Même lorsqu'un couple n'a pas de problème de chalom bayit, il est toujours possible d'améliorer celui-ci, pour obtenir un couple encore plus uni et heureux. 

Souvent, des hommes se plaignent que leur femme est trop proche de sa mère, ou que la belle-mère en question se mêle trop de leur vie de famille. 

Certains couples, au contraire, ont l'impression d'avoir été, depuis leur mariage, abandonnés par leur parents, et ils aimeraient que ceux-ci les guident par leurs conseils, et soient moins distants d'eux. 

Ce cours concerne les gens qui, au contraire, aimeraient que leur parents ou beaux-parents soient moins intrusifs dans leur vie de famille. 

Il peut arriver qu'un homme ou une femme soit particulièrement attaché à ses parents, et c'est d'ailleurs une mitsva pour un enfant d'honorer ses parents (la mitsva de kiboud av vaème). 

Cependant, pour honorer ses parents, on n'a pas besoin de déranger son conjoint. C'est-à-dire que si par exemple une femme a besoin de discuter avec son mari, celui-ci n'est pas obligé de passer des heures au téléphone avec sa mère lorsqu'il est à la maison. Il peut très bien, par exemple, l'appeler de son téléphone portable lorsqu'il est en voiture. 

Parfois, cependant, les parents prennent beaucoup trop de place dans le couple, au point que le mari et sa femme ne peuvent presque plus rien décider ensemble. Que l'un des deux a l'impression que pour chaque décision qu'il faut prendre, l'autre va aller demander à son père ou sa mère ce qu'il en pense, et revenir ensuite dire la réponse de ce dernier au lieu de dire sa propre réponse. 

Le roi Chelomo était l'homme le plus intelligent du monde. Dans son livre Chir Hachirim, il parle de la relation entre Hachem et les Béné Israël, en la comparant à celle entre un homme et sa femme. Et il dit qu'entre un homme et sa femme, il y a quatre sortes de relations : 

- une relation d'amis : dans un couple, il faut savoir passer de bons moments ensemble. Le mariage n'est pas qu'une série d'obligations. On ne se marie pas pour être tristes, mais parce que la personne avec laquelle on se marie est celle avec laquelle on veut passer le reste de notre vie ; celle qui est notre meilleure amie, et avec laquelle nous voulons tout partager. 

- une relation de couple : celle-ci n'existe qu'entre un homme et sa femme, et doit être encadrée par les lois de taharat hamichpa'ha (pureté familiale). 

- une relation enfant-parent : très souvent, un homme ou une femme a besoin d'être rassuré. D'une personne qui va l'aider, au lieu de le juger. Lorsqu'un enfant est petit, c'est généralement à ses parents qu'ils se confie ; mais lorsqu'il a grandi, il a besoin de retrouver cela chez sa femme ou son mari. 

- une relation parent-enfant : c'est la même relation que précédemment, sauf que celui qui avait le rôle de l'enfant a maintenant celui du parent : c'est lui qui rassure l'autre. 

Parfois, l'un des conjoints a besoin de se confier à l'autre, mais ce dernier ne prend pas le temps de l'écouter, sous prétexte qu'il est occupé. 

Si cela devient trop fréquent, il y a de très fortes chances que le conjoint qui a besoin de parler aille chez une personne qui saura l'écouter (et qui, souvent, est l'un de ses parents). 

Et la relation du couple ne sera plus : 
- ni une relation parent-enfant, ni une relation enfant-parent (puisqu'aucun membre du couple ne se confie à l'autre, puisque l'autre ne veut pas écouter) ; 
- ni une relation de meilleurs amis (car comment être meilleur ami avec une personne à laquelle on ne peut même pas parler ?). 

Elle sera seulement une relation homme-femme, et sera donc fortement endommagé, car l'homme ne considérera sa femme que comme la mère de ses enfants (ou elle ne le considérera que comme leur père). 

Lorsque, dans un couple, l'un trouve que l'autre passe trop de temps avec ses parents, au lieu de simplement le blâmer pour cela, ou considérer à tort que "tout est de sa faute", qu'il essaye de voir d'abord s'il a suffisamment été à son écoute. S'il a su être pas seulement son mari ou sa femme, mais aussi son ami (en partageant/profitant avec lui), son parent (en le rassurant et l'encourageant) et son enfant (en ayant l'humilité de se confier à lui lorsqu'il en a besoin). 

Lorsque l'un des conjoints est suffisamment écouté par l'autre, il n'a pas besoin d'être écouté trop longtemps par ses parents. 

Retranscrit par Léa Marciano