Pas besoin de vous le rappeler, nous vivons une période de guerre en Israël.

Dans ces moments-là, il se passe quelque chose de très beau : des gens, spontanément, se mettent à cuisiner. Des fours s’allument, des marmites mijotent sur le gaz, des mains pétrissent.
Des milliers de bénévoles préparent des repas pour les soldats.
C’est touchant et admirable.
Et franchement, cela mérite du respect.

Mais au milieu de cette belle mobilisation, une petite question me trotte dans la tête.
Et si nous déclenchions le même élan de solidarité… pour d’autres combattants ?
Je pense à ces enfants dont le dîner se résume à une tranche de pain… et un peu de ketchup.
Je pense à ces mamans qui ouvrent le frigo encore une fois, en espérant qu'un miracle se sera produit.
Je pense aussi à nos petites mamies.
Celles qui vivent seules, fatiguées, parfois trop faibles pour cuisiner.
Certaines n’ont même pas les sardines distribuées aux soldats.
Certaines n’ont même pas une couverture assez chaude pour l’hiver.

Et pourtant, elles aussi mènent une bataille.
Une bataille silencieuse, sans uniforme, sans grade et sans médaille.
Sans reconnaissance publique.
La guerre contre la pauvreté.
Contre la solitude.
Contre la fatigue, c’est aussi une guerre.
Alors je me surprends à rêver.
D’un jour où l’on verrait les mêmes élans de générosité pour ces civils-là.
Des cuisines qui s’allument aussi pour eux.
Des sacs de nourriture préparés avec la même énergie.
Des plats qui partent vers ces maisons où l’on se bat simplement… pour vivre.

Car la vérité est simple : nous ne savons jamais quel combat mène la personne que nous croisons dans la rue.
Les batailles les plus dures sont souvent invisibles.
La Maman de Sheyna






