Quand un soir mon mari à la fin du repas m'a dit: "C'est incroyable ce que tu râles en ce moment", je suis restée sans voix. 
 
Je venais de terminer le déménagement de notre appartement, faire toutes les courses de Pessa'h, le ménage tout en m'occupant des enfants et ce qu'il retenait était mes grognements. 

Quelques heures plus tard, je reçois une image de Torah-Box où l’on aperçoit un homme plâtré de la tête aux pieds avec la mention suivante : « Ma femme avait fini le ménage de Pessa’h et je suis rentré avec des biscottes. Voilà docteur, ce sont mes seuls souvenirs ».

Comme un réflexe, je clique sur "transférer" pour l'envoyer à mon mari et lui montrer qu'apparemment, à l'approche de Pessa’h, je ne suis pas la seule dans ce cas-là. Puis j'ai cliqué sur annuler.

A travers l'humour, cette photo nous signalait : attention mesdames ! Après réflexion, je me suis demandée : « Nos maris nous voient-ils à ce point comme de vieilles acariâtres pour diffuser une image pareille ? Si mon époux ou les autres pensent une telle chose, c'est que nous sommes définitivement passées à côté de la Mitsva ! Alors que nous, les femmes, donnons toutes notre énergie pour que la maison soit prête pour les fêtes, que les enfants et notre mari se sentent bien, nos plaintes répétitives enlèvent tout notre mérite.

« Maintenant, je comprends pourquoi le Maître du monde nous dit qu'une Mitsva accomplie sans joie n'en est pas une ! »
J'avais tout faux.

Pour prendre conscience de l'étendue du problème, je prends la décision de mettre 10 centimes dans un verre après chaque grognement. Le lendemain, fière de ma nouvelle résolution, je me sens d'attaque pour ne plus râler, mais très vite, je comprends que le Yétser Hara a décidé de me faire trébucher : en jouant au football, mon aîné casse une lampe. Il y a du verre partout, et je grogne 5 fois d’affilée…

Un peu plus tard, en voulant m'aider pour le ménage, mon fils de 4 ans aspire le ‘Hamets de sa chambre en même temps que sa petite voiture. L'aspirateur tombe en panne, et me voilà de nouveau à rouspéter. Des scènes similaires se reproduisent ainsi toute la journée, et mon verre se remplit…

Lors du dîner, me voyant déçue du résultat, mon mari me fait un Dvar Torah sur la sortie d'Egypte : « Que signifie être libre pour nous qui ne sommes plus esclaves aujourd'hui ? Lutter contre son Yétser Hara. Celui qui combat son Yétser Hara et qui accepte les épreuves qu’Hachem lui envoie avec joie est un homme libre ».

Revigorée par ses paroles de ‘Hizouk, je décide de continuer à me battre ; au fur et à mesure des jours, le nombre de pièces dans le verre diminue. Pour réussir, j'ai transformé mes pensées négatives en pensées positives. Au lieu de constater les dégâts, j'ai complimenté mes enfants à chaque fois qu'ils ont pris le balai pour m'aider, tout en prenant soin de mettre en avant chacune de leurs bonnes Middot. A la place de me plaindre d’être constamment de corvée auprès de mon mari, je l'ai remercié de travailler si dur pour sa famille.

Le résultat a été sans appel. Du jour au lendemain, l'atmosphère à la maison s'est détendue. A table et devant les enfants, mon mari m'a complimentée sur tout le travail fourni ; il leur a rappelé la chance qu'ils avaient d'avoir une maman si dévouée. Pour me soulager, chacun a mis du sien pour participer aux préparatifs de Pessa’h. Baroukh Hachem, ensemble, nous avons tout terminé.

A quelques jours de la fête, le cœur léger, j'attends le Séder avec impatience afin de remercier Hachem de m’avoir fait sortir d’Egypte.