J’ai dit oui ! Le plus gentil garçon du monde m’a demandé de devenir sa femme. Comme beaucoup d’entre nous (avouez-le), j’avais rêvé du jour de mon mariage bien avant de le rencontrer ! Au programme : du rose, des paillettes et de la fête ! C’était sans compter sur une femme exceptionnelle qui a donné une autre couleur à mon mariage... et qui a changé ma vie de femme !

Une organisatrice à toute épreuve

J’avais plein d’idées arrêtées sur l’organisation du mariage : la salle, le traiteur, l’orchestre (combien de musiciens, le type de chansons pour l’entrée dans la salle…), même ma majestueuse robe de mariée m’attendait dans la vitrine de ce célèbre couturier que j’avais repéré dès mon troisième rendez-vous avec Ariel. Rassurez-vous, je ne suis pas hystérique non plus... Je m’étais contentée de l’admirer, je n’avais pas (encore) versé d'acompte.

Et mon fiancé transi d’amour ne pouvait bien sûr qu’être d’accord avec moi sur le choix des centres de table ou sur la jetée de pétales de roses qui viendrait accueillir mon arrivée sous la ‘Houpa.

Bref, tout était fin prêt pour recevoir famille et amis et faire la fête jusqu’au bout de la nuit !

Par contre, personne ne m’avait parlé des “cours de préparation”. Un terme un peu barbare pour me dicter tout ce que je devrais savoir sur les lois de pureté en tant que femme mariée.

Les copines m’avaient déjà raconté l’essentiel, donc j’espérais que les cours allaient être brefs et rapides. Genre : tout ce qu’il faut savoir en dix points. Pour que je puisse m’atteler à trouver quoi offrir aux invitées après la cérémonie du Mikvé.

Des cours surprenants

Bien sûr, je ne dis rien à la Rabbanite de ce que je pensais de ce programme de cours ! Et pourtant, au lieu de commencer à me dicter les interdictions liées à la pureté familiale, elle me posa plein de questions inattendues :

“Qu’apprécies-tu chez ton fiancé ?

- Son bon caractère !

- Baroukh Hachem, tu as raison c’est important. Et comment imaginez-vous votre vie de famille ?

- Avec beaucoup de rires, de complicité et j’espère des enfants !

- Amen ! Et quelle place donneras-tu à la Présence divine ?

- Hein…?

- Mais oui ! La Présence divine réside dans les maisons, maintenant reste à savoir si Elle aura chez vous une place confortable ou si Elle se tiendra à la porte... prête à partir.”

Mais quel rapport entre ma préparation au mariage et la Présence divine ? J’avais suffisamment d’invités à gérer pour songer à une présence de plus !

J’avais dû parler sans m’en rendre compte, parce qu’elle me dit du tac-au-tac :

“Tu t’égares à consacrer toute ton énergie à l’ambiance de ta soirée, quand tu devrais donner toute ton attention à cette Invitée si spéciale. Parce que c’est Elle qui conditionnera le succès de ton mariage et la réussite de ton foyer. Et ça commence par le jour du mariage”.

Ce premier cours m’avait...  prise de court. Est-ce qu’il se pouvait que, dans ma super-organisation, j’aie manqué le côté religieux ? Cette dame avait réussi à piquer ma curiosité. La semaine suivante, je revenais chez elle armée de mon classeur du mariage, décidée à lui prouver que oui, mon mariage aurait une dimension spirituelle !

J’étais toute fière de lui montrer les choix les plus minutieux pour la décoration, l’arrangement floral ou encore les cadeaux pour les invités. Mais de nouveau, elle me posa des questions surprenantes : “Vas-tu porter un voile ?”, “As-tu prévu la chaise de la mariée sur laquelle la Kala s’assoit pour prier avec ferveur avant la cérémonie et bénir les femmes ?”, “Souhaites-tu tourner autour de ton ‘Hatan sous la ‘Houpa ?”.

Une minute ! Ca n’était pas répertorié sur les blogs de mariées, ça ! “Est-ce que ces détails ont une importance ?

- Mais bien sûr ! Ce ne sont pas des détails, mais des étapes à part entière dans la cérémonie de mariage. En respectant ces temps forts, tu invites Hachem à résider parmi vous et pas que pour ce grand jour, mais pour tous ceux que vous vivrez en tant qu’époux.

