Oui, c’est fatigant parfois. Oui, parfois les décibels vous montent à la tête. Et le regard des autres peut être pesant, surtout quand ils affichent des mines excédées face à l’agitation infantile (comme s’ils n’avaient jamais eux même été enfants ou parents..), semblant vous plaindre tout en comptant les petites têtes qui vous suivent. Vous voyez de quoi je parle ? Être mère de plusieurs enfants en 2025… et en vacances.

La semaine dernière, j’ai lu un article qui expliquait que la société moderne tolère de moins en moins les enfants. Honnêtement, je ne suis pas vraiment surprise. On nous vend les enfants comme des fardeaux, une charge budgétaire supplémentaire : « Attends, je ne vais pas faire un autre enfant, comment veux-tu que je l’éduque ? Je n’arrive déjà pas à gérer avec un, alors en ajouter un autre sur le dos ? »

Ces petites phrases, répétées par de plus en plus de personnes, finissent par faire écho, se banalisent, et petit à petit, on en vient à considérer l’enfant comme une charge insoutenable.

Forcément… dans un monde qui croit tout contrôler, l’enfant, par nature incontrôlable, dérange : il bouge, il n’obéit pas immédiatement, il surprend. Alors, on préfère le reléguer au second plan : devant un écran, ou dans un kids club de 8h à 20h (Bien sûr que les parents ont besoin de souffler, et heureusement que ces structures existent. Le problème, c’est quand cela devient systématique et sans réelle nécessité).

Cette vision, excusez-moi le terme, est de plus en plus égoïste. Et ce même égoïsme, les enfants le renverront un jour à leurs parents, quand les rôles s’inverseront. Les visites aux parents âgés deviendront alors une bonne action à caser rapidement dans un emploi du temps hebdomadaire, ou même bimensuel.

Bref… si mes mots sont un peu durs aujourd’hui, c’est parce qu’à force de diaboliser les enfants (présentés d’ailleurs comme en « crise de pré-ado » dès 3 ans), de répéter que c’est difficile, on finit par décourager les futurs parents de se lancer dans la fabuleuse aventure de la parentalité. On transforme certains parents en adultes aigris, n’ayant qu’une hâte : que leurs enfants aillent dormir vite, mangent vite, sortent vite, fassent vite leurs devoirs…

Alors que pour nous (dans le judaïsme), la parentalité, c’est sacré. C’est une Mitsva. Avoir des enfants, c’est la toute première Mitsva que la Torah nous enjoint [1]. Et Hachem n’exige jamais de nous des choses insurmontables — soyez-en sûrs. La parentalité est une véritable consécration. Le mot ’Hinoukh (éducation) vient de la racine « inaugurer » : éduquer un enfant, c’est se construire soi-même, c’est inaugurer une nouvelle personne en plus de construire son enfant. On y travaille ses traits de caractère : la patience, l’empathie, la résilience, la confiance en D.ieu… et la liste est encore longue.

Et pour les sceptiques, concernant la capacité financière à accueillir un enfant de plus, rappelez-vous que chaque enfant amène sa bénédiction. 

Oui, c’est difficile, mais comme tout travail, les résultats exigent des efforts. Et quand on apprend à aimer ce travail, à le savourer, quand on prend conscience qu’on est en train de bâtir pour nos enfants des souvenirs pour la vie, alors on essaie de garder un sourire, même épuisé.

Le sommeil, ça se rattrape. Les moments dont on a pas profité en famille, c’est plus compliqué.

Alors profitons de nos enfants, même si les avoir H24 en vacances est un vrai défi. Tout a une fin — comme le dit le Or’hot Tsadikim [2], les bonnes choses comme les mauvaises choses. Et imaginez votre satisfaction, à 60 ans, quand vos enfants et petits-enfants seront réunis autour de votre table. Cela vaut bien quelques décibels difficiles à supporter.

[1] Genèse 1:28

[2] Or’hot Tsadikim, Chaar HaSim’ha