Le tout dernier prix Nobel de la paix, annoncé le 9 octobre 2026, a été attribué à une femme sud-africaine, Navi Pillay. Pour quelle action a-t-elle reçu ce prix ? « Pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international, notamment pour son rôle dans la poursuite des crimes de guerre et des génocides. » Le ministère israélien des Affaires étrangères a vivement critiqué cette distinction, car cette personnalité, à la tête d’une commission d’enquête de l’ONU, avait accusé Israël d’avoir commis un génocide à Gaza.
Aujourd’hui, la voie la plus directe pour recevoir honneurs et applaudissements en Occident semble être d’associer les termes « apartheid » et « génocide » à Israël. L’Europe, au bord de l'extinction, ne trouve rien d’autre, dans ses derniers soubresauts, que de pointer un doigt accusateur vers l’État hébreu et de le dénigrer, à l’image de son ancêtre ‘Essav. C’est pourquoi cette attribution n’a pas vraiment été une surprise.
En revanche, il est plus difficile de comprendre la position de certaines personnalités sud-africaines, comme Navi Pillay, qui s’en prennent dernièrement à Israël avec virulence. Le gouvernement sud-africain, avec une délégation comprenant son chef de l’État, Cyril Ramaphosa, a lui aussi dénoncé les agissements de Tsahal envers les Gazaouis devant la Cour internationale de Justice, qui siège à La Haye. Rappelons également que Nelson Mandela avait déclaré, après la fin de l’apartheid dans son pays, que la liberté des Sud-Africains resterait incomplète tant que les Palestiniens ne seraient pas libres !
Mais comment peut-on parler d’apartheid concernant les Arabes vivant en Israël, alors qu’il n’existe, à leur égard, ni ségrégation institutionnalisée, ni restriction générale de circulation, ni privation de droits politiques ? Chaque citoyen dispose des mêmes droits, quelle que soit son origine ou sa religion. Comment des personnes ayant elles-mêmes souffert de l’apartheid peuvent-elles accuser Israël sans fondement ? Vraiment étonnant !
L’explication de ce phénomène pourrait être celle que nous allons exposer. L’intérêt de cette réflexion ne sera pas seulement de nous aider à comprendre une telle attitude, mais aussi, et surtout, de nous amener à nous interroger sur nous-mêmes.
Il faut savoir que l’Afrique du Sud, depuis la fin de l’apartheid en 1994, connaît de graves difficultés de gouvernance, notamment en matière d’emploi, de sécurité et de qualité des services publics. Malgré ses atouts considérables et ses importantes ressources minières, un tiers de ses habitants sont au chômage, 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et la criminalité y est également très élevée. Évidemment, cette réalité n’est guère flatteuse pour les dirigeants.
Alors, pour sauver les apparences, une solution consiste à entretenir le sentiment d’être une victime, en rappelant le passé douloureux qu’ont vécu les Sud-Africains et en dénonçant l’apartheid là où il est présent. Une cible facile : Israël, qui n’est déjà pas aimé par la plupart des pays arabes, mais aussi par une partie non négligeable des nations occidentales. Et le tour est joué ! Faute d’avouer ses propres défaillances, on accuse les autres. C’est facile !
Nous reconnaissons-nous dans ces défauts ? Combien de personnes enchaînent les échecs sans chercher de l’aide ni avoir le courage de se reprendre en main ? Pour se défendre : le pleurnichement. On accuse les autres, la famille, le système, la société, le gouvernement. On évite ainsi toute remise en question… mais, en vérité, cela ne nous aide en rien. Une bonne introspection serait beaucoup plus profitable !




