“Qu’elles sont belles tes tentes, ô Ya’akov ! Tes demeures, ô Israël !” (chap. 24, verset 2). En observant le peuple d'Israël, Bil’am mérita que la présence divine s'emparât de lui. Qu'a-t-il vu de si spécial ? Eh bien, ce mécréant, en posant ses yeux sur Israël, a discerné sa qualité suprême, celle qui le distingue des autres peuples : la pudeurRachi nous dit : “Il a vu que les tribus ne se mélangeaient pas, que les ouvertures des tentes n'étaient pas dirigées les unes en face des autres, pour que personne ne puisse voir ce qui se passe chez le voisin !”.

La sainteté qui découlait de l'intimité préservée au sein de chaque famille a eu une influence considérable sur Bil’am : son intention originelle de maudire les enfants d'Israël fut tout d'un coup transformée en volonté de les bénir.

Eh oui, c'est la force de la Tsni'out !

Cette qualité se fait de plus en plus rare, bafouée par la mode, le culte du corps et les médias qui prônent la beauté physique et exposent la vie personnelle des gens au grand public, détruisant ainsi l’intimité, l’intériorité et le noyau familial.

“La Brakha se trouve dans ce qui est caché !” (Traité Ta’anit 8, 72)

Le prélèvement de la ‘Halla est l'une des 3 Mitsvot qui ont été données à la femme pour réparer la faute de ‘Hava. Cette Mitsva a le pouvoir d'amener beaucoup de bénédictions à la maison, de protéger les membres de la famille et d'ouvrir des portes qui étaient fermées depuis longtemps : le Zivoug, une bonne Parnassa, la fécondité… 

Après avoir pétri la pâte (sans oublier l'essentiel : prier pour chacun du plus profond de notre cœur), nous ne commençons pas directement à former les ‘Hallot. Il y a une étape essentielle pour obtenir un bon résultat, celle de recouvrir la pâte et de la laisser reposer.

Le processus de montée de la pâte se fait discrètement, sous la couverture ou sous la serviette et personne ne s'en rend compte. Et comme par miracle, voilà que celle-ci double ou triple de volume ! Incroyable ! C'est de la véritable magie ! 

Il en est de même dans notre vie. Si nous voulons voir nos biens fructifier, notre relation avec notre mari s'améliorer et nos liens se resserrer, la première des choses à faire est de préserver notre vie privée des regards étrangers.

Saviez-vous qu'il y a 9 situations dans lesquelles les relations entre un homme et sa femme sont interdites, parce que le couple n'a pas à ce moment-là de pures intentions !? Si la femme conçoit à ce moment un enfant, il est appelé rebelle contre Hachem !

Une de ces 9 situations est celle où l'homme pense à une autre femme ou la femme pense à un autre homme. En d'autres termes, il ne sont pas unis dans leurs pensées, le corps est là mais le cœur ne l'est pas ! Et cela fait fuire la présence divine qui est censée être présente entre les conjoints dans ces moments les plus intimes, parce qu'elle ne peut résider que là où il y a l'unité.

On pourrait comparer la relation dans le couple à un tuyau qui relie la femme à son époux et dans ce tuyau, passe de la lumière. Si le tuyau est troué, cette lumière s'échappera et fera place à l'obscurité. Mais si l’on fait attention à préserver ce tuyau en le protégeant (on le rangera dans un endroit caché auquel personne ne pourra accéder), alors on profitera pleinement de cette lumière si apaisante.

Nager à contre-courant !

Nous vivons dans une génération où toutes les limites ont été dépassées, où les valeurs morales ont été remplacées par une liberté malsaine, rendant tout rapport légitime, même s'il est hors mariage.

L'alliance du mariage est une alliance de fidélité, au sein de laquelle les conjoints se doivent de s'aimer inconditionnellement et de se respecter en toutes circonstances. Ce travail de don de soi exige de focaliser ses pensées uniquement sur son conjoint.

Il est raconté au sujet du Steïpeler Hakadoch, Rabbi Ya'akov Kanievsky, qu'une fois, alors qu’il rentrait d'un cours avec ses élèves, il demanda au conducteur de s'arrêter sur la route. Il descendit de la voiture, se dirigea vers un magasin éclairé et remonta dans le véhicule avec un petit paquet en main.

Les élèves, curieux de savoir ce que contenait le paquet, le questionnèrent : “Rav, qu'y avait-il de tellement urgent au point d’interrompre le voyage ? Eh bien, j'ai été acheter un peigne pour ma femme pour qu'elle sache que je pense à elle, même quand je suis loin d’elle !” 

Quelle leçon de morale ! Qui aurait pu croire que Rav Ya’akov Kanievsky, ce géant de la Torah, accorderait du temps et de la réflexion pour sa femme à un moment où il est investi dans l'étude avec ses élèves ?! Justement, là est sa grandeur ! L'idée que derrière un grand homme, se trouve une grande femme ne le quittait pas.

La première des conditions pour ressembler à ce couple exemplaire est de construire une muraille autour de nous, une muraille qui nous protégera des dangers extérieurs et qui nous permettra de renforcer notre intimité.

Cette muraille, ce sont les limites que nous nous imposons, les règles de vie que nous choisissons de suivre.

Une femme juive ne peut en aucun cas développer des discussions avec un homme qui n'est pas le sien, elle est réservée à son mari ! Que ce soit notre patron, ou un ami d'enfance, il est impératif de maintenir une distance bien explicite, parce que le Yetser Hara’ (les forces du mal) sait exactement comment nous faire tomber.

Même les grands Justes sont susceptibles de chuter, comme il est écrit : “Ne crois pas en toi jusqu'à ta mort !” ( Maximes des Pères).  Nul n'est à l'abri ! Prenons nos précautions et demandons à Hachem de nous protéger !

Chabbath Chalom à toutes !