Dans cet article, nous aborderons la notion de « libération », dans le sens où nous libérons le cœur de la négativité qu’il contient. J’aimerais vous présenter une méthode intéressante appelée « Ho’oponopono », initiée à Hawaï, et répandue essentiellement par le psychiatre Dr Ihaleakala Hew Len, qui soigna à l’aide de cette méthode un service psychiatrique entier, à distance…

L’histoire du psychiatre et sa méthode

Dr Ihaleakala Hew Len travailla trois ans dans l’hôpital psychiatrique de l’État d’Hawaï, dans un service dans lequel étaient hospitalisés des criminels psychologiquement atteints. Le travail y était difficile et dangereux, si bien que les psychologues et psychiatres venus y travailler démissionnaient peu de temps après. Le personnel s’absentait fréquemment pour des raisons diverses, alors que la véritable raison était la peur et l’angoisse. Sous la surface, une crainte permanente régnait que l’un des internés s’en prenne à eux à tout instant. Ce service psychiatrique, pour résumer, était en fait problématique. Il était difficile d’y effectuer ne serait-ce qu’une seule courte visite, donc y travailler régulièrement était un véritable calvaire.

Dr Hew Len commença à travailler avec des patients de ce centre effroyable, sans les avoir jamais rencontrés lors de consultations psychologiques ou de séances thérapeutiques ! Il étudiait leurs dossiers médicaux et en les consultant, il se soignait lui-même. C’est suite à cela que les patients commencèrent à guérir. L’histoire de ce psychiatre fut largement publiée du fait que quelques mois après avoir entrepris sa thérapie particulière, des résultats révolutionnaires furent obtenus, des patients qui étaient attachés, en raison de la menace encourue pour eux-mêmes et pour les autres, furent libérés de leurs camisoles et autorisés à circuler librement. D’autres patients à qui l’on avait prescrit avant la thérapie des quantités énormes de médicaments arrivèrent à un équilibre de faibles doses, après le traitement. Le paroxysme fut atteint lorsque les patients considérés comme inoffensifs furent libérés de l’hôpital ! 

Reconnaissons-le, cela semble étrange. On croirait à de la science-fiction. Ne voulant pas être crédule, j’ai creusé le sujet et j’ai découvert des points communs intéressants avec la tradition juive. De ce fait, cette méthode unique pourrait nous donner des outils importants pour progresser, pour nous construire nous-mêmes et notre prochain...

(Il m’est important de rappeler que je ne recommande aucune méthode, celle-ci ou une autre, étant donné les nombreux éléments halakhiques qu’il est nécessaire de clarifier. Quoi qu’il en soit, l’idée m’a plu. Elle peut, comme on l’a dit, proposer des outils importants pour la gestion des problèmes quotidiens. Je vous rapporte donc le principe de la méthode afin que vous décidiez si vous voulez vérifier ces informations…)

Nous convenons tous que l’homme doit prendre entière responsabilité de sa vie. Tout ce qui arrive autour de nous, tout ce que nous voyons, entendons et vivons, est de notre responsabilité. Nous en charger correctement est une part de notre vie, un devoir. Selon la méthode de Dr Hew Len, la responsabilité de l’homme est bien plus vaste. Votre femme ou votre mari, vos enfants, vos voisins, ou toute personne avec qui vous êtes en contact attendent que vous les guérissiez de leurs pathologies. Selon cette thérapie, leur problème n’est pas chez eux, mais chez vous ! Afin de les changer, vous devez changer vous-même ! La thérapie « Ho’oponopono » repose sur la construction de l’autre, mais par notre propre thérapie. Cela signifie que si nous voulons changer le monde, nous devrons nous-mêmes changer. (D'après Efess Mougbalot, Jo Vitali et Dr Ihaleakala Hew Len)

Changer soi-même pour changer le monde

Le Ba’al Chem Tov, fondateur du mouvement ‘hassidique, avait une vision intéressante du fonctionnement du monde : le monde fonctionne tel un miroir face à l’homme. Cela signifie que l’homme ne voit pas ses propres défauts. Souvent, il n’est pas conscient de ses manques, et même lorsqu’il l’est, il les réduit et justifie ses comportements. D’un autre côté, presque tout homme est doué dès qu’il s’agit de relever les défauts de l’autre. Le Ba’al Chem Tov apporte une nouveauté : lorsqu’il nous arrive d’entendre que quelqu’un a mal agi, ou de repérer un mauvais trait de caractère chez quelqu’un, sachez de façon certaine que vous êtes aussi concerné par le même trait de caractère ignoble. Sinon, vous n’auriez ni vu ni entendu ce défaut. Il se peut que le mauvais trait de caractère à l’intérieur de vous soit en proportion moindre que chez l’autre, mais ce n’est pas pour rien qu’Hachem vous a fait voir cela. Le fait d’avoir vu ou entendu quelque chose constitue un message à votre attention pour améliorer votre façon d’agir.

Par conséquent, le Ba’al Chem Tov dit en cela quelque chose de nouveau : la personne que vous avez vue changera peut-être en bien par le mérite du changement que vous opérerez en vous, car tous les membres du peuple d’Israël sont reliés les uns aux autres. Le Ba’al Chem Tov s’exprime en ces termes : «  Un homme totalement pur, sans défaut ni mauvais trait de caractère quelconque, ne peut voir de mal chez personne, ni entendre qu’un mal a été commis. En effet, Hachem ne le ferait ni témoin, ni auditeur d’un mauvais acte. C’est la raison pour laquelle lorsqu’un homme est spectateur d’un comportement négatif, ou auditeur d’un acte répressible, qu’il sache clairement qu’il a un soupçon de ce même comportement, ne serait-ce qu’une once du même problème. Hachem lui fait voir ou entendre cela afin qu’il corrige ce défaut et de la sorte, le responsable de l’acte changera également, car il dépend de lui.

