Ton “défaut” est ta mission dans ce monde
On pense souvent qu’un Ba’al Téchouva (celui qui revient vers Hachem) est une personne coléreuse qui apprend à ne plus se mettre en colère, ou quelqu’un qui brise ses mauvais traits de caractère pour devenir “parfait”. Mais le Ba’al Chem Tov explique que ce n’est pas la vraie définition.
Dans la Torah, il est écrit :
"Vous prendrez une offrande de toute personne qui se montrera généreuse" (Chémot 25, 2).
Le Ba’al Chem Tov enseigne qu’on ne doit pas supprimer nos traits de caractère, même les plus difficiles, mais les orienter vers le bien.
Quelqu’un de colérique doit garder son tempérament fort, mais l’utiliser pour s’indigner face à l’injustice ou face au mal. Celui qui a de grands désirs doit les diriger vers des choses positives. Rien n’a été créé pour rien. Hachem a donné à chacun une nature unique pour la mettre au service du bien.
Une histoire qui illustre cela :
Un pauvre homme monta un jour dans un train. À côté de lui, un riche tenait une cage avec un oiseau très rare, qui chantait de magnifiques mélodies. Le pauvre demanda le prix : 500 pièces d’or. Étonné, il rentra chez lui et raconta cela à sa femme.
Fatigués de leur vie pleine de difficultés, ils décidèrent de tout vendre pour goûter enfin à une vraie joie : acheter cet oiseau et le manger.
Le pauvre se rendit sur une île où l’on en vendait, acheta l’oiseau, et l’égorgea selon la loi. Avec son épouse, il le prépara en plusieurs plats… mais à chaque fois, la viande était sèche, sans goût.
Désespéré, il retourna voir le riche, qui éclata de rire :
“Cet oiseau n’a jamais été créé pour être mangé, mais pour chanter !”
Le message
De la même manière, chaque personne est créée pour une mission particulière.
Chacun a ses propres forces, sa voix, son visage, sa façon de penser. Même deux jumeaux ne sont pas identiques. Pas une pomme, pas une goutte d’eau, pas un flocon de neige ne se ressemble vraiment. Tout est unique.
Le Tsadik Baba Salé disait en tenant une pomme :
“Regardez, cette pomme est unique. Il n’en existe pas deux comme elle dans le monde.”
Chaque instant est unique
Il en va de même pour nos vies. Chaque jour est différent, chaque heure, chaque minute. Ce qui s’est passé hier n’est pas ce qui se passera demain. Même les épreuves changent. Chaque instant est un monde nouveau.
C’est pourquoi l’homme doit se lier à la Torah : elle renouvelle l’être humain et lui permet d’exprimer le meilleur de ce qu’il est.
L’exemple du Michkan
Quand les Bné Israël ont construit le Michkan (le Sanctuaire), Betsalel savait utiliser l’argent de chacun selon l’essence de son âme. Mais il y a un élément pour lequel tout le monde a contribué ensemble : l’Arche d’Alliance, qui contenait les Tables de la Loi.
Car la Torah appartient à tous, et chacun doit avoir une part en elle.
Certains sont attirés par la Halakha, d’autres par la Guémara, d’autres encore par la ‘Hassidout ou le Moussar. Peu importe : chacun doit se rattacher à la Torah selon sa nature. Celui qui étudie reçoit une aide divine. Celui qui soutient les étudiants en Torah reçoit aussi cette aide.
La promesse de Rabbi Ya’akov Abihssira
Il est écrit : “À l’ombre de la sagesse, à l’ombre de l’argent” (Kohélet 7, 12).
La Guémara enseigne qu’au Monde futur, ceux qui ont étudié la Torah et ceux qui l’ont soutenue seront réunis. Mais Rabbi Ya’akov Abihssira pose une question : ceux qui n’ont pas étudié, comment comprendront-ils les enseignements des Tsadikim ?
Il répond : Hachem Lui-même enseignera la Torah à ceux qui L’ont soutenue.
C’est la grandeur de celui qui, même sans pouvoir étudier toute la journée, investit son cœur et ses moyens dans la Torah.



