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"Bonne colère", ça existe ?

Rédigé le Mercredi 3 Juin 2020
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Existe-t-il une bonne colère ?

Y a-t-il des situations où la Torah nous demande de nous mettre en colère ?

La réponse de Rav Avraham GARCIA
Rav Avraham GARCIA
5109 réponses

Chalom ouvrakha,

Nous trouvons dans nos textes qu’un Talmid 'Hakham [et uniquement un Talmid 'Hakham] a le droit de se mettre en colère lorsqu’il est question de la profanation du Nom de D.ieu, comme par exemple ce que nous retrouvons au sujet de Parachat Pin'has, qui a vengé la vengeance de D.ieu, ou comme Moché Rabbénou qui a cassé les tables de la loi [Rabbénou Yona et 'Hassid Yaavets Avot 5-11, voir Zohar 'Hadach Parachat Noa'h et autres].

Puisque l’acte est réalisé pour Hachem [Léchem Chamayim], cela est permis. Voir Séfer 'Hassidim 138.

Ainsi, le Zohar [tome 2, page 182b] affirme que la colère des Talmidé 'Hakhamim pour l’honneur d'Hachem est bonne [voir Zohar 'Hadach Noa'h page 36a].

Nos Sages nous affirment aussi [Pisska Zouta Kohélèt 1] que plus la personne est 'Hakham [sage], plus, lorsqu’elle observera quelque chose qui n’est pas normal, elle se mettra aussitôt en colère.

Ainsi, nous explique la Guémara Ta'anit 4a [voir Rachi et Guevourot Ari sur place], plus la personne intériorise la Torah, plus elle se mettra en colère en l’honneur d'Hachem lorsqu’elle verra quelqu’un transgresser la Torah [voir responsa du Mabit tome 3, responsa 91].

Néanmoins, la Guémara susmentionnée nous explique que cette colère doit être mesurée [voir Méiri sur place et autre].

Nous retrouvons encore d’autres exemples d’actes de colère justifiée par nos Sages dans le traité de Chabbath 105b. Curieusement, le Rambam a omis de faire mention de cette Guémara. Aussi, le Méiri sur place nous écrit de ne pas être habitué à cela, car l’entourage pourra apprendre de ce comportement. 

De plus, beaucoup de Richonim nous affirment que, même si on a le droit de se mettre en colère, cette dernière affecte la personne [Rambam dans ses 8 chapitres, chapitre 7, voir Maguid Mécharim Parachat 'Ekèv et Cha'ar Roua'h Hakodech du Rav 'Haïm Vital].

C’est donc que le Messilat Yécharim [chapitre 11] nous explique que la colère n’a pas sa place dans la Torah, et, même lorsqu’on doit se mettre en colère, on devra à tout prix faire en sorte que cette colère ne soit que d’apparence extérieure [Ka'ass Hapamin Vélo Ka'ass Hapnim]. Cette idée a déjà été évoquée par le Rabbénou Yona [Séfer Hayira] pour les actes de colère que l’on peut réaliser dans certains cas. Voir Chla Hakadoch Cha'ar Haotiyot Ote 'Ayin - 'Anava.

Aussi, nous écrit le Séfer 'Hassidim [137 et 145], on devra toujours garder son esprit serein [voir Choul'han 'Aroukh Harav 156-3].

Enfin, le Guevourot Ari [Ta'anit 4a] nous explique que si la chose peut être obtenue sans colère, il sera désormais interdit de se mettre en colère, ou bien, même si le Talmid 'Hakham se mett en colère, rien ne réglera la situation et tout restera comme avant, ce dernier ne pourra pas s’emporter.

Ainsi, dans le même ordre d’idées, le Rambam [Hilkhot Talmud Torah 4-5] et le Choul'han 'Aroukh [Yoré Dé'a 246-11] écrivent que le maître peut s’emporter envers ses élèves s'il observe que ces derniers n'étudient pas comme il se doit [voir Séder Hayom Séder Halomèd Oumélamèd, ainsi que le responsa Chvout Ya'acov tome 3-140].

Certains contestent même cette possibilité pour un maître de se mettre en colère envers ses élèves, ou un père envers ses enfants [Péta'h 'Enayim du Rav 'Hida, Brakhot 29b et Rav 'Haïm Vital].

Quoi qu’il en soit, même une colère permise ne pourra pas être exprimée sans avoir auparavant fait savoir à la personne la raison de sa colère [Sifri Bamidbar Pisska 104, Rambam Hilkhot Dé'ot 6-6].

Il ne nous reste plus d’autres dérogations...

Kol Touv.

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