On sait que les trois Fêtes de Pèlerinage (Chaloch Régalim) sont Pessa’h, Chavou’ot et Souccot. Chavou’ot ne dure qu’un jour, Pessa’h dure sept jours et Souccot (avec Chémini Atséret) dure huit jours. Pessa’h comporte un jour de fête (Yom Tov) le premier jour – date de la sortie d’Égypte (15 Nissan) – et le septième jour (21 Nissan, date de la traversée de la Mer Rouge).
À Souccot, le premier jour (15 Tichri) rappelle que les enfants d’Israël ont vécu quarante ans dans des tentes et le huitième jour (Chémini Atséret) marque la clôture des fêtes de Tichri (Atséret – clôture).
Entre le premier et le septième jour, apparaît aussi la même période de demi-fêtes, comme entre le premier et le septième jour de Pessa’h.
Cette période de demi-fêtes porte un nom significatif : « ‘Hol » (profane) et « Moèd » (fête). Cette semaine est donc la convergence voulue par la Torah, dans les deux fêtes de pèlerinage (Pessa’h et Souccot), convergence entre le profane et le sacré. Cette convergence est significative du rôle accordé par la Torah au monde matériel : le sacré et le profane se complètent, dans la vision de la Torah.
Le profane et le sacré ne s’opposent pas comme le ‘Hamets et la Matsa, mais se complètent, et c’est ici qu’il importe de comprendre le terme de « ‘Hol Hamoed », période importante dans la Torah, car c’est ici que coïncident deux vocables nécessaires à la compréhension de la création.
Que signifie, d’abord, ‘Hol ? Le « ‘Hol » (qui veut dire sable), c’est le multiple ABSOLU, pas le pluriel qui lui est relatif par rapport à l’unique, au singulier.
L’expression « Ribouy » (רבוי ; grand nombre, pluriel) exprime une quantité, un pluriel relatif au singulier, alors que « ‘Hol » est absolu et ne se définit que par rapport au « sacré », au « Kadoch ».
Le 'Hol (sable) est innombrable mais pas infini. Seul le Tout-Puissant est Infini.
Les enfants d’Israël, selon la promesse de l’Éternel, seront nombreux « comme le sable de la mer, ce qui signifie un nombre absolu, pas une relativité. Autour du Tabernacle du désert, il y avait un ‘Hatser (une cour) qui représentait le « ‘Hol » en face du Mikdach, le profane face au sacré. Dans le Temple de Jérusalem, c’était la « Azara », le parvis du Temple, où pouvaient entrer tous les hommes, à condition d’être purs, car la Azara se situait en face du Beth Hamikdach, l’absolu de la sainteté. « ‘Hol », c’est donc la multiplicité de la matière face au Kadoch. C’est pour cette raison, aussi, que la semaine s’appelle le « ‘Hol » face au Chabbath. À « ‘Hol Hamoed », c’est la rencontre du « ‘Hol » avec le « Moèd ».
Le « Moèd », la fête, c’est, dans le temps, la rencontre avec l’Éternel. C’est l’idée de la racine « Yaad » – but, objectif. Les fêtes sont l’heure du « rendez-vous » avec Hachem. C’est l’absolu du sacré. Le lieu de la rencontre dans le Tabernacle du désert s’appelait « Ohel Moed », la tente de la rencontre. Le candélabre et la table avec les pains de proposition se trouvaient dans cette tente. C’est le lieu qui se présente juste devant le « Kodech Hakodachim », le Saint des saints, où se trouvait l’Arche Sainte.
La rencontre du ‘Hol avec le Moèd est très belle, mais elle est aussi dangereuse, car il faut savoir comment unir le profane et le sacré, pendant cinq ou six jours. Les Sages insistent sur la gravité de mépriser ces jours de demi-fêtes. Certains travaux, nécessaires pour la fête, sont autorisés, mais de nombreux travaux sont interdits. La rencontre entre le fixe, le solide, la fête, avec le profane, le friable, le sable, n’est pas fortuite, car la création est composée de cette rencontre qui n’est pas un affrontement. Il faut savoir distinguer entre eux. C’est le but de ces « travaux pratiques » pour découvrir la création. Chavou’ot, date de la Révélation du Sinaï, n’a pas besoin de ces « travaux pratiques », car la Révélation, accompagnée de tonnerres et de « voix » divines est, en elle-même, une convergence du « sacré » qui se révèle au « profane ». Alors, Chavou’ot n’a pas de « ‘Hol Hamoed ».
Pour conclure, il faut apprendre à découvrir l’élévation de cette période. Loin de nous de la mépriser, de la juger secondaire. Elle nous rapproche du sacré, comme la cour qui entourait le Tabernacle et le Temple. Essayons de donner à ces jours un caractère particulier, car c’est le moyen pour nous de créer une proximité avec la Transcendance.






