Il y avait une fois un Rabbi ‘hassidique qui recevait une longue file de ses ‘Hassidim, attendant avec impatience de le rencontrer. Comme c’était l’usage, de nombreuses personnes pauvres venaient également, espérant recevoir une aide financière du Rabbi.

Alors qu’il se tenait à l’extrémité de la file, le Rabbi remarqua un homme qu’il connaissait bien et à qui il donnait régulièrement de la Tsédaka. Cependant, cette fois-ci, il réalisa qu’il n’avait pas d’argent à lui donner. Ne sachant que faire, il remarqua soudain un homme riche qui venait d’entrer dans la file — quelqu’un qui, à coup sûr, ferait un don généreux. Se tournant vers son Gabbaï (assistant), le Rabbi lui dit : « Fais venir cet homme riche en tête de la file. J’ai besoin de lui immédiatement. » Le Gabbaï obéit, et comme c’était l’usage, lorsque le visiteur fortuné arriva devant le Rabbi, il lui remit une somme importante d’argent. Le Rabbi fut soulagé, sachant qu’il aurait désormais de quoi donner à l’homme pauvre lorsque son tour viendrait. 

Lorsque le pauvre arriva enfin devant le Rabbi, il était profondément contrarié. « Comment est-ce possible ? s’écria-t-il. Parce que je suis pauvre, je dois attendre plus longtemps que le riche ? C’est injuste ! » 

Le Rabbi lui répondit doucement : « Laisse-moi t’expliquer quelque chose. Dans la vie, nous ne voyons pas toujours l’ensemble du tableau. Nous ne sommes souvent pas conscients de ce qui se passe en coulisses. Ce que tu n’as pas réalisé, c’est que je n’avais pas d’argent à te donner. J’ai fait passer cet homme riche devant parce que je savais qu’il me donnerait les moyens de t’aider. » 

« Cela, poursuivit le Rabbi, c’est l’essence de Pourim. La Méguila révèle comment, encore et encore, ce qui semblait être une catastrophe pour le peuple d’Israël était en réalité le déploiement d’un plan divin de salut. 

La vie est remplie d’épreuves et de défis, de moments qui paraissent sombres et insurmontables. Pourtant, nous devons nous souvenir : “Kol d’avid Ra’hmana l’tav avid — Tout ce que Hachem fait est pour le bien” (Berakhot 60b). »

Le saint Ba'al Chem Tov illustra un jour cette idée par une parabole.

Une mère avait deux enfants. À l’un, elle servit un dessert somptueux : une part de gâteau au chocolat avec deux boules de glace. L’enfant était ravi. À l’autre, elle donna une assiette de fruits coupés. Le second enfant protesta : « Ce n’est pas juste ! Tu aimes sûrement mon frère plus que moi. Regarde ce qu’il a reçu comparé à ce que tu m’as donné ! » La mère lui répondit avec tendresse : « Mon cher enfant, ce que tu ne sais pas, c’est que tu es diabétique. Si je te donnais le même dessert, cela mettrait ta santé en danger. Ce qui te semble être du favoritisme est en réalité une preuve de mon amour profond et de mon souci pour toi. »

« Il en va de même pour Pourim, pour la Méguila, et pour la vie elle-même, conclut le Rabbi. Souvent, ce qui semble être un malheur est en réalité Hachem qui nous guide vers quelque chose de plus grand. Nous devons renforcer notre foi et reconnaître que même lorsque nous ne comprenons pas, tout ce que fait Hachem est, en fin de compte, pour notre bien. Que ce soit là le message de Pourim : réjouissez-vous pendant le Yom Tov, accueillez la véritable Sim’ha (joie), et intégrez profondément cette leçon essentielle — la main d’Hachem est toujours à l’œuvre, transformant les épreuves en bénédictions. »

Rabbi Avi Wiesenfeld

(traduit d’un article sur www.torahanytime.com)