Il est intéressant de relever les bases exceptionnelles d’un calendrier fondé sur des évènements naturels comme le cours du soleil ou le cycle de la lune. Le soleil (organisation des saisons) et la lune (organisation des mois) sont à la source du calendrier de la Torah. Ainsi faut-il comprendre le fondement transcendant d’une structure universelle, très significative.
Le premier étage est le compte qui accompagne la durée du séjour d’Israël dans le désert, après la Révélation du Sinaï ; c’est le sens du chiffre 40. Moché Rabbénou était monté, pour la première fois, 40 jours recevoir les premières Tables de la Loi. Après ce premier étage, eut lieu la faute du Veau d’or, le 17 Tamouz. Après la faute, Moché Rabbénou est monté une seconde fois 40 jours pour obtenir le pardon de la faute. Ensuite, il est monté une troisième fois pour obtenir les Secondes Tables. Il est alors redescendu, à Yom Kippour, avec les Secondes Tables.
Deuxième occasion du chiffre : le séjour des explorateurs en Canaan a duré 40 jours. De ce fait, la durée du séjour du peuple depuis la Sortie d’Égypte jusqu’à l’entrée en Canaan fut de 40 ans.
Un deuxième exemple d’un chiffre qui accompagne le peuple d’Israël dans la Torah est le chiffre 7. Au-delà des 7 premiers jours de la Création, le chiffre 7 s’associe à la sortie d’Égypte. La fête de Pessa’h dure 7 jours, 7 semaines séparent la Sortie d’Égypte de la Révélation. Ainsi, 7 semaines de 7 jours séparent la naissance physique de la naissance spirituelle du peuple. Cela se confirme dans les 7 jours de la fête de Souccot qui traduit le maintien physique du peuple et annonce la Guéoula.
Deux chiffres, 40 et 7, jalonnent l’histoire du peuple et ne cessent de nous concerner. Les 40 jours de Roch 'Hodech Eloul à Yom Kippour nous invitent à une réflexion sur notre existence, et culminent à Roch Hachana et à Yom Kippour, date du dernier jour de la troisième période de 40 jours. Ce jour est aussi un jour de Révélation, et jusqu’à aujourd’hui, il symbolise le PARDON des fautes.
Ici, doivent converger les deux chiffres. Le chiffre 40 est la rencontre du multiple du chiffre qui annonce le nombre (2 x 2) et par là, symbolise la multiplicité du créé. Il est multiplié par le chiffre 10. C’est le chiffre de la Création (10 Maamarot – 10 expressions de la Création) et de la Révélation (10 paroles). Cette rencontre entre le 4 et le 10 est l’illustration du véhicule du créé. 40 est un chiffre d’effort d’élévation spirituelle, marquée par les obstacles de la matière, et donc inscrite dans la création. Ce sont les 40 jours de construction spirituelle de Moché (traduite finalement à Yom Kippour), malgré les obstacles matériels (faute du Veau d’or, faute des explorateurs). C’est la possibilité négative du véhicule, que l’on doit élever vers D.ieu.
Sept – on l’a déjà écrit ailleurs – même terme que « serment » (Chéva' et Chvoua) exprime une affirmation positive du créé. Cette rencontre entre le 4 et le 10 est comme une préparation à la « surnature » et une sorte de propédeutique au 50ème jour, jour où le Créateur s’est révélé à l’humanité.
Ainsi, 40 et 7 réalisent, accompagnent et préparent le cachet de la spiritualité que le calendrier annonce : la rencontre entre le cycle solaire et le cycle lunaire traduit cette spécificité du calendrier hébraïque et son exactitude face au calendrier civil ou islamique. Cette exactitude du matériel traduit la transcendance et Sa présence dans le quotidien. C’est la vraie clarté du monde matériel, véhicule de l’Esprit supérieur.





