et, comme ils la dirigeaient ensemble, l’entreprise s’en porta si mal qu’elle fit faillite.

Dès lors, sa situation financière se dégrada de jour en jour. Lorsque ses deux filles furent en âge de se marier, son désespoir fut sans fin : comment allait-elle faire sans argent ? Elle souffrait grandement de la gravité de sa situation, mais accepta malgré tout son sort avec courage. Pourtant, il était une chose à laquelle elle n’arrivait pas à se faire et qui lui brisait le cœur : puisqu’elle n’avait plus les moyens de soutenir la Yéchiva pour le Kaddich, il allait cesser.

Le cœur lourd, elle monta voir les dirigeants de la Yéchiva et les supplia de continuer de dire le Kaddich malgré qu’elle ne puisse plus les aider, et jusqu’à ce qu’Hachem lui envoie les moyens de leur renouveler son soutien. Les dirigeants, profondément émus par son désarroi et sa droiture, lui promirent d’accéder à sa requête et de poursuivre le Kaddich comme ils l’avaient fait jusqu’alors. La joie qu’elle en éprouva fut incommensurable et, les yeux pétillants de bonheur, elle prit congé pour reprendre sa route. Sa situation et celle de ses filles, depuis longtemps en âge de se marier, lui parurent plus supportables : elle était si heureuse pour le Kaddich, qu’elle ne ressentait presque plus aucun manque. Et pour ce qui était de ses deux filles, elle avait confiance qu’Hakadoch Baroukh Hou, Père de tous les orphelins et Justicier des veuves, prendrait leur pauvreté en pitié et pourvoirait avec miséricorde aux besoins de leurs couples.

En sortant dans la rue, elle rencontra un juif tout joyeux, au visage lumineux et avec une longue barbe aussi blanche que la neige témoignant de ses qualités, qui la bénit. La dame s’étonna de la splendeur du visage de cet inconnu, et vit sa surprise décuplée lorsqu’il s’approcha et engagea la conversation avec elle en lui demandant avec intérêt où en était sa situation et celle de ses filles.

La mine sombre, la dame lui conta avec amertume comment son haut niveau dans la société avait dégringolé plus bas que terre, au point qu’elle n’avait même plus les moyens nécessaires de marier ses grandes filles, et combien elle en souffrait.

« De quelle somme avez-vous besoin pour pouvoir financer le mariage de vos filles ? », lui demanda le vieil homme.

« Pour quelle raison vous y intéressez-vous, que pourriez-vous y faire ? », répondit-elle avec perplexité tout en lui donnant le montant nécessaire.

Le vieil homme sortit un chèque, et y rédigea une note pour que la banque locale lui remette la somme indiquée, et lui demanda au moment de signer d’aller quérir deux témoins pour constater sa signature personnelle et également y apposer la leur.

Ebahie et très émue de ce qui se produisait, elle se rendit dans la salle de la Yéchiva et demanda à deux élèves de l’accompagner à l’extérieur. Le vieil homme leur demanda alors de regarder attentivement sa main qui signait le chèque, et, pour plus de sécurité, leur fournit un papier avec une copie de sa signature pour rappel et pour exemple. En lui remettant le chèque d’une somme conséquente, il précisa à la dame de se rendre à la banque le lendemain matin pour l’encaisser.

Toute cette histoire lui paraissait complètement invraisemblable et pour le moins étrange : pourquoi ce vieil homme avait-il manifesté autant d’intérêt pour sa situation, et fait preuve de tant de bonté envers elle au point de couvrir toutes les dépenses dont elle aurait besoin pour marier ses deux filles ? Le lendemain, elle s’empressa néanmoins de courir à la banque pour tenter sa chance.

Lorsque le guichetier vit le chèque, il n’en crut pas ses yeux. Perplexe et stupéfait, il regarda de nouveau, et, troublé, il demanda à la dame de patienter pendant qu’il entrait dans le bureau du directeur et propriétaire de la banque. C’est alors que se produisit un évènement des plus dramatiques.

A la vue du chèque, le directeur de la banque tomba de sa chaise et s'évanouit...

Les clients présents s'affolèrent, et les employés qui avaient entendu ce qui s'était passé et craignant qu'elle n'ait fait quelque chose de grave, placèrent la dame dans une pièce adjacente avec un gardien pour éviter qu'elle ne s’en aille. Après avoir repris connaissance, le directeur demanda à voir la dame qui était venue encaisser le fameux chèque.

Quand elle entra, il lui demanda expressément de lui expliquer comment et d'où elle avait obtenu son chèque.

« Je l'ai reçu hier à peine de la part d'un juif respectable et au visage splendide, et deux élèves de la Yéchiva peuvent venir témoigner l'avoir vu l'écrire et le signer », répondit-elle, comme pour s'excuser.

« Pourriez-vous le reconnaître si je vous en montre une photo ? », lui demanda le directeur.

« Naturellement, et je suis persuadée que les deux élèves le pourraient aussi », répondit la dame.

A ces mots, il fit signe à l'un des responsables de lui apporter la photo de son défunt père pour la montrer à la dame. Cette dernière répondit par l'affirmative sans une once d'hésitation, et le directeur la laissa encaisser le chèque.

Après son départ, le directeur expliqua aux témoins l'étrange événement qui avait eu lieu sous leurs yeux :

« L'homme qui a rédigé ce chèque n'est autre que mon père, qui a quitté ce monde il y a dix ans. Il m’est apparu en rêve justement cette nuit, et m’a dit :

"Sache bien que, depuis que tu t'es éloigné du droit chemin en épousant une non-juive, mon âme n'a pas pu trouver de repos. Un jour, une veuve s'est présentée à la Yéchiva pour offrir son soutien, en demandant en échange qu’on y dise régulièrement le Kaddich pour l'élévation de l'âme de ceux qui n'avaient personne pour le faire. Dès ce moment-là, grâce à sa générosité et au Kaddich qu'elle a permis, mon âme a pu trouver repos et sérénité. Demain matin, cette dame se présentera à ta banque avec un chèque que je lui ai remis pour qu'elle puisse couvrir les frais des mariages de ses deux filles."

A mon réveil ce matin, j'ai raconté mon rêve à mon épouse et elle en a ri. Mais quand cette dame m'a apporté le chèque, j'ai compris que ce rêve était vrai. »

Notre maître Rav Zonnenfeld a terminé l'histoire en disant :

« Les deux élèves, c'étaient mon ami Rav Yéhouda Greenwald et moi... »

L'homme revint sur le chemin de la Torah, son épouse se convertit conformément à la loi, et ils eurent le mérite de fonder un foyer juif et harmonieux.

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