Je voudrais vous raconter mon histoire. Les faits sont véridiques et sont survenus il y a 1 an et demi, alors que j’étais au tout début de ma 5ème grossesse. Mon récit vient surtout souligner l’impact inimaginable de nos actes, et le fait qu'il ne faille jamais désespérer, car D.ieu veut notre bien. A nous de tenir bon et de savoir qu'Il est là, derrière les événements de notre vie, même s'ils semblent à priori dramatiques...

J’ai 39 ans, mariée depuis 17 ans, j'ai 4 enfants, 5 ans d’Alyah et aucun problème de santé particulier... Jusque là, tout va bien.

Puis, un beau matin, enceinte de 10 semaines, je me réveille, mais... Eh bien non, ce matin-là n’est pas le même pour moi. Tout d’abord, je prononce un « Modé Ani » embrouillé, aucun mot ne s’enchaine l’un après l’autre... Bizarre, je suis peut-être fatiguée, mais n'oublions pas que je suis au début d'une grossesse, normal.

Je me rends à la salle de bain, impossible d’ouvrir le robinet avec ma main, j’essaie d’attraper ma brosse à dents, elle tombe... Ma main bouge, mais je n’arrive pas à serrer mes doigts, je dois être fatiguée, il est 5h30, trop tôt, je retourne me coucher.

Mais en fermant les yeux, je me sens m’enfoncer dans le lit, je vois trouble, j’essaie d’alerter mon mari… mais impossible, aucun son ne sort de ma bouche (moi qui parle tout le temps à tort et à travers, qui crie sur mes enfants pour tout et pour rien et peut-être parfois aussi, à ma honte, pour dire du Lachone Hara’ - médisance...), je sens qu’il se passe quelque chose de bizarre avec moi ce matin-là...

Mon mari aussi le sent. J’essaie de parler, mais il ne sort que des syllabes, des sons, rien de compréhensible...

Il comprend de suite l’urgence et appelle Magen David Adom. Les secours arrivent très rapidement, puis m’emmènent à l’hôpital le plus proche. Entre temps, Baroukh Hachem, je retrouve l’usage de la parole et de ma main.

On me place aux urgences, je passe des examens, dont un IRM. Suite aux résultats, le médecin m’annonce en des termes que je ne connaissais pas en hébreu, que j’ai eu une attaque cérébrale, un AVC...

Quoi ?! Ma tête ?! J’ai un souci à la tête ??

A cet instant précis, je me pose cette question : « Qu’est-ce qu’Hachem veut me faire comprendre ? »

La première décision que je prends est de me couvrir la tête. Cela me semble évident. 

A la vérité, j'y pensais depuis longtemps, mais je n’arrivais pas à me décider auparavant; comment cacher mes cheveux, ce signe de féminité. C'est si difficile de prendre une telle décision.

S’en suivent de nombreux examens pour moi et, bien sûr, pour le bébé. On fait une échographie, son coeur bat Baroukh Hachem, il parait qu’il va bien. On me demande de voir le gynécologue. Ce médecin m’annonce très clairement qu’à tout moment, je peux refaire un autre AVC, aujourd’hui, demain, ou dans un mois... et qu’il pourrait être nettement plus sérieux que le précédent.

Ma vie est en danger !

On me demande explicitement d’interrompre ma grossesse le plus rapidement possible. Leurs arguments sont clairs, j’ai déjà d’autres enfants et presque 40 ans, ce n’est pas comme si c’était mon premier. En les écoutant, j'ai l'impression de vivre un cauchemar, de rentrer dans un tunnel sans issue. Il faut choisir : moi ou le bébé. Mais est-ce un choix ? Ce petit coeur qui bat en moi, qui fait à peine quelques millimètres, c'est déjà une vie qui commence ! Ils me demandent de tuer mon bébé ?!

Je suis à la torture… un étau me serre.

Le corps médical insiste : ils décrètent que je dois arrêter cette grossesse rapidement. De mon côté, après avoir fait tous les autres examens qui étaient satisfaisants, je veux quitter l’hôpital, j’étouffe...

Je cherche à recevoir des bénédictions, je prie Hachem pour qu’Il me guide vers le meilleur chemin, j’ai besoin d’un miracle.

Je prie, je pleure, je supplie Hachem de m’aider... J’ai peur !

Je demande l’avis de plusieurs médecins, aucun ne se prononce vraiment. 

Je demande l’avis d’un Rav médical qui me recommande d’aller voir un gynécologue, Docteur Dov Fieldberg. Il décide de me recevoir dès le lendemain (plutôt rare en Israël d’avoir des rendez-vous si rapidement), m’écoute attentivement et, assez rapidement, nous allons avec lui à l’hôpital Bellinson. Nous sommes quelques jours avant Pessa’h, et, sur la route, j’ouvre ma boîte mail et décide de faire un don pour les paniers de Pessa’h.

A notre arrivée, mon dossier est analysé avec la plus grande attention par le chef de service gynécologique, qui conclut en me disant que mon cas est très sérieux, mais qu’ils ont déjà traité des grossesses semblables et qu’ils savent exactement ce qui devra être surveillé attentivement.

Il accepte de me suivre en grossesse à haut risque.

Je respire mieux et sors de ce rendez-vous le coeur plus léger. A ce moment, je consulte mon téléphone : j’avais reçu un sms suite au don que je venais de faire : 

« Merci pour votre don. "Celui qui se préoccupe des autres, Hachem s'occupera de lui directement". Avec toute notre reconnaissance. »

Pour la suite de la grossesse, je passe de rendez-vous en rendez-vous, d’échographie en échographie; certains rendez-vous à la Koupat ‘Holim (centre médical) avaient des délais de plus de 6 mois, spécialement celle pour faire une échographie du coeur du bébé, et tout cela sous un lourd traitement d'anticoagulant et du diabète gestationnel.

Je passe cette période avec beaucoup d’angoisses et de peurs, mais également avec beaucoup de Emouna (foi en D.ieu) et de prières.

La fête de Souccot approche, et, pour moi, le moment d’accoucher. Ce jour auquel j’ai tellement pensé... La surprise de savoir si c'est une fille, un garçon...

Et enfin, le miracle de la vie se produit ! Il est là, mon bébé, sur mon ventre, je l’entends pleurer, crier, je le touche, je le respire.

On va l’appeler ‘Haï, qui signifie “vivant” en hébreu...

Merci Hachem pour ce merveilleux cadeau, merci pour cette épreuve qui m’a fait sortir plus forte et qui m’a permis de renforcer ma Emouna !

Je nous souhaite à toutes d'avoir toujours la force, la santé et la patience de nous occuper de nos enfants et de nos foyers.

Souvenez-vous juste que « Rien n’est normal » et qu’il est de notre devoir de remercier Hachem à tout moment et pour chaque chose…

Témoignage reçu de Mme Vanessa Sarah B.

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