Chère amie,

Ma copine, Déborah H., m’a raconté un épisode récent de sa vie m’ayant beaucoup fait réfléchir. Voici son récit :

Baroukh Hachem, elle est mariée à l’adorable Shlomo, ils ont été bénis d’une moitié d’équipe de foot qui l’occupe du matin au soir (le sommeil nocturne est si doux pour elle !), comme l’on pourrait s’en douter. Son mari, amoureux, veut continuer à vivre tout autant avec elle, la mère de ses enfants, qu’avec sa femme, sa Kalla chérie depuis 12 ans.

Il lui propose donc d’établir comme une règle fixée d’avance et ne pouvant souffrir d’exceptions, de sortir ensemble un soir par semaine. Mais Déborah, bien que toujours charmée et flattée par l’idée, n’en a pas toujours le courage, le soir venu. Et depuis la dernière récente naissance, le besoin de repos nocturne se fait sentir davantage.

Pour sortir le soir, depuis cette sixième joie, il lui faut déployer des forces d’annulation d’elle-même plus importantes que d’habitude, afin de permettre à son mari d’exister selon sa nature à lui, initiative qui renforce beaucoup leur relation ; alors entre les petits qui lui tirent la jupe jusqu’au pas de la porte, et les grands qui se plaignent de ne pas se sentir, avec la baby-sitter, sous la protection de leurs parents en leur absence, le cœur de Déborah se fend à chaque fois…

Malgré cela, cette amie, bien consciente qu’il n’y a pas d’enfant équilibré sans que le couple des parents ne le soit au préalable, a accepté pendant plusieurs mois de contracter sa propre volonté - se reposer au lieu de sortir - et à afficher de grands sourires à chaque escapade, pour ne pas que son mari s’assombrisse, car son besoin est de pouvoir s’échapper régulièrement du train-train de la vie. Elle a donc joué le jeu, avec plus ou moins de difficultés, jusqu’à ce fameux mardi soir où, épuisée et déprimée après une soirée houleuse avec l’un de ses jeunes co-équipiers, elle tergiverse… « Dois-je  partager avec Shlomo mon état mental et physique négatif de ce soir pour annuler notre sortie ? », ou, bien consciente  de l’objectif constructif de ces escapades hebdomadaires, devait-elle prendre sur elle de vite se revêtir d’une jolie robe, en même temps que d’un état d’esprit positif ?!?

Le grand sourire enthousiaste de son mari qui vient de rentrer à la maison, accueilli en fanfare par la joyeuse maisonnée, et qui s’attend à sortir avec elle dix minutes plus tard, ne manque pas  de la presser incognito vers son dressing, pour troquer son triste pyjama contre… un peu plus de raffinement.

Ni une, ni deux, un rapide maquillage, et dans le vacarme habituel, les tourtereaux filent donc à l’anglaise et se retrouvent au restaurant. Déborah, dont l’action a primé sur la réflexion ce soir là, a tout juste eu le temps de finir de se convaincre que ces escapades sont si nécessaires à Shlomo, et donc à elle-même par voie de conséquences… Elle paraît donc enjouée malgré son état d’esprit initial, et se détend peu à peu.

Le hors d’œuvre leur est servi, et Shlomo fait mine d’avoir oublié sa Kippa dans la voiture… Il s’esquive, l’air de rien, quelques brèves minutes et revient avec un sac plastique, paraissant anodin.

Le plat leur est servi et ça y est, Shlomo se lance… « Mon amour, j’ai un petit cadeau pour toi. Je voulais pouvoir te l’offrir depuis longtemps, le voici. » Et là, de ce vulgaire sac en plastique, sa main présente tendrement à Déborah une boîte à bijoux affichant fièrement son prestige. Il l’ouvre, et lui présente une montre merveilleusement belle, et très coûteuse…

Déborah, tellement surprise, verse une larme d’émotion : non pas qu’elle soit attachée ni à la valeur, ni à la notion du bijou en lui-même - une montre ne sert bien qu’à lire l’heure à priori -, mais parce qu’à ce moment-là, elle a pu ressentir les conséquences de l’effet ressort

Qu’est-ce donc au juste ? C’est le résultat grandiose que l’on récolte, un jour ou l’autre, lorsque l’on parvient à accumuler beaucoup d’efforts et de travail sur soi-même. C’est rester fixée sur un certain but - ici, travailler à l’épanouissement de son mari et donc de leur couple - pour que les moyens à employer pour l’atteindre ne soient jamais détournés.

En effet, lorsque l’on a des buts élevés, nous serons systématiquement tentées de relâcher juste un peu nos efforts. Or, si on parvient à ne pas céder, nous verrons sans exception, à un moment ou à un autre, la grande explosion de joie qui nourrira nos forces pour un autre projet encore. Mais aussi combien nos forces pouvaient s’étendre et agir favorablement sur notre entourage pour toujours.

Ce soir-là, elle a constaté à quel point tout son Messirout Néfech (don de soi) lui permet au quotidien d’avoir un couple solide, heureux et amoureux.

C’est l’effet ressort, attention à ne rien lâcher ! 

À très bientôt,