C’est pourquoi l’homme ne doit pas dire de Lachon Hara' sur son prochain, même s’il l’a vu commettre une faute, ou s’il a entendu d’une personne fiable qu’il a commis une faute, car de même qu’il a vu ou entendu cela, de même il verra un peu de ce point en lui, qu’il lui incombe de réparer. Ainsi, l’homme en question s’améliorera également. » (Arvé Na’hal, au nom du Ba’al Chem Tov, Paracha Lèkh Lékha)

Vous avez entendu ou vu que quelqu’un a mal agi ? Ne vous empressez pas de le condamner ou de mal parler de lui. Pourquoi ? Premièrement, car il y a un interdit de médisance ! De plus, vous aussi avez des manques, similaires. Comment vous permettez vous donc de parler négativement ?! Si vous n’aviez pas de défaut comparable, Hachem ne vous aurait pas fait témoin de cela. Si vous avez vu ou entendu quelque chose, il y a en cela un signe à votre attention dans le but de changer ce point. Par le lien mutuel qui unit les êtres humains, ce même homme changera aussi. Donc le premier stade dans la thérapie de l’autre est la reconnaissance de notre propre responsabilité. L’homme doit se dire : « je suis responsable ! » Dire « je suis responsable » comporte un aspect positif, car si je fais partie du problème, je peux devenir une part de la solution. Selon le Ba'al Chem Tov, je peux provoquer un changement dans le monde, et ce, grâce à un changement personnel !  [...]

Une accouchée ou que D.ieu préserve… ? 

Concentrons-nous sur un point important supplémentaire : la réalité peut être interprétée de plusieurs façons, très différentes les unes des autres. Le regard de l’homme révèle le monde tel qu’il lui apparaît. On peut tirer une leçon capitale sur ce sujet à partir d’une petite histoire que l’on raconte sur l’Admour de Belz : L’Admour vivait à Tel-Aviv. Malheureusement, les voitures circulaient dans la ville même le Chabbath. Chaque fois qu’une voiture passait devant l’Admour, il disait : « Voici une femme qui se rend à l’hôpital pour accoucher. C’est une situation de vie ou de mort, et donc elle peut rouler en voiture Chabbath ». Et de suite après Chabbath, il se mettait à réciter un chapitre de Téhilim « Cantique des degrés. Je lève les yeux vers les montagnes… » Et ainsi de suite pour chaque voiture.

Ses élèves demandèrent avec une pointe d’humour : « Rav, il y a autant de femmes sur le point d’accoucher à Tel-Aviv ? » L’Admour ne fut pas impressionné de la claire insinuation et continua à accorder le bénéfice du doute aux « accouchées ». Un jour, en plein Chabbath, un camion de lait passa devant l’Admour et ses ‘Hassidim. L’Admour dit, comme à son habitude : « Oh, voici une future accouchée, que tout se passe bien », puis il récita le psaume « Chir Lama'alot 'Essa Énaï… » Certains osèrent dire : « Cela suffit ! Lorsqu’il s’agit d’une voiture d’un particulier, on peut encore trouver de quoi les excuser parce qu’elles pourraient transporter des femmes sur le point d’accoucher. Mais un camion de lait ?! »

Le Rav leur répondit  : «  Pourquoi pas ? Imaginez-vous que le mari de cette femme travaille chez Tnouva, qu’il n’a pas de voiture personnelle, et que toutes les ambulances de Maguen David Adom sont prises, alors il ne l’emmènera pas dans son camion ?! » Je ne sais pas si le Rav était sérieux, ou s’il fit une sorte de boutade, comme pour leur accorder du mérite. Quoi qu’il en soit, nous pouvons y voir ici l’essentiel, le monde est perçu selon l’interprétation de celui qui vit les événements, et non forcément selon une réalité classique, superficielle. Nos Sages affirment : « Tout celui qui disqualifie l’autre relève son propre défaut. » (Traité Kidouchin 70b) Tous les problèmes commencent en moi. [...]

Amer délicieux 

Si vous rencontrez une difficulté ou un problème, essayez de changer votre façon de voir les choses et d’opter pour une vision plus positive. Peut-être découvrirez-vous soudain qu’il n’y avait aucun problème objectif. D’après la méthode Ho’oponopono, guérir signifie en termes simples : l’homme s’aimera lui-même. Si vous voulez soigner une personne, même un criminel atteint psychologiquement, faites-le en vous soignant vous-même… 

L’homme exerce une influence sur son entourage. Non seulement ses actes influencent les autres êtres humains, mais sa position spirituelle aussi, invisible à l’œil nu, a un impact sur les personnes qui l’entourent. Lorsque l’on repère des points négatifs chez son ami, il faut savoir que ces points se trouvent sûrement également en nous. Si l’on fait un travail personnel de transformation du caractère et du comportement, les autres aussi seront impactés en bien, et changeront grâce à notre changement.

Si l’on veut procéder à un changement constructif chez autrui, il nous faut commencer par opérer un changement positif en nous-mêmes...