Une émission populaire française se terminait par une scène bien connue : les participants disposaient d’un temps limité dans la salle au trésor pour amasser le plus de pièces possible. Une fois le temps écoulé, venait le moment de compter les pièces d’or récoltées. Quel était le point commun entre toutes les émissions, tous les participants ? Personne, absolument personne, ne perdait son temps dans la salle au trésor. En réalité, si l’on y réfléchit bien, il devrait en être de même pour nous sur cette terre. C’est précisément ce secret d’une vie réussie que nous livre le Or’hot Tsadikim. Essayons de comprendre…

Vous allez sûrement penser : oui, c’est un cliché de dire que dans ce monde il faut amasser le plus de Mitsvot possible… mais concrètement, ce n’est pas si simple. Et puis au fond, c’est réservé aux très religieux. Eh bien, figurez-vous que pas du tout !

Le Or’hot Tsadikim compare la vie d’un homme à l’ombre du vol d’un oiseau qui passe. Cela signifie que la vie défile à une vitesse folle, à tel point que l’on a à peine le temps de s’en rendre compte. Il suffit de faire un petit tour dans les souvenirs photos de notre téléphone pour en être convaincu. Nous avons tous ce même ressenti : « Oh là là, comme ils ont grandi… Oh là là, comme j’ai vieilli… Le temps est passé si vite. ». Faire ce constat n’a pas pour but de nous enfermer dans une fatalité. Au contraire. Cette conscience du temps qui passe doit nous réveiller, nous éveiller à la Téchouva (repentir, retour vers D.ieu), et surtout nous faire réaliser la valeur inestimable du temps.

Chaque seconde, chaque minute de notre vie doit être exploitée au maximum.

Lorsque l’on prend conscience de cette valeur du temps, on vit de manière beaucoup plus intense. On croque la vie. Fini l’ennui, fini le scroll, finies les occupations inutiles. On cherche à exploiter pleinement son potentiel !

Oui, mais me direz-vous, c’est aussi agréable de se détendre. La Torah en a pleinement conscience puisqu’elle décrit ainsi la vie de l’homme : « Le jour est court, le travail est abondant, les ouvriers sont paresseux, la récompense est grande et le Maître de la maison presse » [1] . L’homme, naturellement, cherche à éviter l’effort. La preuve en est tout ce qu’il a inventé pour se faciliter la tâche et travailler moins : les machines en tout genre, ChatGPT, et bien d’autres encore.

La Torah ne demande pas de ne jamais se détendre. Elle demande que la détente ait un but précis. Je pars en vacances pour me ressourcer, afin d’être ensuite en forme pour accomplir mon travail, m’occuper de mes enfants, assumer mes responsabilités.

Sachons mettre à profit le temps qu’Hachem nous accorde. C’est un véritable contrat de confiance. Chaque minute qui passe, c’est comme si Hachem nous disait : « Je te renouvelle le contrat. À toi de prouver que tu en es digne. »

Alors concrètement, comment optimiser son temps ? Commencez par identifier vos mauvaises habitudes. Si vous savez que, systématiquement, en vous posant sur le canapé avec votre smartphone à 21h, vous êtes partie pour trois heures de scroll, alors ne vous asseyez plus sur le canapé avec votre smartphone. Ou bien supprimez les applications qui vous font perdre votre temps. Interrogez-vous aussi sur vos objectifs dans la vie. Fixez-vous des échéances, des limites de temps pour les atteindre.

Il n’y a rien de plus satisfaisant que la sensation d’une journée remplie. Il y a quelques années, je me demandais pourquoi les gens de notre génération semblaient plus dépressifs que celle de nos grands-parents. L’une des raisons possibles est simple : nos grands-parents n’avaient pas le temps d’être dépressifs. Ils n’avaient pas le loisir de s’analyser ou de ruminer de faux problèmes. Ils étaient occupés, engagés dans une vie active, parfois éreintante, mais ô combien remplie.

Sachons, nous aussi, mettre à profit le temps qu’Hachem nous accorde, et ayons conscience qu’à 120 ans, nous serons heureuses de récolter les fruits de tout cet investissement…

 

[1] Pirké Avot 2:15

Sources : “Cha'ar Hatéchouva” (Or’hot Tsadikim) et les enseignements de Rabbi David Pinto et Mme ‘Hanna Béhar