Nathan, 4 ans, n'hésite pas à se rouler par terre en criant pour obtenir ce qu’il veut. Lorsque Maman refuse, il ne cesse de pleurer et d’hurler. Nathan a des crises de colère de manière régulière et il les a bien souvent dans des lieux publics tels que devant la sortie de l'école ou au supermarché. Maman est embarrassée et tente de fuir les regards gênants des passants. Elle a l’impression que tous ces regards lui disent “Tu n’as aucune autorité sur ton enfant. Réagis et fais le taire !”.

Même si les caprices constituent un passage obligatoire dans l’éveil et le développement de l’enfant, ils sont cependant très difficiles à gérer pour les parents. Les caprices commencent généralement autour d’un an et demi et s’estompent progressivement entre quatre et cinq ans.

L’enfant n'arrive pas encore à exprimer ses émotions verbalement à cet âge et utilise souvent des actions physiques pour montrer ce qu'il ressent à ses parents. C’est pourquoi lorsqu’un enfant fait un caprice, il peut se mettre en colère, ne plus contrôler ses émotions et se mettre totalement hors de lui. Essayons de comprendre ensemble pourquoi ces crises de colère sont tellement démesurées et comment nous pouvons nous les contrôler.

Pourquoi de telles réactions démesurées ?

Énormément d'émotions négatives peuvent traverser un jeune enfant. Pour montrer l’intensité de ses émotions, il peut avoir recours à des comportements inacceptables comme se jeter au sol, donner des coups de pieds, hurler, pleurer, lancer des objets, se cogner la tête ou encore taper n’importe qui ou n’importe quoi.

Tous ces comportements sont épuisants et difficiles à vivre pour l’enfant comme pour les parents. Ils se produisent généralement suite à une grosse frustration, un désir non comblé ou une contrariété lorsque les choses ne se déroulent pas comme l’enfant voudrait. De nombreux enfants ont aussi recours à de telles crises de colère pour tenter d’obtenir ce qu’ils souhaitent: un jouet, plus de temps au parc ou tout simplement de l’attention.

Comment vous sentez-vous au moment de ces crises ?

Je vous rassure quant au fait que vous n'êtes pas les seuls à vous sentir dépassés par les comportements démesurés de vos enfants capricieux. De nombreux parents sont découragés de voir de tels comportements se répéter et doutent de leurs compétences à éduquer leur enfant. Ils sont abattus et ont l’impression de ne pas être capable de calmer et de maîtriser leur enfant en crise.

D’autres parents ne cessent de culpabiliser et de se remettre en question en se demandant ce qu'ils ont pu faire pour retrouver leurs enfants dans cet état. Et puis, certains d’entre vous vont jusqu'à prendre la réaction de leur enfant comme une attaque personnelle et sont profondément blessés que leur enfant puisse s’en prendre à eux.

Il est essentiel de comprendre que, bien que tout semble démontrer le contraire, les enfants adoptent de tels comportements uniquement pour exprimer et libérer leurs émotions et absolument pas pour embêter ou blesser leurs parents. Voyons plutôt ceci comme un dommage collatéral.

Alors comment réagir et gérer les crises de vos enfants ?

Lorsque votre enfant fait un caprice, il est nécessaire, bien que difficile, de masquer votre état émotionnel. Lui dévoiler votre colère, déception ou autre sentiment ne ferait qu’aggraver la situation et révélerait à l’enfant qu’il détient un pouvoir dont il ne connaissait pas encore l’existence: celui de déstabiliser émotionnellement ses parents jusqu'à leur faire perdre tout contrôle.

Je vous propose donc de ne pas réagir spontanément mais plutôt d’avoir recours aux techniques suivantes qui permettront de calmer rapidement votre enfant rapidement et de maîtriser la situation efficacement.

1- Montrer l’exemple

Votre réaction lors d’une crise est mémorisée et analysée par votre enfant. Elle lui servira d’exemple et de base de référence. Votre voix, vos mots, vos gestes et l'expression de votre visage enseigneront à votre enfant la façon dont un adulte mature et réfléchi répond à la pression, à la honte, à l'embarras et à l'agressivité. C’est le moment d’offrir un modèle à vos enfants et leur apprendre comment vous souhaiteriez les voir réagir lorsqu'il est frustré ou en colère.

2- Le laisser se calmer

Encouragez votre enfant à se calmer par lui-même. Retirez-vous et laissez-le un peu seul car votre présence peut parfois alimenter la crise. Gardez un œil sur votre enfant bien sûr et intervenez en cas de danger. Toutefois, n’accordez pas trop d’attention à la crise pour bien faire comprendre à votre enfant que vous refusez de vous intéresser à son problème tant qu’il se comporte ainsi. Une fois calmé, vous pourrez parler à votre enfant de techniques qu’il pourra utiliser pour calmer ses émotions négatives comme dessiner sa colère, serrer son nounours dans ses bras ou respirer profondément par exemple.

3- Ne surtout pas céder

Si l’enfant comprend que par ses pleurs, coups ou hurlements incessants, il réussira à obtenir ce qu'il souhaite, alors il n'hésitera pas à réitérer de tels comportements pour arriver à ses fins. La technique consiste donc à s' assurer que les crises n'apportent aucun gain à l'enfant. Il est donc essentiel de ne pas discuter, céder ou négocier avec lui lors d’un caprice.

4- Garder ses esprits

Rappelez-vous que la crise traduit uniquement le manque de maturité, de compétences et d'outils de votre enfant pour faire face à ses émotions.

Puisque votre enfant a du mal à maîtriser ses propres émotions lorsqu'il vit un moment difficile, il a besoin de votre fermeté et votre calme pour arriver à les canaliser et à les apaiser. Ne faites surtout pas l'erreur de vous en prendre à lui, de le juger, le gronder ou lui crier dessus. Restez respectueux et gardez vos esprits.

5- Éviter de le raisonner

L'erreur la plus fréquente est d'essayer de raisonner l’enfant. Son cerveau n’est pas en mesure d’assimiler ce que vous lui dites lorsqu’il est submergé par les émotions. Le raisonner à ce stade sera non seulement sans résultats mais cela vous fera aussi perdre beaucoup d'énergie.  Une fois votre enfant calmé, vous aurez tout le temps de revenir sur ce qu'il s'est passé et de lui expliquer que vous comprenez et validez ses émotions mais qu'il n'est en aucun cas permis d’adopter des comportements dangereux et irrespectueux.

6- Assumer ses responsabilités

Pour que votre enfant intègre bien le principe que vous n'acceptez pas ses comportements démesurés, il est important d’appliquer une conséquence à son acte. S’il a lancé des objets au sol, il doit désormais les ramasser. S’il a déchiré un livre, qu'il recolle les pages. S’il a cassé une voiture en Lego, qu’il la reconstruise. S’il vous a tapé avec un jouet, confisquez-le. Bref, vous l’avez compris, votre enfant doit assumer ses responsabilités.

Le rav Haïm Walder dans son ouvrage “Advice for life” (Conseil pour la vie) explique qu’une conséquence logique, bien réfléchie et appliquée dans le calme, apporte l’équilibre nécessaire à l'enfant pour distinguer les comportements permis de ceux qui dépassent les limites.

Je suis confiante qu’en appliquant ces conseils de manière cohérente et répétitive, vous réduirez rapidement l'intensité et la fréquence des caprices de votre petit trésor. Vous comprenez à présent pourquoi ces crises de colère et disposez d'outils concrets pour les gérer. Alors à vous de jouer !