- Et ça passe par le voile ?

- Si certaines pensent que le traditionnel voile de mariée est un simple accessoire de mode, c’est tout le contraire. En plaçant le voile sur le visage de la mariée, le fiancé reconnaît avec qui il a choisi de se marier (contrairement à notre Patriarche Yaakov qui prit Léa pour épouse en croyant s’unir à Ra’hel). Il symbolise l’acceptation de se marier avec ce que l’on voit... mais aussi avec ce qu’on ne voit pas, soit ce qu’on ne connaît pas encore de l’autre.

- Intéressant… Et vous avez parlé de tourner ?

- Oui. C’est une coutume à très forte valeur spirituelle. Dans la Kabbale, chacun des tours représente une des 7 sphères divines. C’est un moment très fort de prière pour les mariés. Chaque tour correspond à une dimension d’amour, d’engagement, de construction...  autant de cercles pour la protection du foyer.

- Oh, comme c’est beau !”

C’est fou ! Ce deuxième cours inattendu change tout à fait ma vision des choses. Moi qui souhaitais à tout prix un mariage hors du commun... je crois que je vais finir par l’avoir !

Le grand jour

Les semaines et les mois ont filé à toute allure. C’est déjà le jour du mariage ! Je me suis levée dès l’aube. Pas du tout dans l’appréhension de la journée, mais parce qu’au contraire je veux pouvoir profiter de chaque moment pour prier et me rapprocher d’Hachem…

A travers chacun de mes cours de préparation, j’ai appris bien plus que ce à quoi je m’attendais. Pour pouvoir comprendre la nécessité des règles de pureté, j’ai d’abord compris ce qu’est la pureté d’un couple juif, la beauté de la construction à deux, dans le partage et la complicité. Et la Rabbanite qui m’avait été au départ imposée s’était transformée en super conseillère de mariage !

Grâce à ses cours, j’avais donné une couleur plus chaude, plus profonde à cet évènement (sans rien perdre des accessoires stylisés).

A l’extérieur, on s’affaire autour de moi : la coiffeuse arrange mes cheveux avec attention. La robe de la vitrine m’attend suspendue à un cintre, agrémentée de manches. Comme me l’a si bien dit la Rabbanite : “On attend de la reine qu’elle montre sa grâce et son élégance, avec dignité…  ”.

A l’intérieur, c’est une autre dimension : je récite des Téhilim les yeux clos. Je me concentre sur chacun des psaumes et j’ouvre mon cœur à Hachem. Je jeûne aujourd’hui. Aujourd’hui pour moi, c’est aussi saint que Yom Kippour : toutes mes erreurs et fautes passées me sont pardonnées, je me sens comme une reine.

Et telle une reine, on m’accompagne ensuite pour que je prenne place dans une salle attenante à la ‘Houpa, sur le Kissé Kala (la chaise de la mariée). Quand la Rabbanite m’a expliqué que c’était un moment où je pouvais bénir les autres, je n’ai pas hésité ! Bien sûr, elle est à mon image : la mienne est ornée de fleurs... et de paillettes.

Une à une, des femmes de ma famille et mes amies viennent s’asseoir à mes côtés quelques instants. C’est un moment privilégié. Je bénis chacune d’entre elle, d’un mot, d’un souhait. Elles sont émues... et moi aussi ! Il y a plus d’ambiance que si j’avais fait venir la plus grande des stars en jet privé !

Lentement maintenant, je m’avance entourée de mes parents en direction de la ‘Houpa. Elle est majestueuse. En face de moi mon fiancé me sourit. Son regard ému vaut le plus beau de tous les accessoires !

La cérémonie se déroule comme dans un rêve. Je suis présente mais dans une autre dimension. C’est à ce moment que je ressens la Présence divine comme une force qui enveloppe tout. Du coin de l’œil sous mon voile, je voit le sourire de la Rabbanite. Elle la devine elle aussi.  

Le verre est cassé, la cérémonie est terminée... Déjà tous se précipitent vers nous pour nous féliciter. Forte de toute cette spiritualité, mon mari et moi sommes prêts pour construire un foyer de Kédoucha.

Que la fête commence...