Nous sommes en plein milieu de la semaine la plus officielle, la plus israélienne de l'État hébreu.

Hier Yom Hashoah, demain Yom Hazikaron, et dans 3 jours, Yom Ha'atsmaout, l’Independence Day de l’État hébreu.

Comme dans une famille (y a-t-il meilleure définition de ce qu'est le peuple juif ?), les jours anniversaires sont là aussi pour faire un bilan, et réajuster tel ou tel comportement concernant le bien-être de notre maisonnée, se pencher sur les doléances d’un vieil oncle, ou tenter de comprendre pourquoi cette cousine s’emporte et veut claquer la porte, et ainsi faire positivement avancer la charrette.

Mais cela en famille exclusivement.

Ceux qui exportent nos différends à l’étranger, les jettent en pâture à nos pires ennemis, calomnient et mettent en danger notre fragile petite demeure, qui, avec tous ses défauts, est notre seul nid, sont à exclure des festivités, parce qu’ils trahissent la définition même de ce qu’est un “foyer”.

Professeurs universitaires “ès” quelque chose, militaires hauts gradés ou journalistes, ils n’ont pas compris que le propre d’une famille, c’est d’abord la solidarité !

Comment certaines de nos élites israéliennes, à la langue bien pendue et au cerveau bien petit, osent utiliser les termes d’"apartheid" ou de "dérive démocratique" en parlant de leur pays, sachant qu'à l'étranger, on fera un feu de joie de ces propos et que leur discours diffamatoire est du pain béni pour nos détracteurs.

Tous sont mus, sachons-le, par de petits calculs politiques, des jalousies ou de vieilles rancœurs personnelles contre le Premier ministre.

Pour exemple de vent mauvais qui souffle en Europe, et qui peut attiser cette animosité, lorsque la députée Caroline Yadan dépose un projet de loi visant à réprimer « les nouvelles formes d’antisémitisme », on taxe sa loi de "liberticide" (!!!), d'atteinte à la liberté d'expression et d'empêchement de critique envers Israël. C'est dire à quel point aujourd'hui, on veut brouiller la limite entre antisémitisme et antisionisme et légitimer la haine anti-Israël.

La seule chose made in Israël...

Depuis la destruction du Deuxième Temple, il y a deux mille ans, jusqu'à la Déclaration d'Indépendance, il y en a 78, ne nous leurrons pas, nous tous, richissimes Juifs de la Ringstrasse à Vienne, cordonniers du Shtetl russe ou banquiers au Caire, nous étions des Juifs errants.

Miroir, miroir -

Rien à quoi se rattacher, ballottés au gré des caprices du Roi, du Chancelier, du Señor, du gouverneur, du duc et j’en passe, qui allaient selon leurs humeurs nous chasser de leurs terres, ou quelques années après, en mal d’essor économique, nous y faire revenir.

Aujourd’hui, cadeau de la Providence, et d’Elle uniquement, ce pays est redevenu le cœur palpitant du peuple juif, de la tradition authentique, de la plus haute concentration de Juifs et d’érudits du Talmud et d’un foisonnement de courants de pensée juive, du Maroc à la Lituanie.

La seule chose vraiment made in Israël que l’on peut trouver ici, ce n’est pas le falafel – qui d’ailleurs est d’origine libanaise –, ni les exploits de la high-tech, mais bien cet extraordinaire rassemblement de notre peuple sur sa Terre ancestrale, qui s’épanouit et se déploie en une infinie palette de coutumes, venues du monde entier et reconstituant ici, en Erets Israël, une mosaïque plus colorée que jamais.

Miroir, miroir -

Miroir, miroir -

Car qu'on le veuille ou non, ce pays porte les valeurs juives en drapeau : amour de la famille et des enfants, sens moral et compassion envers autrui.


Y a-t-il une meilleure façon de fêter ce 78ᵉ anniversaire qu’en reconnaissant notre particularité ?

L’État juif, dès sa création, a eu comme vocation de permettre le retour et le rassemblement de l’antique peuple hébreu sur sa Terre, en sécurité ; avec le temps, il s'est parfois pris de mimer ces mêmes nations, qui à travers les âges et hier encore, cherchaient soit à nous décimer soit à nous assimiler.

Aujourd’hui, en avril 2026, le nombre de Juifs recensés dans le monde n’a pas encore rattrapé celui d’avant la Shoah, et notre priorité doit être d’agrandir la famille et de reconstruire, fidèle au souvenir de nos aïeux, ce que fut l'Israël de notre tradition.

Faire fleurir son propre patrimoine millénaire est au moins aussi important que  d’ouvrir une section de dialectes chinois de la contrée du Guangdong à l'Université hébraïque du Mont Scopus. Non ?

Bon anniversaire Médinat Israël !
On lui souhaite Paix, Santé, Abondance.
Et surtout, surtout, qu'elle s'inspire sans complexes, sans imiter personne, de son extraordinaire passé et de ses valeurs pour construire intelligemment son futur.