Les gens mariés ont parfois tendance à penser que leur conjoint est un bon à rien, et qu'ils ont donc toutes les raisons de divorcer. 
 
Le Steipeler (père de Rav Haïm Kaniewski) explique que chez les non-juifs, lorsqu'un homme et une femme se marient, ils essayent de faire leur vie ensemble, mais n'ont aucune garantie que cela marchera ; et si finalement cela ne marche pas, ils considéreront que ce mariage était une erreur. 
 
Chez nous, les Juifs, il n'en va pas de même : une fois que le mari et sa femme se sont mariés sous la houpa, nous devons avoir la émouna que cette union était voulue par Hachem ; et que, même si, par la suite, ce couple doit divorcer, cette union n'était pas une erreur de parcours. 
 
Il est tellement important de ne pas dire le Nom d'Hachem en vain que si nous ne savons plus si nous avons déjà fait telle ou telle berakha, nous n'avons pas le droit de la (re)faire dans le doute. Car nous risquerions alors de dire le Nom d'Hachem pour rien. 
 
Le jour du mariage, seize berakhot sont dites (neuf sous la houpa, et sept pendant la soirée). Le Nom d'Hachem est prononcé de nombreuses fois le jour du mariage et la semaine qui le suit (à l'occasion des Chéva Bérakhot). Or Hachem n'aurait pas laissé dire Son Nom autant de fois si ce mariage n'était pas certainement voulu par Lui. 
 
Le Steipeler fait aussi remarquer que lorsqu'un homme et une femme se sont mariés, aucun des deux n'a forcé l'autre à l'épouser. Chacun a choisi de se marier précisément avec cette personne parce qu'il lui a trouvé des qualités particulières. Comment peut-il donc dire, quelques années plus tard, "Mon conjoint est un bon à rien" ? Aurait-il oublié les qualités qu'il a aimées au départ ? 
 
Le Steipeler répond que très souvent, avant de se marier, on voudrait que la personne qu'on va épouser ait une qualité bien précise. Si nos parents se disputaient beaucoup par exemple, on va vouloir se marier avec une personne particulièrement douce, avec laquelle on n'aura pas ce genre de problème.  
 
Mais avec le temps, on oublie la raison pour laquelle on a voulu se marier, et on commence à comparer le mari aux autres maris, ou la femme aux autres femmes, et a trouver qu'effectivement, "il lui manque telle ou telle qualité". 
 
On commence à avoir de nouvelles exigences, de nouvelles envies, et on voudrait qu'elles soient toutes satisfaites... Et si le mari ou la femme se trouve en-dessous de ce seuil d'exigences (ce qui sera très probablement le cas, puisque personne au monde ne peut avoir toutes les qualités du monde...), on se met à être déçu, et parfois même à penser qu'il est un bon à rien...
 
Mais plus une personne sera traitée de bonne à rien, plus elle risquera de le devenir réellement... Car les critiques qui lui sont adressés l'empêcheront de trouver les forces nécessaires pour s'améliorer. 
 
A l'inverse, lorsqu'on voit les qualités d'une personne et qu'on l'encourage à les développer, on lui donne des forces pour y arriver.
 
Aucune personne au monde n'est bonne à rien. Hachem a forcément mis en chacun de nous des qualités. Celles-ci sont en nous, en potentiel ; et nous devons les exprimer à l'extérieur de nous, dans le réel. 
 
Pour y arriver, certaines personnes ont besoin de plus d'encouragement que d'autres... Mais plus on encouragera une personne à développer ses qualités (au lieu de la critiquer sur ses défauts), plus on l'aidera à donner le meilleur d'elle-même. 
 
Retranscrit par Léa Marciano