Dans la paracha "Vayichla'h", on apprend que Ya'akov avinou envoie un cadeau à 'Essav afin de l'apaiser. Ya'akov avinou s'adresse à 'Essav et lui raconte : "J'ai séjourné chez Lavane et j'ai prolongé mon séjour jusqu'à présent" (Béréchit 32, 5), "J'ai acquis bœuf et âne…" (Béréchit 32, 6) Il lui raconte comment s'est passé son séjour chez Lavane, comment il a gagné sa parnassa, comment il a obtenu son argent…

Une question s'impose : pourquoi Ya'akov avinou raconta-t-il tellement en détails ce qui s'était passé ? Pourquoi lui fournit-il tellement d'explications ? Essav veut voir ce qu'il va recevoir, c'est ce qui l'intéresse. Pourquoi Ya'akov lui raconte-t-il tellement d'histoires ?

Les commentaires rapportent ici un grand fondement. Ils citent une parabole et établissent une comparaison :

Un grand roi se trouva une fois confronté à des difficultés de parnassa. Il avait fait de nombreuses guerres et avait eu de nombreuses dépenses. Aussi, afin de renflouer les caisses de l'état, il acheta deux diamants qu'il paya chacun dix pièces d'or. Il fit ensuite appeler les deux plus riches.

Il dit au premier : "Voici un diamant, je veux en échange mille pièces d'or." Le riche réfléchit et dit : "Le roi me demande mille pièces alors que ça n'en vaut que dix, mais cette différence d'argent, certes une somme énorme, aura pour effet de créer un lien entre le roi et moi. Si j'ai un jour des problèmes avec les impôts ou avec qui que ce soit, j'aurai toujours vers qui me tourner." Immédiatement, le riche paya toute la somme qu'avait demandée le roi.

Le roi appela le second riche. Il lui montra le diamant et lui dit : "J'en veux mille pièces d'or." Le riche rétorqua : "Il n'en est pas question. Je connais la valeur du diamant, il coûte seulement dix pièces, tu ne peux pas m'en exiger mille !" Le roi insista : "Mille pièces." Le riche argumenta, débattit le prix. Après des négociations difficiles, le roi, honteux, baissa la tête et accepta de recevoir seulement cent pièces. Le riche lui dit : "Sache que ce diamant vaut seulement dix pièces, mais comme tu fais pression sur moi, je t’en donne cent." Le roi était furieux, il ne comprenait pas.

Il demanda au riche des explications : "Vous êtes deux riches dans la ville. J'ai demandé mille pièces au premier et il me les a immédiatement réglées. Tandis que toi, bien que tu sois aussi riche, tu as discuté, tu t'es emporté et finalement, tu m'as donné seulement cent pièces ! Quelle est la différence entre toi et lui ? Pourquoi lui m'a-t-il donné directement et toi, tu es tellement difficile avec moi ?"

Le second riche lui dit : "Sache, le premier riche que tu as convoqué n'a pas travaillé dur ni sué pour obtenir sa richesse, mais il a reçu une grande somme d'argent en héritage de son père qu'il a faite prospérer. Tandis que moi, je n'ai rien reçu de mon père, j'ai travaillé dur et me suis fatigué pour chaque sou et tout ce que j'ai, je l'ai gagné à la sueur de mon front. Lui t'a donné facilement mille pièces car il n'a pas peiné pour son argent. Quant à moi, qui ai beaucoup travaillé et sué pour gagner mon argent, il m'est difficile de te donner une telle somme. C'est la raison pour laquelle j'argumente et je me dispute avec toi."

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Cette parabole nous permet de mieux comprendre l'attitude de Ya'akov avinou. Ya'akov envoie à 'Essav de nombreux cadeaux et lui précise : Ne pense pas que j'ai obtenu les choses aisément et qu'il m'est facile de te les donner, de t'offrir cinq cent animaux comme ci, cent animaux comme ça, tant de gros et de menu bétail ! Non, j'ai travaillé dur ! Ya'akov avinou explique à 'Essav : "Je travaillais pour Lavane et tu sais comme Lavane est un escroc et combien il ment, impossible de gagner avec lui le moindre sou ! J'ai sué, en hiver, en été, le jour, la nuit, j'ai travaillé extrêmement dur, et je t'envoie du fruit de mon labeur afin de t'apaiser. Non pas que les choses me sont venues facilement et je les donne facilement, car il est facile de donner une chose que l'on gagne facilement tandis qu'il est difficile de donner une chose pour laquelle l'on a sué et peiné.


Une personne peut parfois donner un million et cette somme est insignifiante à ses yeux tandis qu'une autre peut donner cent qui ont une très grande valeur pour lui. Ya'akov veut ainsi informer 'Essav de la valeur de son cadeau.

L'homme a besoin de la bénédiction dans l'œuvre de ses mains, il a besoin d'avoir la bénédiction dans l'argent qu'il gagne. Beaucoup travaillent dur, gagnent de l'argent et vers le milieu du mois, il ne leur reste déjà plus rien. Ils ne comprennent pas comment la bénédiction est partie et comment ils ont tout perdu.

Il est indispensable que la bénédiction repose dans l'œuvre des mains de l'homme. Quiconque n'a pas de bénédiction dans l'œuvre de ses mains, même s'il avait toute la richesse du monde, il ne lui en resterait rien. C'est la bénédiction de D. qui enrichit, c'est la seule garantie d'une continuité. Mais s'il n'y a pas la bénédiction de D., l'homme peut gagner encore et encore mais il ne lui reste rien.

Seule la bénédiction de D. enrichit. 
 

 
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Rav Yochiahou PINTO