Dans chaque famille, de la plus orthodoxe à la moins religieuse, les couples qui ont des enfants rencontrent des difficultés dans l'éducation de ces derniers. 
 
Les choses sont parfois très loin de se passer comme ils l'auraient rêvé, et les enfants prennent parfois une voie diamétralement opposée à celle que les parents auraient voulu qu'il suivent. 
 
A ce moment-là, les gens trouvent parfois toute sorte "d'arguments" pour blâmer les parents, et considérer que c'est de leur faute si leur enfant a "mal tourné". Et au lieu de les aider, ils commencent à les critiquer... 
 
Les parents cherchent alors des solutions pour aider leur enfant, mais ils ne sont pas toujours d'accord entre eux sur la manière dont il va falloir agir. Le père veut faire ceci, tandis que la mère veut faire exactement le contraire ; ou inversement. 
 
Or un enfant qui passe une période difficile dans sa vie a terriblement besoin d'un endroit où il se sent bien ; et sûrement pas d'une maison dans laquelle ses parents se disputent à longueur de journée à son sujet, ou avec lui. Car même s'il ne montre pas forcément sa souffrance intérieure, celle-ci existe, et ne doit pas être amplifiée par encore plus de tensions...
 
Plus la maison sera tendue, et plus l'enfant aura tendance à la fuir. 
 
Il est donc très important pour les parents de rester sereins, car ce n'est qu'ainsi qu'ils arriveront à réfléchir, et donc à aider leur enfant. 
 
Les parents doivent donc réaliser que si à vingt ans ou plus, leur enfant a fait un choix qui n'est pas bon, ce n'est pas de leur faute à eux. Car à cet âge-là, l'enfant est assez mûr pour faire lui-même ses propres choix. Et même si les parents ont tout fait pour l'orienter dans la bonne voie, l'enfant pourra néanmoins, de part le libre arbitre qui est le sien, décider de s'en écarter. 
 
(Le contraire est aussi vrai, d'ailleurs : même si des parents ont tout fait pour que leur enfant ne soit pas religieux, celui-ci pourra néanmoins choisir de l'être). 
 
Rav Israël Salanter était un très grand Rav. Pourtant, il a eu un fils qui a quitté la Torah. Car le fait d'avoir un père Rabbin n'empêche pas un enfant d'être non-religieux. L'enfant garde son libre arbitre, quels que soient ses parents, ce qu'ils font, ou ce qu'ils ont fait... 
 
Il est également important, dans cette période difficile pour l'enfant, que les parents restent soudés. Car s'ils ne le sont pas, s'ils passent leur temps à se disputer et à crier, l'enfant aura encore moins envie de rentrer chez lui. Ils fuira le plus possible la maison, et peut-être aussi les valeurs que ses parents ont essayé de lui transmettre. 
 
Qui aimerait, en effet, vivre dans une maison pleine de cris, de critiques et d'angoisse ? 
 
L'enfant qui fuit ses parents cherche par tous les moyens à se convaincre du fait que c'est de leur faute. Que ce sont eux les responsables de sa chute. Que ce sont eux qui ne l'ont pas suffisamment aimé, qui l'ont trop critiqué, qui ne lui ont pas donné telle ou telle chose qui, pour lui, était importante...
 
Il ne faut donc pas lui donner les arguments pour le conforter dans sa décision... Et il est donc très important de continuer à l'aimer (et à le lui dire) malgré ses mauvais comportement, à le complimenter sur ce qu'il fait bien, à passer des moments de qualité avec lui (lors desquels on ne pense évidemment pas aux problèmes), à maintenir l'unité dans le couple et la bonne ambiance dans la maison... 
 
Ainsi, même si l'enfant n'y reste que quelques heures par jour, il s'imprégnera de tout ces éléments positifs, qui par la suite pourront lui donner envie de revenir dans le bon chemin. Alors que s'il passe son temps à fuir la maison, non seulement ses parents n'ont plus l'occasion de l'aider, mais en plus l'enfant risque de fréquenter des endroits (et des personnes) dont l'influence n'est vraiment pas bonne pour lui...