La Michna dans le traité de Brakhot (5,9) dit que l’homme doit, le long de son existence, s'efforcer de remercier D.ieu pour les mauvaises choses qui lui arrivent comme il Le remercie pour les bonnes. Je n'ai jamais vraiment compris cet enseignement jusqu'à ce que je tombe malade…

Je suis né dans une famille traditionaliste. J'étais au courant de l’existence de D.ieu, mais ma pratique du judaïsme se limitait à ne pas manger de porc, faire le Kiddouch le vendredi soir, et aller une fois par an à la synagogue pour Kippour. À vrai dire, je ne savais même pas pourquoi on observait ces pratiques et je ne cherchais pas à comprendre. J’étais content de ma petite vie, je grandissais dans un environnement bourgeois entouré d’amis non-juifs.

Puis, est venu le temps de ma Bar-Mitsva qui s'est résumé à une brève représentation à la synagogue, mais surtout à une grande fête où le tout Paris fut invité.

Puis, les problèmes ont commencé... 

Il y a eu d'abord le décès de mon grand-père maternel de qui j'étais très proche, puis, un mois après, été 2005, alors que j'étais en vacances avec ma famille en Israël, je commençai à avoir de violents maux de tête et des vomissements. On crut d'abord à une insolation, mais comme les maux de tête s'intensifiaient, ma mère m'emmena à l’hôpital faire des examens. Les résultats furent sans appel. J’étais porteur d'un syndrome rare qui fait apparaître des tumeurs dans différentes parties du corps.

En une seconde, ma vie bascula et on dut m’opérer en urgence pour m’ôter une tumeur et une dizaine de kystes au cervelet. Grâce à D.ieu, après une courte convalescence, je pus retrouver une vie normale.

 Mais la tranquillité fut de courte durée...

Quelques mois plus tard, en mars 2006, après une seconde opération à la tête, ma mère décéda subitement. Elle qui n'avait jamais eu de problèmes de santé, elle nous quitta à 44 ans. A 14 ans, je me retrouvais orphelin de mère et porteur d'une maladie rare qui m’amènerait sûrement vers d'autres opérations en plus des deux que j'avais déjà subi. 

Suite au décès de ma mère, je me rendis à la synagogue chaque jour pour réciter le Kaddich, puis, je voulus en savoir plus sur le judaïsme. J'ai commencé à me poser des questions existentielles et je ne sais plus comment, en surfant sur internet, je suis arrivé sur différents sites de Torah.. J’écoutais un cours après l’autre. Chacune de mes questions trouvait une réponse dans les cours des Rabbanim. Cette fois, j'étais convaincu, la Torah est vraie et D.ieu existe ! J’ai coupé les ponts avec mes amis non-juifs pour ne plus être influencé par leur style de vie et j'ai commencé à me renforcer doucement dans les voix de la Torah.

En juillet 2007, je dus subir une nouvelle opération pour retirer, cette fois, une tumeur à la moelle épinière. Baroukh Hachem, elle ne laissa aucune séquelle.

Mais ma santé ne s’améliora pas pour autant. Je subis encore cinq autres interventions au niveau du cerveau et de la moelle épinière, auxquelles je réussis une fois de plus à m’en sortir presque sans dommages. Seulement 17 ans et déjà 7 lourdes interventions derrière mois.

Bizarrement, avant ma maladie, je n'étais jamais satisfait et me plaignais dès que les choses ne se déroulaient pas comme je le voulais, alors qu’avec ces interventions, j’ai commencé à apprécier chaque cadeau qu’Hachem m’offrait. Le simple fait que l’opération ne m’ait pas laissé de séquelles était pour moi un véritable miracle qui a renforcé mon envie d'avancer dans le droit chemin et d’aller à la Yéchiva, une fois le Bac obtenu.

Malheureusement, après quelques années, cet élan d’élévation spirituelle s’estompe et je commence à regretter ma vie d'antan au point de quitter la Yéchiva pour m'inscrire dans une école de commerce pour commencer des études supérieures.

Alors que pendant l'année passée à la Yéchiva, ma santé était meilleure, à mon retour, les tumeurs réapparaissent, ce qui m’oblige à subir cinq nouvelles opérations entre 2014 et 2019. Ces fois-ci, les interventions laissent de lourdes séquelles.

Je ne sais pas s’il est possible de souffrir comme j'ai souffert. Je ne veux d’ailleurs pas détailler ce que j'ai vécu pour ne pas faire renaître en moi cette période si douloureuse. Aujourd’hui, je suis en chaise roulante, je suis relié constamment à une machine à oxygène, j'ai une trachéotomie, ce qui m'empêche de parler, et je ne peux ni manger ni boire.

Aujourd'hui, je donnerais tout pour revenir en arrière. Mon plus grand rêve serait de pouvoir tout recommencer depuis le début, faire RESET. Mais voilà, il n'y a pas ce bouton sur la game boy de la vie, et ce qui est passé est passé. Il faut apprendre à vivre avec le présent, et prier pour un futur meilleur, tout en remerciant le Maître du monde pour ce que l'on a. Pourquoi me direz-vous ? Simplement parce que certains n'ont pas la même chance... Respirer, voir, marcher, remerciez-Le pour tout ce qu'Il vous donne. Car D.ieu ne nous doit rien. Habituons-nous à remercier D.ieu pour tout, même sur ce qui nous paraît mauvais. Cessons de regarder les autres et concentrons-nous sur ce que nous avons !

Un des points positifs de ma maladie a été de découvrir Torah-Box.

Ayant passé de longues périodes à l'hôpital alité, je n'avais rien d'autre que mon téléphone pour étudier et, ainsi, continuer à donner un sens à mon existence. Aujourd'hui que je ne peux plus me rendre au Beth Midrach, mais heureusement, Torah-Box m’accompagne au quotidien et m'aide à garder une régularité dans l'étude et à tenir le coup.

Je m'adresse à tous les Rabbanims, organisateurs et bénévoles du site, votre travail est une des seules sources de bonheur dans ma vie. Qu'Hachem vous garde !

 

Léa Nabet d'après un témoignage reçu 

Si, à vous aussi, Torah-Box a apporté quelque chose dans votre vie, envoyez-nous votre témoignage à lea.nabet@torah-box.com. Vous n'imaginez pas à quel point cela nous renforce et encourage d'autres à la Torah.