Le mois de Sivan est celui du don de la Torah, le mois de la fête de Chavou’ot. Il ne s’agit pas d’une simple commémoration d’un événement survenu il y a plus de 3300 ans. Chaque année, le jour de Chavou’ot, nous recevons à nouveau la Torah, nous réaffirmons le fameux « Na’assé Vénichma’ » qui nous vaut tant d’amour et de privilèges de la part de Hachem.
Chaque année, nous avons à nouveau le mérite de recevoir la Torah, l’abondance que Hachem fit descendre dans le monde à cette date. Chaque année, Hachem fait redescendre ce trésor qu’est la Torah et Il la « distribue » aux Bné Israël, en fonction de leur préparation, en fonction de leur désir, de leur motivation, de leur aspiration à la Torah.
Notre part, en tant que femmes, dans l’étude de la Torah
Rabbi Chim’on Bar Yo'haï affirme que pour bénéficier de Té'hiyat Hamétim (résurrection des morts), il faut un lien avec la Torah. Il écrit : « Comme je me désole des gens qui passent leur vie sur terre sans aucun lien avec la Torah et qui n’auront pas droit à la résurrection des morts ! »
Chaque Juif, chaque Juive, peu importe son niveau de pratique religieuse – pour bénéficier de la Té'hiyat Hamétim, doit entretenir un lien quelconque avec la Torah. Pour une femme, cela peut se concrétiser à travers son mari, son fils, son gendre qui étudie la Torah, ou par un soutien financier à une institution de Torah ou un Avrekh qui étudie la Torah.
La rosée de la Torah
De ce lien avec la Torah, une rosée se forme et c’est avec elle que Hachem ressuscitera les morts.
כי טל אורות טליך – Ta rosée (la Torah) est une rosée de lumière. Tout comme la rosée permet aux plantes de revivre, de se renouveler, la Torah permettra aux hommes de revivre, lors de la résurrection des morts.
Certaines personnes font énormément de 'Hessed, enrichissent le monde par leurs découvertes, etc. Mais sans lien avec la Torah, même leurs bonnes actions ne les aideront pas à revivre. Lors de Té'hiyat Hamétim, il n’y aura pas de « piston ». Seul le lien avec la Torah crée cette rosée nécessaire à la résurrection des morts.
On raconte que Rav El'hanan Wassermann voyagea aux États-Unis afin de récolter des fonds pour sa Yéchiva. Il se rendit chez un ami d’enfance, richissime, qui s’était éloigné du chemin de la Torah. Après les retrouvailles et embrassades des deux amis, le riche demanda au Rav le but de sa visite. Le riche américain avait un commerce de textile et Rav El'hanan lui demanda quelques boutons. « Quoi ?! Tu as vraiment entrepris tout ce voyage depuis Baranowitz pour des boutons ?! Allons, dis la vérité !
- Oui, je voudrais vraiment que tu me vendes quelques boutons.
- Vraiment ??
- Mon ami, tu sais bien que l’on ne fait pas Baranowitz-New York pour des boutons. On ne fait pas un si long voyage pour si peu, en effet. Ta Néchama est venue depuis le Kissé Hakavod (le Trône céleste, situé au-dessus des 7 cieux, sachant que chaque couche de ciel est séparée de sa voisine de 500 Parsaot, soit près de 2000 km) ! Crois-tu vraiment que l’objectif de ton voyage était de vendre des boutons ? D’ouvrir une mercerie ? C’est impossible, comprends-le bien !
- Alors, que veux-tu au juste ? Quel est le but de ton voyage ?
- Je dirige une Yéchiva avec de nombreux élèves et l’institution traverse une période difficile. Je suis venu te donner l’occasion de te lier à la Torah, parce que ta Néchama est descendue du Ciel pour avoir un lien avec la Torah et ainsi, mériter la Té'hiyat Hamétim. »
Le riche se mit à pleurer et fit un don généreux.
Le Saba de Kelm affirme qu’il valait la peine que Hachem crée le monde et le maintienne pendant 6000 ans et renouvelle avec miséricorde la nature chaque jour pour qu’un Juif déclare une fois « Baroukh Hou Oubaroukh Chémo » ! Or, 1000 déclarations de « Baroukh Hou Oubaroukh Chémo » valent autant qu’un seul « Amen » et 1000 « Amen » valent autant qu’un « Amen Yéhé Chéma Raba » (réponse au Kaddich). Enfin, 1000 « Amen Yéhé Chéma Raba » valent autant qu’un seul mot de Torah étudié par un Juif !! Quelle puissance !!
Quand la Torah passe par les femmes
Cette Torah étudiée par les Juifs, qui vaut toute la Création et qui la maintient au jour le jour, ne fut pas donnée directement aux Bné Israël. Avant le don de la Torah au mont Sinaï, Hachem demanda à Moché Rabbénou d’organiser le plus grand rassemblement féminin de l’Histoire ! « כה תאמר לבית יעקב ותגד לבני ישראל – Ainsi tu parleras à la maison de Ya’akov (les femmes) et tu t’adresseras aux Bné Israël (les hommes) ». Hachem savait que si la Torah passait d’abord par les femmes, elle se perpétuerait au sein du peuple juif. Si les femmes savent ce qu’est la Torah, si elles savent valoriser l’Étude, elles feront tout pour la Torah, elles seront même capables d’en faire plus que les hommes ! Donc avant de parler aux hommes, il fallait parler aux femmes.
La force de la femme consiste, entre autres, à allumer la lueur de la Torah chez son mari, chez ses enfants. C’est d’ailleurs l’effet qu’a l’une des 3 Mitsvot qui lui furent données. Depuis que 'Hava a éteint la lumière spirituelle de l’homme, nous avons l’obligation d’allumer, de raviver la lumière spirituelle du monde – tant à travers l’allumage des bougies de Chabbath (c’est un moment propice pour prier en faveur de la motivation et de l’aspiration à s’élever spirituellement) qu’à travers la Torah du mari et des enfants.
Même si son mari étudie peu, même si l’enfant étudie peu, l’épouse (et/ou la mère) peut, grâce à son enthousiasme et son entrain, grâce à sa volonté de le laisser exploiter cet instant au maximum, se sentir heureuse de ce lien avec la Torah et tout faire pour que ce moment d’étude soit maintenu coûte que coûte, que l’ambiance de la maison tourne autour de ce moment privilégié de Torah, etc.
Le tuyau de la bénédiction
Pour mériter la Torah, pour revivre cet instant magique du don de la Torah et bénéficier de toutes les Brakhot envoyées par Hachem en ce jour si spécial, il faut une volonté, une aspiration à la Torah. D’ailleurs, le mot « Ratson – volonté » et le mot « Tsinor – tuyau » sont composés des mêmes lettres, en hébreu. C’est le désir, la soif pour la Torah qui ouvre la voie et constitue le conduit pour la Torah et toutes les bénédictions.
Baroukh Hachem, de nos jours, il y a énormément de Torah disponible pour les femmes, même en restant chez soi. Cela nous remplit, cela nous permet de vivre cette Torah, d’emplir notre foyer de cette atmosphère. Quand le « tuyau » est propre et qu’il fait couler de la Torah et un désir ardent de se rapprocher de Hachem, cela inonde la maison de Torah, même si le mari n’en fait pas autant que nous aurions espéré.
Je vous souhaite une excellente fête de Chavou’ot, un mois plein de Torah, de Brakhot et d’aspiration spirituelles comblées !





