L'être humain n'a pas besoin d'apprendre à avoir faim, soif, ou sommeil ; à rire ou à pleurer... Ces éléments sont innés. Ce sont des besoins humains. 
 
D'autres choses, par contre, doivent s'acquérir, et demandent donc un effort : la ponctualité, le fait de parler correctement, de s'habiller convenablement etc... 
 
Parfois, les acquis peuvent sembler naturels. Par exemple, une personne qui s'est souvent mise en colère lorsqu'on n'a pas satisfait sa volonté peut s'imaginer qu'il est normal de réagir ainsi dans ce genre de situations. 
 
Le Maguid de Douvna, au premier chapitre de son Séfer Hamidot, explique qu'il ne faut pas confondre les habitudes d'une personne et sa volonté. 
 
L'homme peut, s'il le veut, changer ses habitudes. 
 
S'il avait l'habitude de manger des aliments nuisibles à sa santé, il pourra (sur le conseil d'un médecin, par exemple) décider de s'en abstenir désormais (au moins de temps en temps). 
 
S'il avait l'habitude de s'énerver, il pourra, progressivement, apprendre à être plus calme et patient. 
 
Le Ram'hal explique que la zerizout (le zèle, le fait d'aimer ce que l'on fait) va aider celui qui travaille sa nature à l'améliorer. S'il a vraiment envie de s'améliorer, les efforts qu'il fera dans ce sens ne seront pas contraignants pour lui, et porteront leurs fruits. 
 
Le Maguid de Douvna explique qu'il est non seulement possible de changer une habitude, mais il est même possible de changer sa nature en profondeur. Par exemple, une personne radine peut devenir généreuse, si elle fait beaucoup d'actes de hessed (générosité). 
 
D'ailleurs, le Rambam dit que lorsqu'on met de l'argent dans une boîte de tsédaka, il est préférable d'y mettre plusieurs petites pièces (qui ensemble formeront la somme que l'on veut donner) plutôt qu'un seul billet (du même montant). Pour faire plus d'actes de "donner", et devenir ainsi plus généreux. 
 
Plus on fait des actes allant dans le sens de ce que l'on veut devenir, plus on aura des chances de le devenir.
 
Le Ram'hal explique que l'homme a tellement d'obligations (personnelles, familiales, professionnelles...) qu'il pourrait facilement se décourager devant l'ampleur de la tâche, et ne rien faire sous prétexte qu'il est "impossible d'être parfait". Cependant, tout dépend de son ratsone (de sa volonté). S'il veut, il peut. 
 
Avant de se marier, un célibataire pouvait penser que ses huit heures de sommeil par nuit lui sont absolument indispensables, et qu'il lui est impossible d'être à l'heure (et productif) au travail le lendemain matin, s'il a passé la nuit à se lever plusieurs fois, pour s'occuper d'un bébé qui pleurait. 
 
Pourtant, lorsqu'il se marie et que l'enfant en question est le sien et a besoin de lui, il trouve les forces de se lever pour l'aider, même de nombreuses fois dans la nuit. 
 
Car lorsqu'on VEUT vraiment changer, on PEUT changer (même ce que l'on croyait trop ancré en nous, et donc impossible à modifier). 
 
Retranscrit par Léa Marciano