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Epilation et esthétique pour un homme

Rédigé le Vendredi 19 Septembre 2014
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Question pratique : est-ce qu'un homme aurait le droit de s'épiler le torse ou les aisselles pour des raisons de transport et de transpiration ?

Et si on va plus loin dans la question, est-ce qu'un homme aurait le droit de faire attention à son esthétique, par exemple crème, parfum, gel, coiffure ?

Merci pour votre réponse.

La réponse de Rav Yossef LORIA
Rav Yossef LORIA
830 réponses

Chalom Oubrakha,

Il est défendu à un homme de raser ou de couper les poils sous les aisselles ainsi que les poils pubiens, car cette pratique est propre aux femmes[1]. Néanmoins, dans les régions dans lesquelles les hommes aussi agissent ainsi, l’interdiction n’est plus en vigueur[2]. Les érudits évitent de raser ces endroits en toutes circonstances[3].

Pour les autres parties du corps, l’interdiction ne s’appliquera pas si on utilise des ciseaux[4]. Enfin, si les poils sont abondants ou dérangeants, il sera permis à un homme de les raser[5]. Il pourra par exemple se raser les poils du nez[6] et les sourcils[7]. Il sera de même permis aux sportifs de se raser certaines parties du corps en vue de compétitions sportives[8], ainsi que pour éviter de transpirer.

Certains décisionnaires contemporains permettent également de se raser différentes parties du corps au laser[9], car c’est une pratique largement répandue chez les hommes non-Juifs et les Juifs non religieux. Elle n’est donc plus considérée de nos jours comme un comportement propre au public féminin.

Il est interdit à un homme de porter un parfum de femme[1], mais les parfums réservés aux hommes sont permis[2]. Il ne faudra pas les utiliser à outrance pour ne pas dégager une odeur trop forte. Un érudit devra éviter de se parfumer[3]. Néanmoins, l’utilisation d’un déodorant pour homme est parfaitement permise pour neutraliser l’odeur et éviter la transpiration[4].

Si un homme a perdu ses cheveux, et a honte de sa calvitie, il pourra porter une perruque d’hommes, bien que les perruques soient généralement réservées à un public spécifiquement féminin[5]. Un homme pourra, de même, utiliser un sèche-cheveux pour se sécher les cheveux mouillés[6]. L’usage de manucure pour s’embellir et se vernir les ongles lui est interdit[7].

Un homme ne doit  pas se maquiller car ceci est une pratique exclusivement utilisée par les femmes. Néanmoins, si un homme désire appliquer de la crème de couleur peau pour cacher un bouton gênant sur son visage, ce sera permis[8]. Il en est ainsi d’un albinos qui désire passer du blush sur son visage pour cacher sa couleur naturelle si cela l’indispose[9]. En effet, ces actions ont pour but de cacher un défaut et non d’embellir

Kol Touv.

[1] Béér Moché, tome 4, chapitre 120. Néanmoins, s’il désire acheter un parfum à son épouse et qu’il doit le vérifier en se l’aspergeant, ceci est permis. Il est malgré tout préférable d’utiliser les papiers témoins qui sont réservés à cet usage. Lévouchei Mordekhai, au nom du Rav Acher Weis chlita.

[2] Béér Sarim, tome 6, chapitre 59 ; Michné Halakhot, tome 12, chapitre 73 ; Avnei Yochfé, tome 4, chapitre 90, paragraphe 1 ; Oum Ani ‘Homa, chapitre 263.

[3] Berakhot, 43b ; Rav ‘Ovadia Yossef, dans Ma’ayan Omer, tome 4, page 95 l’interdit même pour des ba’hourei Yéchivot.

[4] Avnei Yochfé, tome 8, chapitre 130, paragraphe 4. 

[5] Iguerot Moché, Ora’h ‘Haim, tome 4, chapitre 40, paragraphe 18.

[6] Béér Moché mentionné dans Malbouchei Kavod Vétiféret, chapitre 4, paragraphe 24.

[7] Keren Lédavid, Ora’h ‘Haim, chapitre 45; Béér Moché, tome 4, chapitre 129; Yabi’a Omer, tome 3, Yoré Déah, chapitre 13, paragraphe 9.

[8] Chévet Halevy, tome 6, chapitre 118, paragraphe 3 ; Rav Nissim Karlitz chlita dans Péat Zekanekha, page 103.

[9] Lévouchei Binyamin, au nom de Rav ‘Haim Kanievsky chlita.

[1] L’interdiction s’appliquera aussi bien avec un rasoir, avec des ciseaux (si l’on coupe à moins d’un demi-centimètre), qu’avec une crème-à-raser qui fait tomber tous les poils (Kerem Chlomo, paragraphe 6).

[2] Choul’han ‘Aroukh, Yoré Déah, chapitre 182, paragraphe 1. Le Pricha et Rabbi ‘Akiva Eiguer le permettent même si les hommes non-Juifs agissent ainsi, mais le Maharcham, tome 2, chapitre 243 se montre plus rigoureux. Cf Yabi’a Omer, tome 6, Yoré Déah, chapitre 14, paragraphe 6.

[3] Ramah, chapitre 182, paragraphe 1.

[4] Choul’han ‘Aroukh, Yoré Déah, chapitre 182, paragraphe 1.

[5] Mordekhi, chapitre Béma Tomnim, paragraphe 327 et Tossefot, page 50b, parole Bichvil Tsa’aro, expliquent que si l’homme a honte de ses poils, il pourra les raser et ce ne sera pas considéré comme un acte adopté par un public spécifiquement féminin.

[6] Oum Ani ‘Homa, tome 2, ‘Hochen Michpat, chapitre 69, paragraphe 1 ; Va’yan Avraham, tome 5, chapitre 27.

[7] Rav Chlomo Zalman Auerbach zatsal, dans Nichmat Avraham, page 140 ; Rav ‘Ovadia Yossef dans Ma’ayan Omer, tome 4, page 90 ; ‘Hayé Halevy, tome 3, chapitre 63 ; Birkat Yéhouda, tome 2, page 200 ; Ohel Ya’akov, pages 276 et 332 au nom du Avnei Yochfé, tome 4, chapitre 91. En effet, les femmes ont l’habitude de dessiner une forme spéciale en s’épilant les sourcils dans le but de s’embellir, mais les hommes retirent seulement les poils qui les dérangent, sans former de forme précise. Pour cela, on utilisera une tondeuse électrique ou des ciseaux et non une pince à épiler.

[8] Yessodot Habait Oukedouchato, page 53.

[9] Rav Eliachiv, dans la brochure Tel Talpiot, Tichri, 5773 ; Rav ‘Ovadia Yossef dans Yabi’a Omer, tome 8, ‘Hochen Michpat, fin de chapitre 12 et dans Ma’ayan Omer, page 102, fin de remarque 19.

[10] Choul’han ‘Aroukh, Yoré Déah, chapitre 182, paragraphe 5. De plus, selon le Zohar une femme ne devra pas se raser la tête, et un homme ne devra pas avoir les cheveux longs. Néanmoins, certaines ‘hassidot ont pour coutume d’agir ainsi, et le Darkei Techouva, paragraphe 12 donne trois raisons pour justifier ce comportement. Chacun agira comme la coutume de ses ancêtres.

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